Macron et Borne doivent annoncer leur contre-réforme des retraites mardi 10 janvier. Porter l’âge du droit à la retraite à 65 ou 64 ans, allonger la durée de cotisations et s’en prendre aux régimes dits spéciaux (c’est-à-dire aux droits conquis par certaines branches), vise bien entendu à transférer de la valeur vers le capital et les capitalistes, mais ne répond à aucun besoin économique pressant de leur côté : il s’agit de politique. Il s’agit, pour Macron, de « faire » ce qu’il a affirmé vouloir faire depuis maintenant 6 ans, en espérant restaurer ainsi son autorité et ses prétentions ébréchées de président de la V° République.

Les salariés, chômeurs, jeunes et retraités sont en mesure de gagner contre Macron en exigeant et en imposant le retrait de la contre-réforme annoncée.

Ils sont en capacité d’agir : ils l’ont montré par la grève déterminée des opérateurs des raffineries pour les salaires, l’unité réalisée dans les lycées professionnels le 18 octobre dernier, l’organisation montée d’en bas des contrôleurs SNCF et ses succès partiels significatifs, les nombreuses grèves pour les salaires. Et Macron, Borne et l’exécutif n’ont pas cessé d’hésiter, affichant leur faiblesse.

Sur quoi comptent-ils ? Ils comptent sur le respect du rituel : annonces le 10, intersyndicale organisant ensuite une « grande » journée d’action, et s’il le faut une série de « journées » et de « temps forts » (avec par ailleurs manifestation « insoumise » en week-end), jusqu’à adoption de la contre-réforme sans doute au 49-3. Ils comptent sur ce scenario lassant, connu, écrit d’avance. Mais ce qui s’est passé dans les raffineries ou chez les contrôleurs SNCF, ce qui monte dans les hôpitaux et dans les écoles, collèges et lycées, leur donne des sueurs froides. Ils comptent sur le grand rituel pour fatiguer et encadrer tout cela.

De quoi avons-nous besoin de la part de nos organisations syndicales ? D’abord de la clarté sur la revendication : le retrait et c’est tout. Ensuite l’unité tous ensemble dans l’action centrée contre Macron et Borne : pas 36 choses mais grève tous ensemble et manifestation vers les sièges du pouvoir. C’est cela la méthode gagnante sur les revendications, la vraie méthode syndicale.

Toute autre méthode – ne pas dire clairement « retrait », prévoir à l’avance des « journées » échelonnées, ne serait rien d’autre que la protection politique apportée à Macron à l’encontre de l’indépendance syndicale.

On ne gagnera pas le retrait de la contre-réforme visant les retraites si l’on a peur d’ébranler définitivement Macron. En gagnant contre cette contre-réforme, nous ouvrirons la voie à toutes les revendications et à la défaite de Macron et de son régime.

Le 07-01-2023.