C’est tout de même mieux une élection sous pression de la rue que cet éternel cloisonnement entre séquences sociales et séquences électorales qui, surtout, ne doivent  pas se télescoper. Jusqu’à présent, c’était ainsi. Puis les jeunes, à l’avenir sacrifié, se sont mobilisés. A six mois de l’élection présidentielle, élection phare de la 5e République, qui phagocyte toute velléité de démocratie tant directe que représentative. 

L’émergence d’une conscience politique

La jeunesse, dans les manifs, a  des revendications précises, qui lui sont propres, relatives essentiellement à l’Éducation nationale (résilience thermique, des profs et personnels en nombre suffisant,  suppression de Parcoursup…). Mais apparaît, dans les cortèges, l’émergence d’ une conscience politique collective qui se traduit par un dégagisme anti – Macron et… Surprise, un dégagisme de précaution anti – RN. 

Vers la crise de régime, dégager la 5e République, oui mais comment? 

L’ engagement d’ampleur, dans la lutte sociale et politique des salarié·es et citoyen·nes, pourrait amplifier la crise de régime possible.

Pour ce faire, il manque un dégagisme fondamental, premier, celui de la 5e République, bien  au-delà des seules personnes de Macron et de Le Pen qui se complaisent dans les institutions de la 5e République, « ce coup d’État permanent » (F. Mitterrand)*

Ce que n’a pas fait F. Mitterrand en 1981. Ce que Mélenchon dit qu’il fera… 
Cependant, on peut raisonnablement penser que l’ option  » dégageons la 5e République par la rue, par le Peuple, est largement plus sécurisée que le fait du Prince – tout bon serait-il – octroyant à son bon Peuple une nouvelle Constitution. 

La solidarité internationale, 
« cette tendresse des Peuples » * ne peut être à géométrie variable. 
J-L  Mélenchon  soutient le peuple palestinien. R. Glucksmann, quant à lui soutient l’Ukraine. 

Suite aux excellents résultats de la liste Place publique/PS aux dernières européennes, un compromis que l’on ose qualifier »  d’historique », au sein de la gauche, a pu se  concrétiser.

Grosso modo, le programme de l’Avenir en commun et…  à l’international les positions de Place Publique qui prône, à juste titre, un soutien sonnant et trébuchant à l’Ukraine résistante face à l’impérialisme russe – L’Ukraine, là-bas où l’avenir de de l’Europe se joue. De plus, un soutien indéfectible au  peuple palestinien victime de génocide est de même acté par le NFP, la-bas où l’avenir de notre siècle saigne. 

Soutien sonnant et trébuchant à l’Ukraine resistante : 
15 milliards dont 4 du budget de la France, une broutille au regard des 211 milliards allègrement  distribués en aides  publiques aux grandes entreprises supranationales, et ce, chaque année.

C’est ce compromis, pour le coup, « historique » que les gauches tout à fait réconciliables,  doivent renouveler maintenant à condition d’écouter la voix des opprimé*es qui monte de la rue.  Peuple en souffrance, salarié*es et  retraité*es paupérisé*es, précarisé*es, invisibilisé*es … Et cette  jeunesse courageuse,  en première ligne qui montre l’exemple. 

L’enjeu est de taille :  repousser les nuages sombres  qui s’amoncellent d’un illibéralisme amplifié, ce néo-fascisme qui bénéficie de tous les soutiens internationaux réactionnaires, à commencer par l’axe Trump/ Poutine.

La tâche sera rude mais pas impossible. 

* La solidarité internationale cette tendresse des Peuples. Jean Puyade.

* Là bas où le destin de notre siècle saigne. Louis Aragon 

Le coup d’État permanent F.Mitterrand. 

Le coup d’État continue. J.-P. Jouary