Justice doit être rendue : mettre fin aux pratiques médicales discriminatoires et protéger le droit fondamental à la vie.
Ghazal Mawlan, jeune femme et membre de l’Organisation Kurde d’Iran, a été grièvement blessée le 14 avril lors de frappes de drones menées par la République islamique d’Iran contre un camp de réfugiés à Soordash, dans la région du Kurdistan irakien. Malgré son état critique, elle a été transférée entre plusieurs hôpitaux de Souleimaniye et s’est systématiquement vu refuser des soins médicaux en raison de son appartenance politique et d’obstacles juridiques et administratifs discriminatoires.
L’hôpital Bakhshin, parfaitement équipé pour lui prodiguer les soins nécessaires, a explicitement refusé de la prendre en charge pour des raisons politiques, invoquant l’absence d’autorisation de la police locale relevant du gouvernement régional du Kurdistan (KRG), ainsi que des politiques interdisant l’admission de ressortissants iraniens ou de personnes affiliées aux forces peshmergas. Ce refus constitue un déni délibéré de soins vitaux.
En tant qu’organisations de défense des droits des femmes et militantes des droits humains, nous condamnons sans équivoque cet acte comme une grave violation du droit international, des droits humains et de la déontologie médicale. Nous tenons le gouvernement régional du Kurdistan responsable de la mise en œuvre de politiques discriminatoires et illégales ayant directement contribué au décès de Ghazal Mawlan. Ces politiques institutionnalisent la discrimination médicale et transforment les professionnels de santé en agents d’exclusion politique, en violation flagrante de leurs obligations légales et déontologiques.
Nous affirmons en outre que le refus de soins dans cette affaire constitue une violation du droit fondamental à la vie, protégé par les instruments internationaux relatifs aux droits humains, et contrevient aux principes fondamentaux du droit international humanitaire, notamment aux Conventions de Genève, qui imposent le traitement non discriminatoire des blessés et des malades en toutes circonstances.
Les professionnels et les institutions médicales sont tenus par le serment d’Hippocrate et les normes déontologiques universellement reconnues de prodiguer des soins de manière impartiale et sans discrimination. Les agissements de l’hôpital Bakhshin et de toute autre institution impliquée constituent un grave manquement à leurs obligations et une violation de la neutralité médicale. Refuser de soigner un patient pour des motifs politiques est non seulement contraire à l’éthique, mais peut également constituer un acte criminel.
Nous demandons donc des enquêtes immédiates, indépendantes et transparentes sur le rôle de l’hôpital Bakhshin, de ses autorités administratives et de tous les responsables concernés. Nous exigeons que les responsables soient pleinement tenus de rendre des comptes par le biais des mécanismes légaux appropriés. Cela inclut d’éventuelles sanctions disciplinaires, la suspension ou le retrait des licences médicales et, le cas échéant, des poursuites civiles et pénales conformément aux normes juridiques nationales et internationales.
Dans cette affaire, il est essentiel que justice soit rendue à Ghazal Mowlan, mais aussi d’envoyer un message clair et sans équivoque : la discrimination dans les soins médicaux ne sera pas tolérée et les atteintes à la dignité humaine et à la neutralité médicale auront des conséquences.
Enfin, nous appelons tous les défenseurs des droits humains, les mouvements féministes, les acteurs de la société civile et toutes les personnes de conscience à travers le monde à agir. Faites entendre votre voix. Exigez des comptes ! Faites pression sur le gouvernement régional du Kurdistan pour qu’il abroge toutes les lois et pratiques discriminatoires qui restreignent l’accès aux soins médicaux en fonction de la nationalité, de l’identité politique ou de l’appartenance.
La santé n’est pas un privilège accordé ou refusé pour des raisons politiques, c’est un droit humain fondamental. L’utilisation des systèmes médicaux comme instruments de contrôle politique est illégale, contraire à l’éthique et indéfendable en toutes circonstances.
Veuillez ajouter le nom et l’organisation à la liste des signataires :
- Helaleh Taheri, fondatrice de Middle Eastern Women and Society Organisation(MEWSO) – Grande-Bretagne
- Dashty Jamal, Secrétaire de la Fédération Internationale des Réfugiés Iraquiens (IFIR) – Grande-Bretagne
- Bahar Munzir, membre du bureau de l’Independent Women’s Organisation (IWO) – Iraq/Kurdistan
- Sawsan Salim, directrice de Kurdish and Middle Eastern Women’s Rights (KMEWO) – Grande-Bretagne
- Saeed Arman, Secrétaire de l’International Organisation of Iranian Refugees (BIMARZ) – Grande-Bretagne
- Abdulkarim Abdulsada Omran (Abu Watan), Président de la General Federation of Workers’ Unions in Iraq & President du General Energy Union – Iraq
- Dabin Organisation for Democracy Development and Human Rights – Iraqi Kurdistan
- The March 8 Network – (Composé de 30 organisations, de journalistes, d’universitaires, formé en 2022, pour défendre les droits des femmes et la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes au Kurdistan)
- Alliance for Workers Liberty – Grande-Bretagne
- Azar Majedi, Porte-parole de la Women Liberation Organisation (WLO) Iran
- Lisa Marie, co-fondatrice & CEO, FILIA – Amplifying the Voices of Women
- Pragna Patel, co-directrice, Project Resist – Grande-Bretagne
- Mercedeh Ghaedi, membre du bureau de No To Execution in Iran
- Solayman Ghasemiani, Chair Man-Working class Art and Literacy-Hana magazine -Suède
- Movement For Justice By Means Necessary – Grande-Bretagne
- Maryam Namzi, Porte-parole de One Law for All – Grande-Bretagne
- Rebwar Aref, dirigeant du Congress of Freedom and Change – Kurdistan/Iraq
- Vicki Morris, militante syndicale UNISON Trade Union activist (à titre personnel)
- Freedom for Sustainable Development in Kurdistan – Kurdistan/Iraq
- Halala Rafi, International Committee for Women’s Rights & Women’s Shelter Nina -Suède
- Kurdistan Justice Seekers – Kurdistan
- Sara Mohamd, Présidente de Never Forget Pela & Fadima – Suède
- Mohammad Alloush, Secretaire général du Palestinian Workers’ Struggle Union – Palestine
- Nadia Mahmood, Women Alience in Iraq
- Dian Nami, directrice exécutive de Kurdish & Iranian Women organisation – IKWRO
- Karen Johnson, militante pour les droits des migrants et membre du syndicat PCS et de ‘No Sweat’
- Association of the Injured and Justice Seekers of the Zhina Uprising
- Organisation of the Voice of Eastern Kurdistan – Kurdistan/Iran
- United Voice Institution – Iran
- Sheila Bidlecomb, militante pour Animal Rights Dorset et syndicaliste Unison à titre personnel
- Almas Farzi, Solidarity with Iranian people Struggle – Londres, Grande-Bretagne
- Woman – Life – Freedom Unity Organisation – Iran
- Human Rights Activists Organisation-Iran
- Azizeh Lotfi, Membre du bureau du Kurdistan Women’s Union – Kurdistan/Iran
- Abdulla Asadi, Secrétaire de l’International Federation of Iranian Refuge – Suède
- Sahra Bahar, Membre de Justice for Prisoners in Iran, Against Execution – Iran
- Kurdish Women Project-London (KWP)
- Zahra Tekin, Iranian Community Network (Oxford) – Grande-Bretagne
- Sedika Mohammadi, Association for the Struggle for the Liberation of Iranian Women – Suède
- Fardieh Rezai, Support Committee for Kurdish Women
Source : https://workersliberty.org/index.php/story/2026-04-28/joint-statement-death-ghazal-mawlan