Crime de masse à Nice le soir du 14 juillet : 84 morts dont 10 enfants, des dizaines de blessés, des gens de toutes sortes et de toutes nationalités, de toutes religions ou sans religion. Le mode opératoire et le contexte ne laissaient guère de doute sur l’origine islamiste du massacre, confirmée depuis, tant par l’enquête que par la revendication de Daech (1).

Autant l’exécutif Hollande-Valls avait tenté d’utiliser à fond le crime de masse du 13 novembre, s’engageant dans une fuite en avant autoritaire, qui a capoté concernant la révision constitutionnelle, mais qui fournit le contenu politique de l’offensive contre le code du travail, autant ce nouveau carnage ne peut guère lui profiter, car il démontre au mieux l’inanité de son état d’urgence, au pire le fait que, comme nous le disons et comme des millions ont pu le constater pendant des mois de répression chaotique et de provocations dangereuses, celui-ci n’était pas dirigé contre Daech.

Dans une démocratie, ou simplement dans un régime parlementaire, une telle faillite aurait pour le moins produit la démission du ministre de l’Intérieur – pour le moins.

Il doit être évident que la prolongation indéfinie de l’état d’urgence et l’annonce de frappes aériennes en Syrie ne sont en rien des mesures d’une quelconque efficacité contre l’organisation fasciste religieuse Daech, à phraséologie apocalyptique, qui ne combat en rien, quant à elle, l’impérialisme français, mais qui exècre le peuple français, la laïcité, la cohabitation et, plus que cela, le combat commun pour la liberté de millions de personnes de toutes nationalités, opinions, religions et origines. Ce crime de masse est réactionnaire aussi en ce qu’il vise le peuple qui manifeste depuis des mois pour le code du travail et sera utilisé contre la poursuite de ce combat légitime et nécessaire.

La défense des libertés démocratiques est plus que jamais à l’ordre du jour. Mais un débat est maintenant incontournable : cette défense ne peut pas être dissociée de la nécessité d’une lutte acharnée contre l’organisation fasciste islamiste Daech. Les dissocier, c’est faire le jeu tant du gouvernement que de Daech. C’est aussi parce qu’il faut combattre Daech qu’il faut lever l’état d’urgence. Le combat efficace contre l’un doit aussi être un combat contre l’autre, sous peine de nullité sur les deux fronts. Engageons, maintenant, cette discussion.

L’Assemblée nationale est sommée, coup sur coup, de voter la reconduction de l’état d’urgence mardi, dont droite et extrême-droite exigent la prolongation et l’aggravation, et de voter la loi El Khomri mercredi. Au motif de Daech, les dernières velléités déjà pitoyables de résistance parlementaire risquent de s’autocensurer. L’unité syndicale doit s’exprimer. Daech et l’état d’urgence ne nous feront pas taire !

Le 16-07-2016

(1) Une partie des milieux militants de gauche et d’extrême-gauche se sont immédiatement lancés dans une campagne de soi-disant « doute » sur le caractère islamiste de ce crime de masse. On a pu lire, notamment sur les réseaux sociaux, les pires bêtises, carrément bigotes : un divorcé ne pourrait pas commettre d’attentats islamistes, un déséquilibré ne saurait être un islamiste, etc. A ce stade, une limite est en train d’être franchie : le déni du fascisme de Daech conduit à la collaboration de classe avec la pire réaction, et nullement à un combat sérieux et efficace contre notre propre impérialisme. Il faut se ressaisir, camarades !