Primaires du PS : le dernier 49-3 de Valls !

Ce samedi 17 décembre, la « haute autorité des primaires de la BAP » (sic) a accrédité 7 candidatures pour celles-ci, excluant Gérard Filoche qui disposait, par rapport aux exigences formulées par elle pour les seuls membres du PS, du nombre suffisant de signatures de membres du Conseil national, d’un nombre insuffisant de signatures de conseillers régionaux et départementaux (les signatures de maires étaient exclues ! ), et de plus de 13.000 signatures de militants jugées comme en comptant pour rien, dont bien 6000 provenant de ce qui reste du PS dont le nombre d’adhérents réels ne doit plus dépasser les 35.000. Il faut comprendre cet événement au delà de tout aspect anecdotique ou particulariste propre aux petites sphères militantes.

Il s’agit du 49-3, celui-là même que Manuel Valls a prétendu, deux jours auparavant, vouloir abroger : le dernier 49-3 de la série visant à faire appliquer la loi de casse du code du travail. Le Canard Enchaîné du mercredi précédent avait, tout en ne voulant pas en comprendre la signification, vendu la mèche en divulguant les propos tenus autour de M. Cambadélis : Filoche candidat, pensent-ils, c’était un million de voix contre eux, au bas mot.

Ceci ne fait aucun doute : une règle du jeu un tantinet démocratique, dans laquelle Gérard Filoche puisse débattre avec M. Valls, ouvrirait les vannes de l’intervention du monde du travail et de la jeunesse pour défaire l’ancien premier ministre.

G. Filoche a déposé un double recours, menant jusqu’au bout cette bataille, tout en ayant fait constater par voie d’avocat que la « BAP » n’a aucune existence légale, que les règlements édictés par elle n’ont aucun fondement statutaire où que ce soit.

Son exclusion de ces primaires fait donc en sorte que tous les candidats présents, Valls mais aussi ses adversaires PS, se revendiquant de l’action des gouvernements nommés par F. Hollande comme V. Peillon, ou la critiquant en partie comme A. Montebourg et B. Hamon, tous anciens ministres, ainsi que les trois candidats des groupuscules centristes associés, sont tous des partisans de l’actuel exécutif Hollande-Cazeneuve, comme l’a indiqué le vote de la confiance à son gouvernement par les parlementaires proches d’eux. Filoche aurait été le seul candidat anti-gouvernemental : cela ne devait pas être.

L’épreuve de force sur cette question et son probable dénouement tranche le caractère de ces primaires. Leur existence même avait contribué à la renonciation du président en exercice de la V° République. Pour ses organisateurs prêts à la saboter si nécessaire, la brèche ouverte doit être refermée. Cela n’empêchera pas les contradictions de se manifester, mais non pas comme un affrontement entre le monde du travail faisant irruption et les partisans de l’exécutif, mais comme dans un champ clos reflétant et aggravant la crise du régime.

A ce stade de la campagne des présidentielles, l’absence de représentation politique propre du monde du travail se confirme. De larges secteurs voudraient que telle soit la candidature de J.L. Mélenchon qui affirme, chaque jour un peu plus, une orientation tout à fait différente : de fait en faveur de l’écrasement d’Alep Est, tout en imposant une structure bonapartiste autoritaire à toute l’organisation de sa campagne, en opposition totale avec les discours sur une autre République, de sorte que les larges couches militantes qui s’étaient mobilisées pour lui en 2012 sont de plus en plus sur la réserve ou dans l’expectative.

Beaucoup pensent voter Mélenchon, pas mal d’autres pour le candidat issu de cette primaire qui n’est même pas vraiment celle du PS si ce n’est pas Valls, beaucoup aussi pensent ne pas voter, quelques uns voter Arthaud ou Poutou. L’orientation et les méthodes de la « France insoumise » d’une part, le verrouillage de la primaire d’autre part, concourent à ce résultat. Tous se disent qu’il va falloir prendre nos affaires en main.

13.000 travailleurs, militants de toutes tendances, syndicalistes, ont signé pour imposer la candidature de Gérard Filoche. Ce regroupement militant exprime une tendance profonde de la situation. Puisqu’on nous ferme toute issue dans la présidentielle, la lutte sociale directe, sans aucune trêve présidentielle, s’impose d’autant plus. Elle veut engager tout de suite l’affrontement social inévitable, contre le patronat et l’exécutif actuellement en place. Ni la loi El Khomri, ni la réforme du collège, n’ont de légitimité. L’irruption directe de la lutte des classes avant et dans les présidentielles, donc en rupture de fait avec ce régime, voilà ce pour quoi il faut s’organiser maintenant.

Le 17-12-2016

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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