Les gouvernements français et belge voulaient nous faire croire que l’état d’urgence servait à quelque chose contre Daech et les médias dansaient la ronde à la gloire de l’arrestation du sinistre Abdeslam, décidant de parler le moins possible des grèves et mouvements de jeunes en train de se multiplier.

Mais voilà : l’organisation fasciste Daech a réussi, ce 22 mars, à massacrer 31 personnes et blesser des centaines d’autres de toutes nationalités et de toutes convictions ou religions, à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles.

Ces crimes de masse commis par des lumpens et des gangsters à l’idéologie religieuse pétrie de haine pour toute émancipation humaine, n’ont aucun rapport proche ou lointain avec une quelconque protestation ou résistance contre l’impérialisme occidental, fut-elle mal placée. En Irak et en Syrie, l’État islamique né de la fusion d’une branche d’al-Qaida et de nervis issus de l’État baathiste (irakien ou syrien), c’est la contre-révolution totale et le prétexte idéal pour toutes les interventions de tous les impérialismes. Les bombardements à Rakka ne s’attaquent pas à l’EI (Daech), mais à la population et contribuent à freiner sa révolte contre les occupants de Daech.

A Bruxelles, ce 22 mars, comme à Paris, le 3 novembre, ainsi que lors des attaques antisémites et contre la liberté de la presse menées à Paris en janvier 2015 et au musée juif de Bruxelles le 6 juin, les tueurs fascistes ne s’en sont pas pris aux États ou aux armées, mais à la population, aux jeunes, aux travailleurs, aux Juifs, aux dessinateurs.

Politiquement, les crimes de masses commis à Bruxelles tombent parfaitement au « bon moment » pour tenter de perturber le mouvement qui, en France, réalise l’unité des jeunes et du monde du travail pour le retrait de la loi « travail », pour défaire ce gouvernement par la grève politique générale.

Comme de bien entendu, M. Valls nous sert sa phrase « Nous sommes en guerre ». Mais comme de bien entendu aussi, pas mal de couches politiques et militantes professent l’idée du « Non à la guerre », acceptant ainsi de fait la fiction de M. Valls. Parmi eux, beaucoup sont sincères et pensent ainsi combattre « notre » impérialisme et son état d’urgence, certains, comme les idéologues racistes dits « Indigènes de la République », sont les relais politiques de la réaction fasciste et capitaliste de Daech and co.

Il faut le dire : les raisons de faire la guerre à Daech sont aussi les raisons pour combattre l’état d’urgence, la loi El Khomri, la V° République, l’Union « Européenne », le capital et ses Etats, car Daech, c’est l’aboutissement de tout cela. Ce gouvernement ne combat pas Daech quand il bombarde, il sert la réaction et le capital partout. La République sociale, laïque et démocratique, celle des communards, est l’antithèse du régime actuel comme de l’islamisme. Le 31 mars, la grève, ce sera donc pour nous, aussi, contre Daech !

Editorial du Numéro 38 du 26 mars 2016