Le mouvement politique vers la grève générale se poursuit

Les crimes de masse de Bruxelles et leur exploitation médiatique et politique ont porté un coup au processus montant en France. La pression à la confusion faite autour des soi-disant concessions prétendument obtenues par la CFDT, et celles qui pourraient être faites autour du « compte personnel d’activité », s’ajoutent à cela.

Surtout, s’il est incontestable que la réalisation de l’unité de la CGT, de la CGT-FO, de la FSU, de Solidaires et de l’UNEF sur le mot d’ordre de retrait de la loi El Khomri est le socle politique sur lequel la lutte va de l’avant, ces organisations en leurs sommets ne posent pas la vraie question, qui est celle de la grève générale : grève générale effective à réaliser le jeudi 31 mars, et grève générale avec arrêt de la production pour empêcher l’Assemblée nationale de discuter et d’adopter cette loi, à partir du 4 avril, y compris par une manifestation centrale. Les assemblées et réunions le 31 mars devront en discuter. Il ne s’agit pas faire la grève pendant des lustres, mais de frapper à mort ce gouvernement.

N’ayons aucun doute, celui-ci veut frapper à mort le mouvement qui monte dans le pays. Il comptait bien sur le fait que la journée du jeudi 24 mars, où avait été différée la présentation de la loi El Khomri en conseil des ministres, et où étudiants et lycéens repartaient au combat, deux jours après les crimes de masse de Daech à Bruxelles, permettrait de dire que les manifestations avaient reflué et de se livrer à des actes de répression et de provocation, en utilisant la réelle désorganisation des lycéens et la présence fréquente dans leurs regroupements de bandes souvent dangereuses et manipulables.

Ce n’est pas une exagération que de dire que la prise en otage des jeunes, des gamins de 13-19 ans, que l’on cherche à empêcher de s’organiser et de tenir des assemblées générales dans les établissements scolaires tout en les poussant à la rue et aux situations dangereuses, fait partie de la tactique des Valls et des Cazeneuve. La journée du 24 mars a vu une impressionnante recrudescence d’incidents, de brutalités policières, y compris, comme à Besançon, contre un responsable d’Union Locale CGT. Les fonctionnaires de police – dont beaucoup sont des braves gens et dont quelques uns, souvent désignés comme « baqueux » par les jeunes, sont des provocateurs sans scrupules – sont épuisés et stressés par l’énervement du pouvoir et l’inquiétude suscitée par la dispersion fréquente, au fond voulue, des lycéens. La responsabilité des confédérations syndicales serait de ne pas seulement déclarer les soutenir, mais bien de se porter en masse à leurs côtés.

Au Havre, lycéens et dockers ont manifesté ensemble, conséquence : baqueux et pègre n’ont eu qu’à bien se tenir. Dans toute la Normandie ainsi qu’à Rennes et à Nantes, les manifestations ont grandi par rapport au 9 et au 17 mars, parce que des structures syndicales ont cherché la grève dans des entreprises pour construire l’unité et protéger la jeunesse.

La tentative de Valls et Cazeneuve de laisser se multiplier incidents et provocations a fait bien des dégâts par ailleurs, mais la vidéo du tabassage policier d’un gamin de 15 ans devant le lycée Bergson, dans le 9° arrondissement de Paris, a suscité à juste titre une indignation générale, contribuant à l’échec de cette cynique manœuvre. Le lendemain, des bandes de jeunes ont frontalement attaqué des commissariats dans les parages de ce lycée.

Maintenant, il faut passer à l’étape supérieure, dépasser la dispersion, en réalisant la GRÉVE GÉNÉRALE le 31 mars, avec des assemblées générales, des intersyndicales élargies aux délégués des entreprises, chantiers, établissements, pour le RETRAIT et rien d’autre, de la loi El Khomri, exigence majoritaire qui concentre la volonté démocratique du peuple.

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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