En bas, en haut …

En bas :

  • grève ce 26 janvier dans la fonction publique en plein état d’urgence appelée par les fédérations CGT, FO, Solidaires, et la quasi-totalité des sections et syndicats de la FSU (dont la direction n’a pas appelé, «protocole PPCR » oblige …) : mal préparée, confuse, tue dans les médias, cette grève a néanmoins permis des regroupements nombreux, souvent majoritaires, dans des centaines de services, de collectivités locales, et surtout elle a vu le mouvement de fond contre la réforme du collège ressurgir, intact, et poser la question de l’abrogation, et donc la question de l’action unie, centrale, pour battre et défaire ce gouvernement.

    L’irruption et ou le retour, le même jour, de mouvements des chauffeurs de taxis, des paysans …, loin de disperser les choses, souligne leur unité : oui, c’est tous ensemble qu’il faudrait s’unir contre la destruction généralisé des droits.

  • pour la relaxe des 8 militants CGT de Goodyear condamnés à la prison ferme par le gouvernement, en quelques jours, déjà plus de 150 000 signatures !
  • samedi 23 janvier, à la salle de la porte de Charenton, 1500 participants pour un meeting combatif et offensif exigeant le retrait de l’état d’urgence : nous reproduisons ci-dessous l’appel adopté à la fin du meeting, sur la signification politique duquel nous aurons l’occasion de revenir.

En haut, ce mercredi 27 janvier :

– on n’y croyait plus : Christiane Taubira démissionne ! La particularité de cette démission est sa date tardive. La ministre néo-radicale, attaquée de manière continuellement raciste et violente par une partie de la droite, était devenue un symbole, jusque là utile à Hollande et Valls – un pur symbole, n’exprimant strictement aucune politique différente. Mais même un tel symbole n’a plus sa place dans un tel gouvernement.
– le même jour, l’article 2 du projet de révision constitutionnelle de MM. Hollande et Valls reçoit une nouvelle rédaction officielle : « La loi fixe les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit qui constitue une atteinte grave à la vie de la nation. » Le tam-tam faisant office de rideau de fumée est immédiatement actionné : l’atteinte à l’égalité des citoyens et au droit du sol seraient effacées !

En fait, la déchéance de nationalité peut, tout autant que dans la première version et même encore plus puisqu’elle s’applique à tous, « fabriquer » des apatrides, mais surtout, les mots clefs de la nouvelle version sont : « ou un délit ». On nous a seriné que la « déchéance » ne visait que les terroristes de haut vol, et voila que la privation de tout droit politique et civil est introduite, dans la constitution, pour… les délits ! C’est en réalité une aggravation supplémentaire dans la fuite en avant autoritaire où est engagé l’exécutif.

Résumons-nous : en bas, on a une base de la société qui ne veut plus, qui accepte de moins en moins. En haut, on fonce droit dans le mur avec des mouvements de menton, mais tout en se livrant à des virages erratiques, un petit coup d’État suivant l’autre. Jusqu’à quand ?

Les états-majors politiques et les directions syndicales nationales semblent avoir accepté, et font en sorte, que ce soit jusqu’aux élections présidentielles de 2017, bien que les propres gesticulations du couple exécutif, désormais étayé par M. Sarkozy en personne (ce qui ne le renforce pas forcément !),soient désormais un facteur supplémentaire d’instabilité !

Non, nous n’irons pas aux présidentielles comme à une fatalité dont l’issue serait connue d’avance, d’autant que MM. Hollande et Valls tentent, avant ces élections, d’instaurer le régime autoritaire, la V° République parachevée, dont nous menaceraient M. Sarkozy et Mme Le Pen !

Avant 2017, il y a, ici et maintenant, le printemps 2016.

Il faut défaire ce gouvernement sur le code du travail, et c’est possible : non en multipliant les mobilisations dans tous les sens (il y en a déjà), mais en les unissant, et en les centralisant.

Il faut défaire ce gouvernement sur la réforme du collège, et c’est, pareillement, possible (les premiers reculs désordonnés de la ministre sur les classes bilangues l’ont au passage confirmé).

Il faut le défaire sur l’état d’urgence et son offensive contre les libertés démocratiques, civiles et politiques.

Ces questions se rejoignent. En ayant décidé d’une délégation se rendant à l’Élysée, le meeting du 23 janvier contre l’état d’urgence indique la direction à prendre, partout.

Éditorial du bulletin APLS N°30 du 27 janvier 2016

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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