Des militants de gauche en Israël ont lancé un nouveau parti politique, A Place for Us All (Likulina Makan / Makom Lekulanu en arabe et en hébreu) [Une Place/Un Lieu pour Nous Tous], avant les élections législatives de cet automne.
La plupart des personnalités de premier plan, et la base militante initiale du parti, viennent de Standing Together, le mouvement social de gauche fondé en 2015, qui est passé à plus de 7.000 membres et est le plus grand mouvement binational de base (palestinien-juif) d’Israël. Bien qu’il n’y ait aucun lien juridique ou organisationnel formel entre le nouveau parti et Standing Together, le parti promouvra les mêmes perspectives de co-résistance binationale pour la paix et l’égalité, et la justice sociale.
Uri Weltmann, qui a pris une permission d’absence de son rôle d’organisateur national de terrain de Standing Together, a déclaré:
« Le nouveau parti a été formé dans le but de changer radicalement le cours de la politique israélienne, sur fond de polycrise aiguë affectant notre société : le 7 octobre et ses conséquences, avec la guerre génocidaire lancée contre Gaza, qui laissera des cicatrices cette terre pour des générations ; l’autoritarisme croissant du régime de Netanyahu, avec son recul des normes et libertés démocratiques ; l’incapacité de la politique israélienne à continuer à soutenir le fait qu’un cinquième de ses citoyens sont des Arabes-Palestiniens.
« Un Lieu Pour Nous Tous est un parti engagé dans une vision d’un accord de paix israélo-palestinien, basé sur la fin de l’occupation et l’établissement d’un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël, avec la liberté de mouvement et sans séparation avec des barrières ou des checkpoints ou la supériorité juive. Reconnaissant que cette terre est la maison de deux peuples, nous appelons cette vision « Deux États dans une patrie partagée ».
« Plaider pour augmenter le salaire minimum en Israël de 35 NIS à l’heure à 50 NIS par heure, ainsi qu’appeler à l’éducation universelle gratuite dès la naissance, Un Lieu Pour Nous Tous est fondé sur les valeurs socialistes. »
« Le parti sera co-dirigé par des citoyens juifs et arabo-palestiniens d’Israël. Il parlera avec le même message politique en hébreu et en arabe, en travaillant à convaincre, mobiliser, organiser et rassembler politiquement à la fois les citoyens juifs et palestiniens d’Israël, autour d’une vision partagée de l’avenir, fondée sur des principes de justice sociale qui reconnaissent que la grande majorité des gens au fond ont des intérêts partagés, qui sont en opposition avec ceux de la petite minorité au sommet. »
Les élections doivent avoir lieu en Israël au plus tard le 27 octobre, mais on s’attend généralement à ce qu’elles se tiennent plus tôt. Le système de représentation proportionnelle du pays exige qu’un parti obtienne au moins 3,25 % des voix pour remporter un siège au Parlement. Selon des sondages internes, le parti « A Place for Us All » est actuellement tout près de ce seuil, ce que Weltmann a qualifié de « très bon début pour un parti qui n’a pas encore lancé sa campagne électorale et qui ne fait pas encore campagne dans la rue ni sur les réseaux sociaux ».
Ces élections sont perçues comme une occasion de chasser la coalition d’extrême droite de Benjamin Netanyahu, et certains courants de gauche craignent que le parti « A Place for Us All » ne divise le vote de centre-gauche anti-Netanyahu. En réponse à ces inquiétudes, Weltmann a déclaré : « Nous ne voulons pas faire de la figuration. Nous ne serons pas candidats le jour du scrutin si nous ne sommes pas certains que le soutien que nous recevons des électeurs arabes et juifs se traduira par la fin du règne de Netanyahu. »
La principale force électorale de gauche est Hadash, le front électoral du Parti communiste israélien. Officiellement binational, son électorat est en grande majorité arabo-palestinien. Le parti compte actuellement trois députés à la Knesset. L’autre option électorale se réclamant de la gauche est le parti des Démocrates, issu de la fusion du Parti travailliste israélien et du parti social-démocrate Meretz. Meretz a parfois fait des tentatives d’organisation politique binationale et a compté des députés palestiniens, mais ces deux partis, ainsi que les Démocrates eux-mêmes, restent fondamentalement des partis traditionnels de la gauche sioniste. Les Démocrates se sont montrés timides sur la question de l’occupation.
Parmi les autres forces d’opposition figurent les partis qui s’organisent au sein des 20 % de la population israélienne d’origine palestinienne, tels que Balad, Ta’al et Ra’am. Ces partis couvrent un large éventail d’orientations politiques, allant du nationalisme laïque à l’islamisme. Il est arrivé que des partis palestiniens présentent des listes communes aux élections législatives. Ta’al, Balad et Hadash ont annoncé qu’ils se présenteraient ensemble aux prochaines élections.
L’opposition traditionnelle à Netanyahu comprend des partis qui le critiquent parfois par la droite sur les questions sécuritaires et militaires. Selon les sondages actuels, le candidat le plus probable pour succéder à Netanyahu au poste de Premier ministre est Gadi Eisenkot, ancien général de Tsahal.
Alors que la date limite d’inscription des candidats n’est pas encore fixée d’ici à plusieurs mois, la situation électorale pourrait évoluer considérablement. Toutefois, le lancement d’une nouvelle initiative politique qui met l’accent sur la co-résistance binationale, l’égalité entre Juifs et Palestiniens et un programme social de gauche est une évolution positive. Les socialistes et internationalistes du monde entier devraient se rapprocher de ce nouveau parti et nouer des liens, le cas échéant.
Ira Berkovic, le 24 juin 2026.
Source : https://workersliberty.org/story/2026-06-24/new-binational-left-party-launched-israel