En 2010, pour les retraites, après la grève massive du 7 septembre, l’appel intersyndical national à la grève laissait passer le jour du vote de la loi à l’Assemblée et ne demandait pas son retrait. De la même façon, ensuite ils ont laissé passer le jour du vote au Sénat puis le jour de la promulgation de la loi, pendant que des dizaines de milliers de militants tentaient de forcer le destin par des barrages, des blocus et des actions locales. Rappelons-nous, ce fut le dernier grand mouvement d’ensemble et ce fut une défaite.

En construisant par en en bas l’unité pour le retrait de la loi El Khomri, en imposant la grève dés le 9 mars, jour de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, le mouvement qui s’amorce montre qu’il a intuitivement saisi cette leçon.

L’unité, ce n’est pas une intersyndicale nationale qui ne veut pas prononcer le mot « retrait », fixe des dates centrales éloignées et évitant les échéances, laisse les secteurs combatifs s’épuiser.

L’unité, elle est en train d’arriver. C’est la lame de fond des opprimés et des exploités qui va imposer le retrait et, tout ensemble, la généralisation et la centralisation du combat, pour être en grève quand ça se décide et aller affronter ceux qui prétendent décider, là où il sont : Assemblée, gouvernement, présidence.

C’est cela la grève générale : un acte politique au sens le plus fort du terme, par lequel s’opère le rassemblement au grand jour des exploités et des opprimés, faisant irruption sur le devant de la scène d’où ils sont en principe exclus. La grève le 9 mars ne sera pas “générale” au sens ou tout le monde serait en grève, mais elle aura ce contenu politique au sens le plus fort du terme, elle sera porteuse de l’orage.

Car en défaisant la loi El Khomri, cette unité, la seule et la vraie, l’unité du monde du travail et de la jeunesse, va défaire ce gouvernement, et va ouvrir la crise du régime de la V° République, avant ces élections présidentielles de 2017 que nous étions censés attendre dans la peur, le tremblement ou l’attente d’un sauveur.

Pour le 9 mars et la suite, organisons-nous : assemblées générales et intersyndicales locales élargies doivent commencer à se constituer, démocratiquement, toujours s’efforcer de regrouper le plus grand nombre, se lier aussi aux paysans désespérés et à tous ceux qui luttent pour leur vie et la notre, ainsi qu’aux comités locaux de défense des services publics ou de lutte contre les fermetures de classes, et former le réseau du front unique enserrant nos organisations comme dans un poing.

A L’ATTAQUE.