Le monde dévisse sous la pression des foules.

Alors qu’en France nous vivons sous l’ombre de décembre, que les manifestations de masse gagnent l’Europe par la Tchéquie et la Catalogne, le Chili, la Bolivie et bien d’autres voient la lutte de classe réelle, force contre force, passer au premier plan.

Les pays « néolibéraux » ou « occidentaux » et les pays « anti-impérialistes » sont dans le même sac. Chez tous, la population affronte l’État capitaliste. Toute opposition entre ces deux types de pays, si semblables, ne peut que faire le jeu des oppresseurs. Et la crise mondiale a pour avant-garde, en Asie, Hong-Kong. Telles sont les réalités de la lutte des classes.

Le maillon le plus important au jour d’aujourd’hui, c’est l’Iran. Depuis trois jours, alors que l’insurrection en Irak, au Liban et la reprise de la résistance syrienne ont rongé le régime qui aspire au rôle de gendarme contre-révolutionnaire dans toute la région, les manifestations se sont déchaînées suite à la hausse du prix des carburants.

Internet est bloqué. Il y aurait près de 200 morts parmi les manifestants, et plusieurs chefs de la police et des sinistres Bassidjis, les « gardiens de la révolution », ont été liquidés par la foule. C’est plus que lors des explosions précédentes (2009 et 2017-2018) une confrontation entre la foule prolétarienne et la racaille Bassidjis, la police contre-révolutionnaire, la police des mœurs dont le voile est le drapeau (cela aussi : une réalité de la lutte des classes, qui remonte à la contre-révolution islamiste après 1980), la milice fascisante du régime. Les Bassidjis exigent l’arrêt des manifestations. La coupure d’Internet signifie qu’ils vont tirer, partout.

Enjeu considérable : la destruction de l’appareil Bassidjis et de ses relais en Irak, Syrie, Liban (où la révolution démocratique et laïque affronte le Hezbollah) serait tout le contraire d’un triomphe impérialiste ! Ce serait la chute d’un verrou terrible, qui pèse sur tous les peuples chiites ou non. Le verrou suivant, c’est la monarchie saoudienne !

Soutien total aux manifestantes et aux manifestants en Iran ! Et il va bien falloir, et pas qu’en Iran, parler ouvertement de LA question, celle que, sans nul doute, des milliers cherchent à résoudre comme ils peuvent.

La question des armes. Question éminemment démocratique, commençant par la protection de la population contre le monopole de la violence pratiquée et revendiquée par les appareils d’État, pour culminer dans l’affirmation du pouvoir de l’immense majorité sociale contre l’infime minorité exploiteuse.