Des faits importants se sont produits à Chicago vendredi soir 11 mars. Alors que l’antienne des commentateurs pro-Clinton ou d’extrême-gauche sur Sanders consiste à dire que ses soutiens sont « blancs », à Chicago des groupes de partisans de Sanders et les militants de Black Live Matters ont fait front commun et ont investi un meeting de Trump qui, finalement, a dû être annulé.

Ce fut un événement national qui a d’ailleurs conduit Trump à accuser le « communiste » Sanders d’avoir fait le coup, et à appeler à la formation de milices, évoquant des « émeutes » si l’establishment du parti républicain lui refusait l’investiture.

Le fait majeur qui demeure est cette victoire de la jeunesse, noire ou non, sur Trump.

Les primaires qui ont suivi ont vu le parti républicain continuer à échapper à ses chefs, saisi par le milliardaire Trump, à la fois raciste et prenant acte de la nécessité d’un repli impérial des États-Unis, poussé par une base éperdue qui veut voir en lui le sauveur, cependant que dans le parti démocrate la poussée Sanders se poursuit, mais pas au point de défaire Clinton dans les États clefs qui votaient comme l’Illinois ou la Floride (les résultats du Missouri étant douteux).

La perspective d’une victoire « régulière » de Sanders dans le parti démocrate n’est guère probable, par contre une vague politique nationale, qu’il est très loin de contrôler (ce à quoi il ne prétend d’ailleurs pas) est bel et bien en marche, sous le nom de « révolution politique ». Malgré la tentative de verrouillage de la direction AFL-CIO (dont la « neutralité » était déjà un recul par rapport au soutien initial ouvert à Clinton), une nouvelle importante fédération, l’ATU (transports publics, bus intercités, bus scolaires, métros …) vient de lui apporter son soutien, et les Indiens Navajos et Apaches d’Arizona lui ont fait un bel accueil après un discours enflammé.

Chaque soutien à Sanders n’est pas perçu comme un ralliement au parti démocrate, mais comme un acte de rupture avec la seule candidature démocrate « normale », celle de H. Clinton. Cette contradiction va s’approfondissant, tandis que le spectre de la violence politique vient de faire retour dans la vie américaine.