Dans sa déclaration du dimanche soir 18 octobre, le crépusculaire président de la V° République, Emmanuel Macron, n’a pas eu un mot pour la main arrachée d’un lycéen, l’œil crevé d’une lycéenne, et ils cachent les probables deux morts de ce samedi : le président, le ministre, les médias en continu, n’en parlent pas ! (1)
Macron a nié sans phrase toute violence partant de l’appareil d’Etat, qui depuis des semaines est à l’initiative du cycle de violence, du ministre de l’Intérieur Nunez aux policiers RN se déchainant – pas la totalité des policiers mais une partie conséquente d’entre eux. La violence des bandes s’est greffée sur la violence d’Etat, s’en sert et l’amplifie. A Limoges avec la mairie incendiée comme à Lyon avec l’Office du Tourisme ou à Marseille avec la mairie, la police frappant et gazant les manifestant, attaquant comme à Toulouse les banderoles intersyndicales, attaquant comme place de la République à Paris l’orchestre du Nouveau monde – point de départ des violences parisiennes – pendant qu’étaient incendiés ou fracturés mairies et bâtiments publics, juste à côté.
Ce matin, on apprend que le ministre Nunez et le président Macron se sont adonnés à la comédie de la démission refusée du ministre.
Mais alors d’où vient cette violence qui suscite, selon ses dires, sa « colère » et sa « honte » ?
Mais des « factieux de l’ultra-gauche », mon bon monsieur !
Ils sont bien incapables de nous dire qui sont ces milliers, ces dizaines de milliers, voire ces centaines de milliers, de « factieux de l’ultra-gauche », qui étaient sans doute cachés dans on ne sait quelle grotte et en sont soudain sortis …
Plusieurs médias explicitent les sourdes allusions biaisées et policières de Macron : il y aurait alliance entre l’ « ultra-gauche », « LFI » et des « bandes urbaines » dont le RN en susurrant, Zemmour et CNews en éructant, disent qu’il s’agit de noirs et d’arabes …
Ainsi donc, Macron a prétendu que des « factieux » de l’ « ultra-gauche » ont fait déferler la violence, et qu’ils ont, pratiquement, tenté un coup d’Etat.
La dernière fois qu’un président de la V° République a – contraint et forcé de rompre avec eux – dénoncé des « factieux », il s’agissait du général De Gaulle confronté au putsch des généraux à Alger le 21 avril 1961 : il avait alors, pour la seule et unique fois de l’histoire de ce régime, appliqué l’article 16, permettant au président de suspendre l’Etat de droit et de recourir à la force armée, l’Assemblée nationale, non dissolvable tant que l’article 16 s’applique, siégeant en permanence.
Macron est hors d’état d’appliquer l’article 16 ni même de proclamer une nouvelle variante d’état d’urgence tant de fois agité déjà. Après avoir prétendu qu’une mystérieuse « ultra-gauche » factieuse était à la source des violences, il a donc accouché du rappel du pouvoir préfectoral d’interdire des rassemblements, ce qui n’est pas un scoop, de l’annonce de concertations « autour de la table » organisées par le premier ministre Lecornu, et, surtout, de l’injonction faite à toutes les forces politiques de se prononcer contre « la violence », Lecornu étant censé, là aussi, les convoquer pour les sermonner.
Cette faiblesse exhibée tente de prolonger sa présidence et le régime de la V° République jusqu’aux présidentielles, en s’appuyant sur le consensus institutionnel des partis politiques et des directions syndicales : avant même son allocution, Jean-Luc Mélenchon, qui, samedi soir, déplorait que l’Elysée ait été mal protégé, lui demandait une « bonne fin » pour le mouvement lycéen. Seul Jordan Bardella – pas Marine Le Pen – a dit demander sa démission tout en hurlant comme lui aux factieux d’ultra-gauche : Bardella part en vrille.
L’Association des Maires de France et son président, David Lisnard, appelle à des rassemblements devant les mairies contre « les violences ». Faute de préciser de quelles violences il s’agit, ce sont donc des rassemblements pour la thèse complotiste des « factieux d’ultra-gauche », des rassemblements pour la violence d’Etat et toutes les violences subséquentes, organisées en utilisant la terrible image de la mairie de Limoges détruite.
C’est, d’autre part, une étape dans la nouvelle manœuvre de promotion de M. Lisnard, qui est en train de siphonner Retailleau et qui, alors que Bardella implose et que la crise des sommets du RN s’accentue, veut se présenter comme un prétendu « républicain » au programme de destruction des services publics, capable de faire l’union des droites. La recherche affolée d’un Bonaparte capable de faire « régner l’ordre » après la présidentielle se poursuit.
Rien n’oblige les maires à se plier à ce cadre. Le maire de Marseille demande des comptes aux forces de l’ordre, le maire de Paris dénonce la volonté de « pourrissement », des dizaines de maires respectueux de l’Etat de droit déplorent la destruction de la mairie de Limoges et l’attitude de l’appareil d’Etat, premier organisateur de la violence.
Le mouvement engagé de la jeunesse et de couches de plus en plus larges de la population va se poursuivre, parce qu’il a un contenu politique de fond : à bas Macron, le RN et la V° République !
(1) voir précision en premier commentaire dans le forum ci-dessous.
(1) La première version de ce passage était : « et la mort par arrêt cardiaque d’un « street medic » à Paris après qu’il fut frappé par les forces dites de l’ordre. Il y a donc un mort, au moins un mort, », mais depuis on a appris que cette personne -qui aurait pu mourir – avait été sauvée par les pompiers.
Il n’empêche : un aspect particulièrement honteux des déclarations gouvernementales est l’omerta sur les victimes réelles parmi les manifestants, et à présent sur les morts de samedi.
Des sources diverses interrogent sur le fait qu’il y aurait eu deux, voire trois, morts.
Deux sont certaines.
L’un est un type qui a escaladé l’arc de Triomphe et est tombé, ou a sauté. Bon, ne le comptons pas dans les victimes des violences policières, et des violences de bandes qui se sont souvent cumulées à celles-ci contre les mêmes, les manifestants et la masse des jeunes.
L’autre est un manifestant qui est bel et bien mort à Chatelet dans l’après-midi. Entre les sources, comme Révolution Permanente, qui ont immédiatement parlé de violence policière directe mais sans apporter d’autre preuve qu’une vidéo de l’homme tombant par terre dans la rue, et celles plus officieuses qui affirment « aucun rapport avec la police », la faute à pas de chance quoi, il est permis de s’interroger réellement sur le contexte de violences et de stress dans lequel l’exécutif et la police qui lui obéit sont un élément déterminant.
Car elle lui obéit : quand elle semble faire n’importe quoi, ce sont les ordres descendant depuis Nunez, avec l’appui de Lecornu et de Macron.
Le public des réseaux sociaux a cru à la mort d’un street medic et il n’y a pas à le lui reprocher, car les vidéos ont clairement montré, 1) l’homme se faire maltraiter, tabasser et gazer, et 2) le même tombé inerte entre les policiers. Une troisième vidéo est apparue où il revient à lui entre les mains des pompiers. Ouf pour lui ! Mais son malaise résultait clairement du traitement qu’il a subi, et ce type de comportements est meurtrier.
Quiconque vient maintenant lancer des dénonciations sur les rumeurs (de l’ « ultra-gauche », des « islamistes », de « Poutine », des « migrants », des « grands remplaçants », etc., etc.) se couvre en fait de honte. Une grande partie (pas la totalité) des rumeurs ici, participe de la recherche de la vérité.
Et la recherche de la vérité doit aujourd’hui se faire malgré, se faire sans, et se faire contre, le pouvoir politique et son président qui n’a pas eu un mot pour les deux lycéens à la main arrachée dont l’un samedi à Saint-Etienne, pour la lycéenne éborgnée à Mulhouse, etc., etc. En niant nos blessés, et maintenant nos morts, vous êtes les pires violents qui soient. Honte à vous.
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L’impéritie face aux surgissements des petites bandes pillardes du quart monde et de sa petite criminalité-délinquance, au-dela des amalgames complotistes irréalistes qui tentent l' »écran de fumée » au service de tentations de « criminalisation de certaines paroles politiques et publiques, n’échappera cependant pas, une fois le choc et la stupeur, à une grande partie du public. Ces condamnables violences des « pillards » incombent aussi à l’irresponsabilité intéressée de pouvoir. A la fois réprimer et discréditer un mouvement social d’une profondeur et d’une maturité inédite, valait bien quelques scène de déchainements anomiques d’émeutes médiévales, de violence d’intimidation et de prédation « proto-pogromiste ». On est en est encore loin de là. Mais cà peut être le « climat visé » (cf. manif progromiste blanche programmé le 01-11 – qui fera un « flop » monumental. Les rendez-vous devant les mairies : j’invite les lycéens et les démocrates venir s’y exprimer, être présent avec du matériel d' »hypotyposes » – décor, saynetes, mimes, dazi bao narratif… A appeler la population : devant les hôtels de la République, qui devraient être le refuge de la démocratie dans la rue menacée: sa base d’appui, pour la reconquête dans la tolérance et la pacification civile. Les casseurs pillards et nous, ce sont deux problème séquents (par la faute de qui ?), le pouvoir utilise les premiers (par la politique qu’il a lui même conduit, qui échoue et qui a échoué – sa propre production de « zones d’anomies sociales » (Durkheim) – contre le mouvement social démocratique du « peuple scolarisé » : les bagnards ou futures bagnard pour détruire l’école. Le pouvoir connait le ressentiment profond d’une sous-partie d’une sous-société à l’égard de l’institution. Il détourne et canalise à cette fin cette « pure énergie négative », en opportunité politique dedézinguage d’une opposition sociale et politique, qui le gêne aux entournures (bien qu’officiellement ce mouvement ne soit rien, peanuts, caca nerveux d’enfants et de profs paresseux) : quand je dis pouvoir, je parle de tout ceux qui parlent pratiquement à l’unisson, en modulant seulement le ton de la voix, de Glucksmann-Valls à retailleau-Lisnard et Bardella-Le Pen. Les casseurs et les pillards, c’est votre problème, notre de manifester et d’occuper des lieux-villages de mobilisation est notre problème. Notre problème est de ne pas être « interdit ». de pouvoir continuer notre mouvement social de droit-de-retrait et grève avec occupation de lieux et d’espaces « safe », dont le mouvement assurera lui-même la sécurité, avec le concours des maires et des magistrats.
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En une phrase en réponse à la dinguerie doxologique du discours du pouvoir : votre problème n’est pas notre problème, où s’il l’est, c’est de votre responsabilité, Vous qui Décidez de Tout ?
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