Analyse à chaud des résultats du premier tour des législatives

Le fait électoral dominant n’est pas le triomphe de Macron, mais l’abstention majoritaire, pour la première fois lors d’un scrutin législatif en France.

 

Certes cette abstention est diverse et demande à être analysée. A priori il semble clair que les couches aux revenus les plus bas et la jeunesse se sont massivement abstenues. Voila qui fait d’ores et déjà de l’assemblée qui sera élue une assemblée «hors sol».

 

Ceci est accentué par le second fait électoral qui est le succès des candidats «en Marche» quand bien même étaient-ils de parfaits inconnus, mais jamais des représentants des couches aux revenus les plus bas ni de la jeunesse : patronat, com’, bureaucratie précaire des collectivités locales et des appareils politiques pré-existants forment ce qui sera, clairement, une clientèle et non un groupe parlementaire. L’effet V° République et l’effondrement de LR et du PS ont ici joué à plein.

 

La combinaison de l’abstention majoritaire et du phénomène plébiscitaire minoritaire a conduit ce matin l’éditorialiste du Monde, sur France Inter, à expliquer qu’il fallait bien cette fois-ci donner les résultats non seulement par rapport au exprimés, mais par rapport aux inscrits (sans compter, ajouterons-nous, le non inscrits! ) et que cela donne donc 15% pour Macron!

 

La V° République peut elle se régénérer à partir de ce qu’il faut bien désigner par cet oxymore: un plébiscite minoritaire ?

 

En tout cas, elle y a été aidée et le sera encore, par rapport à la gauche, par la quasi généralisation des candidatures FI procédant de la même méthode bonapartiste (voter aux législatives comme aux présidentielles), ce qui ne lui a certes pas permis, loin de là, de retrouver les voix Mélenchon du 23 avril, mais qui a assumé de fait la fonction suivante : faire passer les macronistes ou la droite dans une majorité de circonscriptions.

 

J.L. Mélenchon et les dirigeants de la FI ont raison de dénoncer la casse du code du travail et les menaces sur les libertés publiques, mais leurs exclamations de «triomphe» (sic) pour célébrer ce qui constitue en réalité une défaite politique, non pour les héritiers du gouvernement Hollande déjà battus, mais pour la classe ouvrière et la jeunesse, sont d’une indécence qui en dit long.

 

Dans un prochain article nous reviendrons sur les cas de résistance à ces processus, où des candidatures unitaires et démocratiques opposées à la casse du code du travail ont pu ça et là percer ou tenir, montrant ce qui aurait été possible partout à condition de reconstituer un cadre politique démocratique.

 

Au second tour pas une seule voix ne doit aller aux candidats macronistes, de droite ou d’extrême-droite.

 

Là ou des candidats PCF, ou PS non macronistes ni vallsistes, ou Ensemble sont présents, votons pour eux.

 

Concernant les candidats FI présents au second tour, un examen au cas par cas s’impose. En effet, la nature revendiquée de cette organisation, comme «mouvement» voulant en finir avec les partis, de type vertical, directement fondé sur une idéologie inter-classiste, interdit à des militants ouvriers cohérents de voter indistinctement en sa faveur: un petit groupe néo-populiste sur les travées de gauche de l’assemblée ne ferait que compléter le tableau, dans le rôle de l’opposition décorative, d’une assemblée mono-colore. Il convient donc de distinguer les situations où il est possible de les ramener à l’unité contre la casse du code du travail et pour la défense des libertés publiques, ce qui revient à resituer ses éventuels élus sur le terrain de nos revendications. Ainsi, à Evry, face à l’ancien premier ministre de Hollande et candidat macroniste Valls, nous appelons à élire Farida Amrani et son suppléant Ulysse Rabaté, porteurs d’une mobilisation ancienne contre le capitaliste de l’armement Dassault sur Corbeil-Essonnes.

 

Dans la majorité des circonscriptions où s’opposent des macronistes et la droite, l’abstention la plus forte possible, une abstention active et motivée, s’impose comme manifestation politique visant à priver de légitimité la prochaine assemblée, le gouvernement et le président.

 

Nous nous dirigeons en effet vers une assemblée hors sol. Ce ne sera même pas une assemblée de godillots, une assemblée croupion comme cela est déjà arrivé. Ce ne sera pas une assemblée, mais une clientèle. Qu’elle soit suspendue en l’air le plus possible pour que plus dure soit la chute !

 

Le 12-06-2017, la rédaction.

 

 

 

 

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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