Depuis quelques temps le site russe Meduza (en russe : https://meduza.io/, en anglais : https://meduza.io/en), créé fin 2014 et basé à Riga (Lettonie), a fortement développé ses rubriques d’investigation, traitant des oligarques poutiniens, de l’intervention russe en Ukraine, de la mafia immobilière à Moscou, des détournements de fonds dans le secteur de la santé, de l’industrie pornographique …

L’un des principaux journalistes d’investigation de ce qui commence à ressembler à une sorte de «Mediapart» russe, Yvan Golunov, a été arrêté pour … trafic de drogue, le 6 juin dernier.

Trois jours après les services judiciaires faisaient savoir que son état de santé s’était dégradé. Qu’on en juge : les «maladies» qu’il a contractées en prison s’appellent traumatisme crânien, hématomes nombreux, côtes cassés … si vous n’avez pas compris … Il a ensuite été exhibé dans une cage métallique, apparemment dans un état ne lui permettant pas de s’exprimer.

Mais Meduza et les milieux des médias indépendants ont lancé une campagne en Russie et à l’international – signez la pétition !

Cette campagne a manifestement eu pour effet qu’au lieu d’être envoyé en prison pour au moins deux mois, il a été mis en résidence surveillée – comme le cinéaste Kyril Serrebrenikov.

Cet épisode a donc à la fois souligné la capacité répressive du régime de Poutine mais aussi ses faiblesses et ses hésitations. Un mouvement ouvrier et démocratique conscient de lui-même et libéré de toute union sacrée avec des régimes d’oppression qu’ils soient «occidentaux» ou non, voila ce qu’il doit craindre par-dessus tout …