Theresa May, dehors : les Britanniques peuvent le dire !

 

Ce jeudi 8 juin, le gouvernement du capital britannique a subi une défaite. Theresa May avait dissous le parlement pour avoir une majorité à sa botte et pour écraser le Labour Party avec l’aide des blairistes qui veulent se débarrasser de Corbyn. C’est l’inverse qui s’est produit.

La jeunesse a massivement voté, elle a massivement – à plus de 66% – voté Labour. C’est l’adoption d’un programme « à gauche toute » qui a suscité cette dynamique après des élections locales perdues. Victoire pour la jeunesse, les travailleurs et la démocratie, défaite pour la City comme pour les liquidateurs du Labour.

En Écosse, le recul du SNP traduit le fait que l’enjeu vital pour la population n’est pas l’indépendance ou non, mais comme en Angleterre le refus de l’austérité, et à l’échelle des îles britanniques la renégociation des relations entre les peuples qui constituent la Grande-Bretagne. Très significatif est le fait que Theresa May doive s’allier aux unionistes d’Irlande du Nord auxquels elle est prête à concéder une sorte d’exception au Brexit pour pouvoir empêcher la réunification irlandaise. Ceux-ci ont fait l’honneur à Jeremy Corbyn de le traiter de « pom-pom girl de l’IRA » au moment même de leurs discussions avec Mme May.

Elle forme donc un gouvernement minoritaire, illégitime : les travailleurs et la jeunesse de Grande-Bretagne ont une perspective politique simple, chasser T. May et imposer un gouvernement Labour.

En France : créer les conditions pour pouvoir bientôt dire « Macron dehors ».

 

Quel contraste avec la France ! Nous assistons à une sorte de coup d’État à froid, sous la fausse apparence de l’inéluctabilité chantée par les médias. Le bilan du quinquennat Hollande et la stratégie destructrice de la FI (qui ne fait pas partie de la solution mais bien du problème) sont pourtant les seuls facteurs ayant créé les conditions de la dynamique apparente du « macronisme », ce modernisme anti-démocratique qui veut restaurer la V° République. « Macron, c’est moi, en mieux » (Nicolas Sarkozy selon le Canard Enchaîné de ce mercredi 7 juin).

Mais en Grande-Bretagne aussi, tout était écrit, et tout était annoncé par avance par les médias, jusqu’à il y a peu. Il est d’ores et déjà certain que la majorité ne veut pas, justement, d’une majorité parlementaire « Macron ». Les Français de l’étranger n’ont pas voté « Macron » en masse comme on nous le dit, mais se sont abstenus en masse.

Ce 11 juin, le vote pour tous les candidats sortants de gauche s’étant opposés clairement à la loi El Khomri, le vote non pas « comme aux présidentielles », ce qui ne peut que jouer pour Macron, mais le vote pour les candidats unitaires de toute la gauche ou à gauche du PS répondant à cette exigence, à défaut le vote pour les candidats communistes, LO, POID ou NPA, peut-il créer la surprise et faire le maillon entre les combats du passé proche et l’avenir tout prochain ? 

La démocratie le demande, qui exige maintenant l’unité dans le refus de discuter avec le gouvernement de la mise en place achevée de la loi de l’entreprise, avec des accords d’entreprise supérieurs non seulement aux accords de branche et au code du travail, mais au contrat de travail. Ce projet de violence sociale exige que les confédérations syndicales cessent de se rendre aux convocations gouvernementales et se réunissent publiquement pour préparer la riposte.

Ne nous aveuglons pas sur la réalité : nous sommes sur la défensive. Mais une défensive unitaire et bien organisée s’appelle une contre-attaque. Comme celle du Labour depuis deux mois. Nous le pouvons.

09-06-2017.