La marée.
Si l’irruption de la jeunesse dans la lutte des classes en France a rapidement posé la question du pouvoir, cette question que les forces politiques existantes veulent ramener à la présidentielle, ce serait cependant une erreur que de considérer que cette explosion est un phénomène « français ». Elle s’inscrit clairement dans une vague mondiale, dite de la « GenZ », et rassemble dans ses traits ceux des mouvements précédents, tant écologistes (mobilisations pour le climat) que féministes (MeeToo), que les « révolutions arabes » et les « éruptions » sociales telles que les Gilets jaunes.
Les années 2025-2026 voient une marée mondiale de mouvements de la jeunesse sans équivalent depuis 1968, et probablement plus massifs, car se hissant dans la continuité des soulèvements prolétariens et démocratiques des années 2011-2014 et 2018-2019.
La « jeunesse » ne doit pas seulement être appréhendée en termes générationnels : il s’agit du secteur de l’humanité qui se sait le plus directement confronté aux effondrements et aux catastrophes du siècle dans lequel nous sommes engagés. Ce secteur a le double sentiment, radicalement justifié, d’une absence d’avenir possible dans l’ordre existant, voire d’une absence pure et simple de vie possible, au sens biologique, et de la responsabilité d’y faire face, n’ayant pas le choix. La condition prolétarienne comme privation la concerne donc directement et massivement. Cela, par-dessus les différences démographiques importantes entre des pays comme le Népal, où cette jeunesse est ultra-majoritaire, ou la France, où les 15-29 ans ne sont aujourd’hui que 17,5% de la population.
Il ne faut donc surtout pas projeter linéairement sur les soulèvements actuels de la jeunesse les souvenirs et schémas de moments historiques précédents qui peuvent les évoquer. Bien sûr, 68 résonne aujourd’hui dans les manifestations lycéennes, mais cette explosion des plus jeunes – il s’agit des 14-18 ans – est d’abord l’irruption du nouveau, et, rapidement, la construction d’une conscience nouvelle – une conscience révolutionnaire nouvelle.
Asie, Afrique, Amérique du Sud.
La vague est partie en 2025 d’Asie insulaire : Indonésie, Philippines, avec en drapeau le crane souriant, surmonté d’un chapeau de paille, du manga One piece, décrit dans un article de Pranav Baskar dans le New York Times du 1° octobre 2025, que nous signalions dans Aplutsoc.
Au Népal et à Madagascar, elle a eu la force de renverser des gouvernements, mais pas celle d’instaurer son propre pouvoir : dans le langage de la tradition révolutionnaire du XX° siècle, ce furent donc là des « révolutions de février », capables de chasser le pouvoir en place et d’ébranler l’Etat, mais pas encore de les remplacer.
De puissantes manifestations analogues ont également concerné l’Ouganda, le Cameroun, le Maroc, le Pérou … Initialement porté par les secteurs les plus précarisés et miséreux, la vague a touché la jeunesse scolarisée et étudiante en réunissant les différents secteurs, en Inde cette année avec le mouvement dits des « cafards », « le parti du peuple des cafards », retournant l’insulte des dominants repus, vaste mouvement démocratique et anti-corruption qui, s’il a chassé le ministre de l’Education, est confronté à une répression violente, à la mesure de son potentiel.
Serbie et Ukraine : des filles brandissent des pancartes.
2025 a vu l’ébranlement de la jeunesse scolarisée dans deux pays européens : l’Ukraine et la Serbie. En Serbie, un mouvement étudiant entrainant de larges secteurs de la population est entré dans un affrontement de longue durée avec le pouvoir bonapartiste, à tendances dictatoriales, du président Vusic. En Ukraine, ce fut, contre la tentative de dissolution gouvernementale d’une agence publique anticorruption, la « révolution des cartons » de l’été 2025, qui vit l’irruption massive d’un trait que l’on va retrouver en France : des jeunes filles (surtout) rédigeant et brandissant des milliers de pancartes, forme d’expression et d’auto-organisation, par la construction de formules, de revendications, de satires, de mots, de toute première importance.
L’on retrouve ce trait, courant 2025, dans les mobilisations démocratiques de masse (des millions de manifestants, parfois plus de 10 millions) du mouvement No King, No Kings, contre Trump aux Etats-Unis.
Une défaite.
Début janvier 2026, la vague révolutionnaire mondiale des deux dernières années a subi sa plus importante défaite : l’écrasement du soulèvement de la jeunesse, des femmes et du prolétariat d’Iran, des dizaines de milliers de morts, une répression comparable à celle de la Commune de Paris (1871) ou de la place Tian-An-Men (1989), facilitée par la menace d’agression américano-israélienne, laquelle s’est déclenchée, une fois la répression opérée, à partir du 28 février 2026.
Trump était ici entrainé par Netanyahou, mais pas seulement : confronté lui-même aux manifestations démocratiques de masse aux Etats-Unis, il répondait par la fuite en avant dans une série d’agressions extérieures (Nigeria, Caraïbes, Venezuela, menaces sur Cuba, sur le Groenland, sur le Canada), alors même que l’affrontement de la population de Minneapolis contre les nervis d’ICE lui infligeait une défaite politique.
Il est important, ici, de saisir le fait de la guerre (au-delà de la conscience plus ou moins claire des chefs d’Etat) comme réponse au risque révolutionnaire, permise dans le cas iranien par la défaite infligée par le régime des mollahs à la révolution iranienne, cela au compte de tous les dominants, Trump et Netanyahou compris.
Une guerre intégrée à la multipolarité impérialiste.
Passée la sidération initiale (assassinat du « Guide » Khamenei), et cela assez rapidement, l’enlisement US est apparu clairement, avec le blocage iranien du détroit d’Ormuz. La guerre perdure depuis, entremêlée de négociations permanentes, et combinée à une intensification des « sommets » Trump/Xi Jinping, Poutine/Xi Jinping, et bientôt, je vais y revenir, Trump/Xi Jinping/Poutine. Les menaces apocalyptiques récurrentes de Trump sur l’Iran sont allées de pair avec un lâchage de fait de Taiwan et une posture d’offre ostensible de partage du monde, conférant à Xi une apparence de maitre du jeu – qui n’est qu’une apparence car les contradictions sociales, et internes à l’Etat-parti, en Chine, s’intensifient, voir mon article du 6 juin dernier.
La guerre visant l’Iran, du point de vue de l’impérialisme étatsunien (celui de Netanyahou, agent provocateur dans cette affaire, est différent : son existence politique est liée à cette guerre), s’est rapidement intégrée à un « ordre » mondial de la multipolarité impérialiste, dans lequel elle sert de jauge, de bras de fer autolimité, sur le dos des peuples (voire sur le dos de la monarchie saoudienne que les Houthis sont autorisés à laminer peu à peu !), dans le cadre de la recherche d’un partage mondial – la guerre entre Etats-Unis et Chine reste à l’horizon, mais comme issue de ce partage contre-révolutionnaire et non comme à l’ordre-du-jour immédiat, de sorte que les campistes prorusses ou prochinois font en même temps aussi le jeu de Washington !
La jeunesse et la guerre en Ukraine.
La guerre dont les trois impérialismes dominants aimeraient se débarrasser, car elle ne les arrange pas, est celle de l’Ukraine : c’est la résistance nationale ukrainienne qui leur pose un problème, menaçant directement le maintien de Poutine et l’Etat impérialiste russe, et préservant de fait le continent européen et les impérialismes de second rang qui y sont concentrés, de sa vassalisation et de sa régression à l’extrême droite.
Or, c’est précisément une seconde vague d’agitation de la jeunesse, féminine, scolarisée, mais touchant l’armée, qui a ébranlé l’Ukraine pendant des semaines, à partir du 15 juillet 2026, seconde vague de la « révolution des cartons » déclenchée par la démission du ministre de la Défense Fedorov. Ce qui s’est exprimé dans ce mouvement d’une grande importance, c’est la volonté d’intervenir sur la manière de faire la guerre, pour la gagner en épargnant un maxima de vies humaines, et pour la mener de la manière la plus démocratique et décentralisée possible, en tant que guerre de drones principalement, la dissuasion robotique s’opposant aux formes technologiques concentrées de prétendue dissuasion telles que le nucléaire, et aux formes traditionnelles de commandement et de discipline. Fedorov, lié au techno-capitalisme US, n’a été que le drapeau du début du mouvement, lequel l’a abandonné en cours de route quand il s’est avéré être un politicien carriériste cherchant à tirer son épingle du jeu. Mais le mouvement lui-même, mouvement de la jeunesse, a soulevé les questions d’une politique militaire démocratique.
Bien entendu, ces développements sont peu connus à l’ouest du continent, vu le blackout de tous les appareils politiques à leur sujet, mais ils font partie du processus global de la lutte des classes au niveau mondial dont il est question ici, comme une composante importante de celle-ci, qu’il nous appartient d’expliquer, expliquer et encore expliquer.
En effet, la mobilisation de la jeunesse ukrainienne et la situation sur le front et dans les airs sont des facteurs liés, et la pression populaire pour la « manière ukrainienne de faire la guerre » va dans le sens de la victoire, non comme victoire conventionnelle sur le champ de bataille, mais comme érosion progressive de la pression russe sur le front, destructions ponctuelles mais systématiques de la logistique militaire et en partie civile, russe, et laminage du moral du côté russe.
Trump et Poutine unis contre l’Ukraine.
Que s’ajoute à cela une protection aérienne de l’Ukraine contre les bombardements de plus en plus meurtriers, à la manière de Poutine en Tchétchénie, de Bachar en Syrie, de Netanyahou à Gaza, et l’Ukraine vaincrait, produisant la chute de Poutine, ce dont tous les chefs d’Etat ont une sainte trouille. Tout au contraire, en cet automne 2026, Trump a affirmé publiquement, plus que jamais, sa sainte Alliance « pétrolière » avec Poutine, trahissant et désarmant ouvertement l’Ukraine.
Imposer une capitulation ukrainienne, ou au moins faire passer le fait que les territoires occupés ne seront jamais récupérés par l’Ukraine et verront s’achever la purification ethnique et le génocide qui y sont engagés, n’est pas seulement une visée prorusse et anti-ukrainienne : c’est l’asservissement des vieux impérialismes européens, et, plus important pour nous, la destruction des conquêtes sociales, démocratiques et culturelles des peuples européens, qui correspondent ici aux besoins fondamentaux des trois impérialismes dominants au plan mondial.
Wallonie-Bruxelles.
C’est pourquoi, pendant ce temps, l’ébranlement de la jeunesse et de couches du salariat, notamment les enseignants, en Europe occidentale, contre les gouvernements en place, est la meilleure chose qui pouvait arriver, à l’encontre de l’ordre impérialiste multipolaire existant.
Cela a commencé en Belgique, plus précisément en Wallonie et à Bruxelles, avec Mars Attacks, une lame de fond qui annonçait les traits de la vague qui balaye à présent non seulement la France, mais l’Italie, l’Espagne, le Portugal, et, par la Grèce, tend la main à la vague serbe. Avec des camarades et amis belges, nous avions découvert ce mouvement et il faut citer ici la conclusion de notre article du 15 juin 2026 faisant suite à une visio avec eux :
« Vous l’aurez senti, on parle ici de révolution, quelle que soit la suite, que ça monte encore ou que ça retombe il y aura un avant et un après. « La révolution sera enfantine ou ne sera pas », nous dit Selim. On dira même plus : c’est parce qu’elle est enfantine qu’elle est la révolution. Et, on l’a bien senti, et c’est très important, c’est un plaisir ! »
Cela a donc monté encore, à l’échelle, de plus en plus, européenne, et nos camarades belges nous annoncent que le « 17 octobre » de la Belgique, ou au moins de la Wallonie et de Bruxelles, se prépare peut-être, vers la grève, pour le 17 novembre.
Les enfants s’aguerrissent.
Et la dimension « enfantine » est essentielle : elle signifie l’avenir, mais aussi le refus de la maltraitance dont sont victimes, dans le capitalisme morbide, les enfants. En France, de juin à septembre, le mouvement pour une loi « intégrale » féministe et enfantiste a préparé les évènements présents.
Il dénonçait la maltraitance physique et sexuelle envers les enfants et les adolescents, le déni de celle-ci par l’institution judiciaire, toutes choses dont on a eu depuis un déferlement spectaculaire avec les violences policières, yeux crevés, mâchoires écrasées, mains arrachées, gardes à vue par milliers, violence physique directe s’exerçant sur une jeunesse qui a, de plus, subi le basculement climatique de 2026 en Europe occidentale, très présent dans ses exigences, mais qui résiste, s’aguerrit, et fait la fête et le carnaval – ce qui terrifie et rend fou de violence les puissants …
Le sens de l’explosion française.
L’explosion lycéenne en France, commencée à Mayotte, rebondissant à Créteil, puis gagnant, à travers la grève du 29 septembre de la fonction publique, toute la jeunesse lycéenne du pays, entrainant les étudiants et des secteurs du salariat, est maintenant au centre de toute la situation européenne.
De même que les « grands de ce monde » ont la sainte trouille de la chute de Poutine, ils craignent maintenant la chute de Macron avant l’heure prévue, celle de l’élection présidentielle, d’autant que ces deux chutes spectrales qui se dessinent pointent vers une troisième, celle de Trump.
Cela, alors que la situation française n’est pas encore « révolutionnaire » au sens, si l’on veut, orthodoxe, de l’expression. Elle est une combinaison spécifique d’une crise de régime qui monte depuis 2024, et d’un soulèvement de la jeunesse, mais le passage à la crise révolutionnaire correspondrait au passage à la grève générale, qui est fondamentalement une question politique.
Ce passage ne se produira pas en disant « la grève générale pour faire céder le gouvernement », ni en additionnant les revendications boite par boite, mais parce que les larges masses sentiront que le moment de renverser le pouvoir arrive, ce qui peut se produire par et dans la grève générale politique.
C’est la jeunesse qui a donné cette direction, par ses slogans combinés : Macron démission, La jeunesse emmerde le Front national, A bas l’Etat, les flics et les fachos. Je souligne : à bas l’Etat.
Parce que c’est une très grande question politique, parce que c’est contraire à tout ce qui est censé être que de faire pareille chose quelques mois avant l’élection présidentielle, ce n’est pas garanti. Mais d’ores et déjà l’ampleur de la crise française attire l’attention du monde entier.
Elle l’attire, bien entendu à travers images et récits horrifiques à la Trump, sans rapports avec la réalité, mais la diffusion rapide de l’action « à la française » montre que de larges masses ne sont pas dupes.
Les scrutins brésilien, serbe et israélien.
Les trois scrutins de ces derniers jours manifestent cette unité mondiale et marquent un nouveau seuil.
Au Brésil, c’est le surgissement de cette même jeunesse sur le terrain électoral qui a fait réélire Lula (55% à Sao Paulo) et battu Bolsonaro, d’ores et déjà réfugié chez Trump en s’étant enfui par l‘Argentine. Evènement majeur qui a fait fléchir la bourse, car toute la programmation capitaliste sur les Amériques passait par Bolsonaro. Lula, lui, vieux symbole et instrument de cette victoire, va évidemment essayer de la limiter, en collaborant avec les partis bourgeois au Brésil et avec la multipolarité impérialiste au plan international, s’opposant au soutien à l’Ukraine, mais … mais il est élu dans une dynamique qui l’oppose frontalement à Trump.
En Serbie, la « liste étudiante » a gagné – c’est là une victoire qui ne règle rien, mais une victoire, analogue au fond à celles du Népal et de Madagascar, mais avec cette forme spécifique de s’être emparé des élections, riche expérience dont il nous faut nourrir le mouvement français : le débouché politique de la crise révolutionnaire ne peut en effet qu’être la sortie de la V° République et l’élection par la population mobilisée de ses représentants constituants.
En Israël enfin, le fait clef des élections à la Knesset est la place arbitrale des listes « arabes », c’est-à-dire palestiniennes, imposant le fait que tout rétablissement de l’Etat de droit, d’un ordre légal et non pas dérivant vers la dictature corrompue, pour les judéo-israéliens, requiert la reconnaissance de facto du fait national palestinien, à rebours de tout ce qu’a permis la provocation pogromiste du Hamas et de l’Iran du 7 octobre 2023 : début de génocide à Gaza, épuration ethnique en Cisjordanie, racisme débridé en Israël, intervention en Syrie, et bombardement de l’Iran.
Sur ces trois scrutins, ceux du Brésil et de Serbie sont directement reliés à l’intervention politique du mouvement large, mondial, de la jeunesse. En raison de la situation coloniale, le lien est moins direct en Israël mais il y est certainement également présent.
Ces développements n’indiquent pas seulement que l’on peut « faire mentir les sondages » et « battre l’extrême droite », ce qui est vrai, mais que la poussée révolutionnaire de la jeunesse peut agir sur le pouvoir politique central et sa nature. Leçon clef, leçon pour la France, leçon pour tous …
Soutien mutuel des trois hégémons.
C’est précisément à ce moment-là qu’est annoncé un tout prochain sommet des trois, Trump, Xi et Poutine, probablement à Shenzhen le 19 novembre, présenté déjà dans la presse comme le « Yalta du XXI° siècle ».
Cette concentration contre-révolutionnaire doit être comprise non comme un évènement « géopolitique » de jeu entre puissances, mais comme une mobilisation dirigée contre le soulèvement de la jeunesse et les risques révolutionnaires.
En particulier, il s’agit de décider du sort de l’Ukraine sans l’Ukraine, et donc d’infléchir le sort de l’Europe, vers son asservissement, sans les pays européens.
Et l’annonce d’un tel sommet avant les élections de mid-terms aux Etats-Unis, prévues mardi prochain 3 novembre, est tout à fait délibérée : Xi et Poutine signifient au peuple américain et aux peuples du monde que Trump doit toujours être en place et rester légitime quoi qu’il se soit passé d’ici là …
Classe contre classe, réaction contre révolution, destruction du monde contre jeunesse : Trump, Xi et Poutine sont le vrai camp ennemi pour les larges masses prolétariennes humaines et la jeunesse.
Pas d’issue pour les vieux impérialismes de second rang.
Les dirigeants des impérialismes de second rang n’offrent aucune alternative. La situation de Macron les symbolise au plus haut point.
Ils disent aider l’Ukraine, car les impérialismes européens ont peur de sa défaite qui conduirait à leur asservissement, pris en tenaille qu’ils sont entre les trois puissances hégémoniques (je rappelle que dans la déclaration commune Xi/Poutine du 20 mai dernier est affirmée l’ambition impérialiste chinoise envers l’Europe, fait nouveau à ce niveau), mais ils ont bien plus peur encore, répétons-le, d’une défaite de la Russie. Donc, ils ne savent pas où donner de la tête.
L’Allemagne s’enfonce dans la crise politique, le Royaume-Uni l’a temporairement surmontée avec le remplacement de Keir Starmer par Andy Burnham, mais temporairement, l’Italie de Meloni entre peut-être dans une situation « à la française », le pouvoir japonais fait du trumpisme à la japonaise, Mark Carney au Canada est, par la force des choses, le plus frontalement opposé à Trump mais dans une situation où la question même de la cohésion du Canada revient en force.
Les vieux impérialismes d’Europe et du Japon ne sont certes pas les fauteurs principaux de guerre dans le monde que dénoncent les propagandes poutiniennes, chinoise, campistes, et y compris MAGA, mais ils ne sont pas non plus des alliés sûr de l’Ukraine, accusée maintenant par Trump d’être le fauteur de guerre numéro un (même en Iran d’après l’un de ses derniers tweets !).
Voir en eux les défenseurs de la démocratie contre les dictatures (ce qui est en gros la position, par exemple, du candidat Raphael Glucksmann) est dans le meilleur de cas une mortelle illusion. Comme on peut le voir en France, le RN poutinien n’a pas de meilleur fourrier que Macron.
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Pour les peuples européens, leur avenir contre Trump et Poutine et contre l’extrême droite est porté par les mouvements de la jeunesse et passera par leur libre déploiement, entrainant la classe ouvrière dans la grève politique contre les pouvoirs en place.
Vincent Présumey, le 30/10/26.