Message du tête de liste Moulins en commun, des projets en partage, que LFI veut former à Moulins :
Cher Vincent,
Il y a quelques mois, ton interpellation semi-publique à l’adresse des différentes forces progressistes de l’agglomération avait retenu toute notre attention. Des démarches unitaires avaient déjà été engagées par LFI Moulins en ce sens (l’unité de la gauche s’inspirant du NFP). Ton appel avait permis d’échanger et d’accélérer cette démarche d’unité. Face à la droite sortante et à l’extrême droite montante, nous avions l’opportunité de changer la donne politique à Moulins.
Comme tu le sais, l’ensemble des composantes de la « gauche » moulinoise a catégoriquement refusé toute discussion avec nous. Sans avoir préalablement discuté de quoi que ce soit, le PS et EELV n’ont pas daigné répondre, Place publique a clairement dit « tout sauf LFI », le PCF a indiqué que chacun devait concourir sous ses couleurs et que nous nous retrouverions au 2ème tour (le passage précis de sa réponse était : « Le premier tour doit permettre de clarifier ce que souhaitent les Moulinoises et les Moulinois. Nous aurons ensuite tout le loisir de discuter des perspectives communes dans un second temps »).
Aussi, depuis que Yannick Monnet a changé d’avis en annonçant cette semaine son adhésion à la stratégie du refus de toute unité et du « ni ni », emboitant le pas aux LR et aux macronistes, notre liste se retrouve, dans les faits, la seule unitaire. C’est un engagement encore valable aujourd’hui que de rassembler la gauche au second tour à Moulins. Nous constatons qu’il s’agissait précisément du sens de ton appel et de ton engagement.
Une autre évidence apparaît avec cette annonce. La stratégie de Yannick Monnet est suicidaire pour la gauche, son score aux législatives est trop vite oublié. En tant qu’homme politique aguerri, il ne peut l’ignorer.
Par conséquent, on peut légitimement se demander : quelles sont ses arrières-pensées ? A-t-il d’autres intérêts personnels ? Doit-on collectivement à nouveau décevoir les électeurs de gauche ? Et ceci pour combien de temps encore ?
Ce qui se passe dans le pays est grave, notamment au regard du contexte que tu as bien décrit. Par conséquent, il serait assez cohérent politiquement, de notre point de vue, que tu puisses prendre toute la place qui te reviens à nos côtés dans la lutte sincère contre des idées que nous combattons avec la même force de conviction. Notre liste fait largement la place a plusieurs sensibilités de gauche malgré le soutien d’un seul parti politique. Nous sommes ouverts à toute discussion, toujours. Pour autant que chacun veuille bien débattre pour dépasser et avancer.
Fraternellement,
Pour la liste « Moulins en commun, des projets en partage »,
Thierry Bonnet.
Réponse de Vincent Présumey :
A Thierry et aux camarades de LFI Moulins,
Comme annoncé l’autre jour, je réponds maintenant à ton message. En renouvelant d’abord le fait que je t’en remercie : nous avons besoin de débats publics, respectueux et contradictoires. Les contradictions dans l’histoire de la gauche ont toujours été un élément de force lorsque l’unité était réalisée.
A mon avis, la principale faiblesse de ce que tu expliques dans ton message tient à son caractère trop local, trop « moulino-moulinois », et fortement centré sur les arrière-pensées éventuelles de Yannick Monnet. Par un apparent paradoxe, ce qui me parait discutable dans son approche est aussi qu’elle se veut strictement locale. Or, plus que jamais, les élections municipales sont surdéterminées par des évènements globaux majeurs.
Sur le plan local, la menace sur l’IUT et le petit « campus » il y a un peu plus d’un an, l’opération « Murmures de la Cité » visant à introduire à la fois extrême-droite et union des droites dans tout l’Allier – ce qui est en train de se produire j’y reviendrai-, et, fait majeur, énorme, le choix du patron de Bosch de sacrifier 270 emplois dans l’agglomération, déterminent la situation locale.
Là-dessus, depuis quelques jours, la provocation lyonnaise ayant conduit à la mort d’un jeune fasciste, provocation dans laquelle des militants proches de LFI sont tombés jusqu’au meurtre, est exploitée pour verrouiller la marche au pouvoir de l’union des droites en France : la diabolisation de LFI, en interdisant l’unité à gauche, est le moyen de cette opération. Pas question de hurler avec les loups.
Dans ce cadre, le maire de Montluçon, après avoir fait venir le « Canon français », réalise une liste allant de Renaissance à Reconquête, organisation racialiste. Et à Moulins, tout à l’heure place d’Allier, les « cavaliers » de « Murmures de la Cité » (cette cité qui murmure, c’est Sophia-Polis, club de rencontre des cathos tradis et des néo-païens c’est-à-dire des nazis), paradaient, parallèlement au RN qui diffusait.
Je suis pour l’unité d’action et j’ai de la sympathie pour les militantes et militants notamment jeunes qui rejoignent LFI (ou d’autres organisations) parce qu’elles et ils veulent changer la vie. Mes désaccords avec LFI sont connus mais je les résume : une organisation conçue initialement sur un schéma plébiscitaire, qui, au plan international, ignore la réalité des impérialismes russe et chinois notamment envers l’Ukraine (j’étais hier, au nom de l’intersyndicale, à la manifestation de défense de l’Ukraine à Paris).
Ces désaccords n’interdisent ni l’unité d’action ni le débat. Cela dit ils sont sévères : certains secteurs de LFI, au niveau le plus haut, sont pour moi quasi « poutiniens », alors que Trump et Poutine misent en France sur l’union des droites dont l’instrument d’arrivée au pouvoir est la diabolisation de LFI …
C’est en raison de ces données globales, fondamentales, et de ma propre histoire de militant intervenant sur ces sujets, que je pense que l’unité d’action et le débat au moment présent, moment grave, ne seraient pas résolus par ma propre jonction avec la liste que LFI veut impulser sur Moulins.
Ce que la situation exige, c’est un 12 février 1934 pour la défense de l’Etat de droit. C’est d’ailleurs ce que nous avons amorcé au plan départemental dans le meeting organisé notamment par la FSU et la CGT à Saint-Pourçain le 14 janvier dernier. Si chaque force politique et élu agissait à l’aune de ce qu’exige cette gravité, alors les deux listes de gauche à Montluçon (la liste principale où se trouvent PS et LFI et la liste comportant le PCF officiel et le PRG !!!) fusionneraient quand il est encore temps, alors la petite liste dite de « gauche radicale » à Vichy s’ouvrirait et se transformerait en vraie liste d’unité de la gauche pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit. « I had a dream » …
Concernant Moulins, il est évident qu’une chance de changement réel, Yannick étant député et la droite étant usée et divisée, réside dans son élection. Il n’a pas défini sa liste par le refus de LFI, mais plus généralement par un caractère se voulant a-partidaire. Mais si cette liste gagne, elle gagnera comme liste réunissant la majorité des composantes de la gauche, poussée par la volonté de changement et la résistance démocratique de la population, pour les services publics et la défense de l’emploi. J’estime que nous devrions (« nous » : les partisans du changement social au sens large) consacrer nos forces à cela, c’est plus important que l’affirmation autonome de telle ou telle force politique, et, à vrai dire, cela la permettrait tout autant voire mieux.
Quoi qu’il en soit, poursuivons et élargissons ce type d’échange. L’horizon s’assombrit suffisamment pour l’exiger, et les remarques que je fais ici à Thierry et aux camarades de LFI Moulins concernent toute la gauche locale et départementale …
Amitiés militantes,
Vincent Présumey.
Je dois bien avouer qu’on ressent une certaine gêne à la lecture de votre réponse…
Plusieurs points me semblent être à l’origine de cette gêne : d’une part la condamnation quand même très vénéneuse de votre part que vaut l’inconséquence de LFI sur les questions diplomatiques, d’autre part ce qui s’apparente à une instrumentalisation de la perspective d’union de la « gauche » sous la forme d’un appel au suicide politique lancé vers LFI.
Je souhaite revenir sur le qualificatif de « poutinien » que vous utilisez pour décrire une partie de l’appareil LFI pour montrer en quoi cette attitude me semble faire obstacle à la dynamique d’union des « gauches », puis revenir sur la place (trop) central que vous accordez aux questions internationales, et enfin proposer une perspective d’action différente.
En qualifiant de « quasi-poutiniens » les chefs à plumes de LFI, vous commettez non seulement une erreur d’analyse mais aussi une faute quant à votre propre programme d’union des gauches.
Erreur d’analyse d’abord. LFI n’est pas un mouvement « poutinien », pas plus que ses chefs et cadres : l’extrême-droite est poutinienne car elle défend des intérêts géopolitiques qui, quoique parfois avec des nuances, correspondent assez largement avec ceux de la Russie et car elle a les yeux de Chimène pour le régime intérieur que Vladimir Poutine impose à la Russie – ce qui n’est pas le cas de LFI. J’admets tout à fait qu’il y a, chez LFI, un problème quant à l’analyse des impérialismes du Sud (Russie comprise) et une certaine complaisance à l’égard de la Chine, mais c’est nettement moins le cas à l’égard de la Russie : Jean-Luc Mélenchon a, à ma connaissance, toujours défendu des opposants au régime intérieur de Poutine et a rompu avec ceux de ces opposants qui ont refusé de condamner la guerre impérialiste mené par lui (j’entends les critiques que vous adressez à Sakhnine et compagnie mais je vous trouve quand même exagérément sévère à son égard, on pourra en reparler si vous désirez insister sur ce point). Plus que d’un quelconque attrait que la direction de LFI aurait pour le « modèle » poutinien, il me semble qu’il faille plutôt voir dans son attitude ambiguë une conjonction entre l’héritage d’un anti-impérialisme recyclé par le stalinisme puis un altermondialisme de plus en plus dominé par les intérêts géopolitiques des puissances du Sud en anti-américanisme d’une part et l’héritage d’un pacifisme radical un peu hors-sol. Il existe, dans LFI, en particulier à travers ses factions ouvertement décoloniales, une sympathie bien plus prononcée envers la Russie, alors que l’eurasisme à la Douguine n’influence aucunement le bricolage intellectuel qui tient lieu de doctrine à LFI. Dès lors, qualifier de « poutiniens » Mélenchon et ses acolytes échoue à analyser la réalité de leur position.
Il me semble ensuite que cette attaque est aussi une faute morale. Dans les années 1930, Paul Faure et même Léon Blum (jusqu’à Munich) affichaient ce même pacifisme en priorisant, malgré l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne, le désarmement coordonné et la révision du Traité de Versailles – mais vous voyez bien ce qu’il y aurait eu d’indécent à les traiter de militants « hitlériens », et ce malgré le fait que ces positions aient été des erreurs. Aujourd’hui Mélenchon pense probablement sincèrement que faire reculer la « menace » de l’OTAN fera baisser la pression en Russie et privera Poutine d’une partie de sa base nationaliste, de la même façon que la direction de la SFIO pensait encore largement que réviser le Traité de Versailles aurait dû priver Hitler de la sienne. Comme vous le dites vous-même, la diabolisation de LFI est le moyen d’insinuer la division et de paver la voie à une arrivée au pouvoir de l’union des droites. Or, pardon, mais qualifier de « poutiniens » les dirigeants de LFI à l’heure où Poutine mène une guerre criminelle en Europe, cela revient à déclarer ces dirigeants infréquentables ! Vous reproduisez alors avec LFI ce que vous accusez LFI de faire avec le reste de la gauche, une sorte de « front unique à la base » : vous appelez les militants et sympathisants de base de LFI à rompre avec leur direction et à rejoindre d’eux-mêmes l’union de la gauche, contre leur direction. Mais vous oubliez les principales leçons du front unique des années 1920 et que Trotsky a rappelé sur la situation en Allemagne : si les masses de LFI suivent LFI, c’est parce qu’elles ont confiance en sa direction et adresser une fin de non-recevoir à la direction LFI, c’est en adresser une à l’ensemble des forces sociales qui soutiennent LFI. Il n’y a de front unique que par un accord de la base au sommet et dans le respect de l’autonomie de chacun. Et il me semble donc que laisser entendre que la direction LFI serait « poutinienne » revient à enterrer toute possibilité d’accord !
Il me semble que le poids aussi central que vous accordez à la question ukrainienne ressort du fait que vous êtes personnellement très engagé dans la solidarité avec l’Ukraine. Ce faisant, je crois que vous oubliez le peu de poids qu’ont les questions internationales dans les mobilisations effectives. On pourrait d’ailleurs adresser la même critique à LFI qui nous a rebattu les oreilles de la Palestine aux européennes, élections à faible mobilisation où il s’agissait surtout de faire voter les étudiants, mais qui se fait plus discrète sur la question aux municipales et qui, parions le, se fera encore plus discrète aux présidentielles. En fait, les questions internationales n’intéressent que (et encore !) les militants et électeurs bien dotés en capitaux culturels (en gros : diplômés), et la plupart des travailleurs se foutent royalement de la plupart des positions internationales du parti pour lequel ils votent. Je connais des électeurs très à droite, qui votent RN ou Reconquête, mais qui traitent Poutine de « salaud » quand il apparaît à la télé ou qui disent « il faudrait vraiment lui faire sauter une bombe dessus » ; je connais un maire PS puis macroniste puis re-PS/Place Publique qui estime que, je cite, « on a été peut-être un peu trop agressifs avec Poutine et il faudrait lui faire des concessions pour avoir la paix ». J’en ai acquis la conviction que, pour le peu que l’électeur de base s’intéresse aux questions internationales, celles-ci ne jouent qu’un rôle extrêmement mineur dans le choix de leur parti d’élection. Concrètement, la grande majorité des électeurs LFI des classes populaires ne savent peut-être même pas qu’il affiche une certaine complaisance avec les régimes autoritaires du Sud et s’en fichent complètement : ils votent pour LFI car il leur apparaît comme étant un parti résolument à gauche, portant une véritable politique sociale, s’étant opposé à tous les gouvernements macronistes et nettement antiraciste. Mettre LFI au ban sous prétexte de ses positions internationales ne peut qu’être incompréhensible aux yeux de la majorité de ses électeurs – ce ne sont pas ses positions internationales qui font que ses électeurs ont confiance en la direction LFI. Il découle de cela que nombre d’électeurs LFI n’auraient aucune intention de voter pour une liste non-LFI, fût-elle de « gauche », si la direction LFI ne met pas tout son poids en faveur d’un tel vote.
Il n’est pour autant pas question de tout laisser passer. La poussée menaçante de l’extrême-droite en France et en Europe, et donc la menace intérieure sur les libertés démocratiques et les droits sociaux, est intimement liée aux dynamiques internationales, et en particulier à la triade Trump-Poutine-Netanyahou qui finance et crédibilise non seulement l’extrême-droite électorale mais aussi une bonne partie des bandes néofascistes. En plus de cette ingérence, ils font peser une menace plus générale en portant la guerre aux quatre coins du monde (peu importe qu’ils se fassent la guerre entre eux ou aux autres) et en brandissant la bombe atomique à la moindre contrariété. (N.B. : la Chine a moins de responsabilité immédiate dans cette affaire, mais il ne s’agit pas de nier son rôle en tant que puissance impérialiste majeure)
Voilà ce que je propose : constituer dans chaque département et dans chaque localité un comité large de lutte contre l’extrême-droite et la guerre ! Ce comité devra combattre les idées de l’extrême-droite en intervenant systématiquement auprès des luttes sociales, en distribuant tracts et brochures, en organisant réunions publiques et conférences ainsi que des contre-manifestations larges et familiales à chaque manifestation de l’extrême-droite. Il ne peut s’agir d’un simple outil d’union de la gauche mais il doit s’adresser à tous les républicains sincères, honnêtement effrayés par la mobilisation croissante de l’extrême-droite nationale et internationale, par le risque de généralisation de la guerre et par le basculement d’une partie du « centre » dans la collusion avec l’extrême-droite. Il devra exercer spécifiquement une pression importante au moyen de pétitions, de manifestations, de courriers aux cadres et députés, etc sur les deux obstacles politiques à l’union que sont (1) la direction nationale de LFI et (2) l’aile droite du PS (Glucksmann inclus). Cette pression pour le « désarmement des haines » devra se faire de façon a-partisane, en particulier en limitant nos exigences électorales : le comité devra être un cadre facilitant les prises de contacts entre militants et cadres locaux de façon à faire baisser la tension par en-bas et à permettre l’établissement de listes ou candidatures unitaires là où c’est possible et nécessaire, surtout il devra garantir une campagne policée si l’union immédiate s’avère impossible et, à cette fin, il devra éviter de prendre collectivement parti s’il n’est pas parvenu à obtenir une candidature unique, mais devra redoubler sa pression sur les candidats pour une fusion au second tour. La plus grave erreur serait que le comité fasse le choix de ne porter ses coups que contre l’un seul des deux facteurs de division ; il devra flétrir toute attaque provenant de l’un ou l’autre et chercher à lisser au maximum les relations entre eux. Devenir une force dont les deux camps ne peuvent se passer, voilà ce qui nous permettra d’imposer la ligne de l’union antifasciste de l’extérieur.
Enfin, vous me permettrez de revenir sur vos revendications immédiates.
Déjà, vous mettez au cœur de celles-ci un appel à l’union électorale mais en disant « Ce que la situation exige, c’est un 12 février 1934 pour la défense de l’Etat de droit » ! Permettez moi de vous rappeler que le 12 février 1934 était une manifestation de masse qui n’a aucunement débouché sur des candidatures uniques systématiques de la part des partis de « gauche » : aux législatives de 1936 notamment, la quasi-totalité des circonscriptions ont vu s’affronter un candidat communiste, un candidat socialiste et un candidat radical au moins, et l’union derrière un candidat unique ne s’est faite qu’au second tour ! Qu’est-ce qui justifierait aujourd’hui l’écrasement de la diversité des gauches sous une candidature unique qui ne le justifiait pas en 1936 ?
Qu’en est-il de la situation à Vichy ? Que signifie, sous votre plume, l’ouverture de la liste de « gauche radicale » (LFI-PCF-NPA) ?
Par contre, de ce que je comprends, à Montluçon, il y aurait quatre listes + LO. Si la liste Laporte de droite l’emporte dès le premier tour, je vois mal ce que l’union de la gauche aurait changé ; peut-être une union de la gauche pourrait provoquer une explosion de la participation mais cela me semble franchement peu probable, à moins que vous ayez des éléments allant en ce sens ; et encore, il y a une liste centriste qui, si elle n’empêche pas Laporte d’être majoritaire, prendra des voix à gauche et se maintiendrait malgré l’union de la gauche…Donc l’union de la gauche dès le premier tour ne changerait rien à Montluçon. Quant au second tour, soit au moins une des deux listes fait 10 % et l’autre au moins 5 %, et alors elles pourront fusionner, donc on aura bien une candidature unique au second tour ; soit l’une des deux ne parvient pas à passer le seuil, auquel cas il y aura aussi, par la force des choses, une candidature unique de gauche au second tour. En l’état et sous réserve que les listes aient préparé dès maintenant un accord de fusion pour le second tour, il n’y a pas de risque évitable. A la rigueur, le seul risque possible serait qu’aucune des deux listes de gauche ne soit en mesure de passer le seuil de 10 % (ce qui justifierait une liste unique dès le premier tour) – et ça, je ne connais pas assez Montluçon pour le savoir.
Quant à Moulins… De ce que j’ai compris, il y aurait trois listes de droite, une d’extrême-droite et une de gauche avec Yannick Monnet, plus LO et un projet de liste LFI. Dans votre réponse, vous écrivez « J’estime que nous devrions (« nous » : les partisans du changement social au sens large) consacrer nos forces à [la victoire de la liste Monnet] » – ce que j’analyse, peut-être à tort, comme un appel à LFI à ne pas monter de liste concurrente à celle de Monnet. Comme vous ne relevez aucun élément de nature à expliquer qu’une telle liste nuirait à la capacité de la liste Monnet à franchir le seuil de 10 % (et cela paraît très improbable), j’en déduis que vous ne craignez pas tant le risque d’une élimination des listes de gauche dès le premier tour mais la simple présence de plusieurs options à gauche pour les électeurs. Je ne comprends pas pourquoi : la présence de cette seconde liste au premier tour, si elle n’empêche pas la première de se qualifier et tant que les deux listes ont un accord de fusion ou a minima de désistement au second tour, est parfaitement légitime. Je trouve d’ailleurs incompréhensible votre attitude de soutenir la liste Monnet : vous faites donc volontairement le choix de soutenir une liste qui fait explicitement le contraire de ce que vous préconisez, qui adopte une attitude frontalement anti-unitaire en excluant une composante (tout de même majoritaire à l’échelle nationale) de la gauche ! Et cela même sans adresser la moindre critique aux directions de gauche responsables de la situation, alors que, si ce que la lettre écrit est vrai, c’est extrêmement grave : au moment où LFI est accusée d’être un fourrier de guerre civile et de fascisme, Yannick Monnet se rallierait à la thèse réactionnaire et pour le moins complaisante avec la vague néofasciste du « ni-ni » !
Un appel à ne surtout pas se présenter contre une liste qui refuse explicitement la main tendue et qui met sur le même plan LFI et l’extrême-droite, un appel à « ouvrir » (est-ce à dire à dissoudre et à remettre la direction à quelqu’un qui ne soit pas de la gauche radicale ?) une autre liste, un appel à fusionner (on suppose « pas derrière LFI ») sans raison évidente dès le premier tour…Cet appel à l’union ressemble quand même énormément à un appel à LFI à fermer sa gueule ! Même quand LFI est unitaire et pas les autres, c’est à LFI de s’écraser…
Vous ne hurlez peut-être pas avec les loups, mais j’ai quand même l’impression que vous êtes prêt à mordre avec eux !
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Bonjour Goupil, j’en sais encore moins que vous sur Montluçon, mais pour ce qui est du poutinisme de la direction de LFI, il me semble parfaitement avéré quand on voit par exemple que Mélenchon n’hésite pas à reprendre le narratif le plus vulgaire de Poutine sur „Zélenski“ „président de rien“, les „referendums“ à mettre en place dans le Donbass, ou quand on regarde avec qui Chikirou est allée défiler le 9 mai et quel discours elle a tenu à cette occasion. L’article de Vincent sur les accointances POI/direction de LFI/masculinistes post-soviétiques me semble également assez éclairant sur le sujet : https://aplutsoc.org/2025/11/08/le-masculinisme-post-sovietique-nest-pas-un-internationalisme-vincent-presumey/
Je crois quant à moi qu’une partie significative des sympathisant.es LFI (et même des militant.es) sont gêné.es par leur direction et par le fonctionnement autoritaire de celle-ci, et que, par conséquent, combattre cette direction qui est un frein à tous les niveaux (y compris pour le développement de LFI) me semble salutaire à tout point de vue. Je crois que beaucoup savent faire le départ entre le programme social et environnemental portés par LFI et son couple dirigeant.
Pour le reste, vos questionnements me paraissent intéressants.
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De un, je suis désolé, mais les mots ont un sens. Je lis, sur Wikipédia, que le poutinisme est « un système social, politique et économique de la Russie formé sous la direction politique de l’homme d’état Vladimir Poutine, président de la Russie de 1999 à 2008 et depuis 2012, ainsi qu’une pensée politique inspirée de ses idées et de ses actions ». Il se caractériserait, entre autres, par un exercice populiste du pouvoir dans le cadre d’une démocratie illibérale, d’une « résistance conservatrice à la décadence occidentale » et d’un ultranationalisme mêlant panslavisme et eurasisme.
Or, Mélenchon n’est absolument pas un défenseur des valeurs traditionnelles contre le « progrès » (son mouvement est même plutôt très féministe et favorable aux droits LGBT), ni un ultranationaliste (même si l’extrême-gauche dénonce habituellement son nationalisme patriotard) encore moins eurasiste. Je ne sais pas s’il est panslaviste au sens fort. Et je crois que rien ne permet a priori d’estimer s’il fera preuve d’un autoritarisme débridé une fois au pouvoir.
Donc, non, rien ne permet de qualifier Mélenchon de « poutiniste ». Qu’il soit trop favorable à un alignement de la France sur les intérêts géopolitiques de la Russie, c’est une chose…mais de là à le décrire comme poutinien, ça frôle l’injure !
Auriez vous oser qualifier, dans les années 1930, des gens qui n’étaient pas encore convaincus d’une nécessité de résistance armée à l’Allemagne hitlérienne mais qui pensaient que céder aux intérêts géopolitiques allemands (la révision du Traité de Versailles) permettrait de saper la base sociale de l’hitlérisme, comme Léon Blum ou Paul Rivet, ou même comme un Paul Faure ou un Marceau Pivert, d’hitléristes eux-mêmes ? Si oui, alors vous avez raison de qualifier Mélenchon de poutiniste, mais je pense que vous commettez une faute politique… Si non, alors pourquoi vous permettez-vous de le faire avec Mélenchon ?
C’était pourtant un argument largement repris par la droite dans les années 20 que la SFIO, favorable à une révision des traités, était le « parti de l’Allemagne »…
Concernant l’article de Présumey, je trouve qu’il y a quand même un peu une technique de déshonneur par association – même si Vincent Présumey s’en défend en précisant « LFI n’est ni fasciste ni masculiniste » (sans parler d’une vision un peu complotiste qui voit la main du FSB dans tout et n’importe quoi, comme ces militants « zinzinsoumis » qui voient la main de la CIA partout !) ! Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a pas de problèmes avec la ligne internationale de LFI (d’ailleurs pas toute la ligne internationale car prendre contact et renforcer ses liens avec les DSA, ça c’est bien !) – car Dieu sait que c’est parfois à se taper la tête contre un mur quand on entend, par exemple, les propos de Chikirou sur le régime chinois ! Mais se limiter à cela revient à ne pas comprendre ce qui a généré ces erreurs et fautes internationales, en particulier deux points : l’absence de toute organisation internationale pour coordonner et centraliser la « gauche radicale » – absence dont sont responsables tous les acteurs de ladite gauche radicale depuis les années 1990 – et le désintérêt qui a toujours été massif mais qui l’est de plus en plus des militants et encore plus des adhérents pour les questions internationales (désintérêt aidé par la bureaucratisation de certaines organisations et la déstructuration populiste des autres).
Je suis pleinement d’accord qu’une partie significative des sympathisants et militants LFI est « gênée » (parfois plus que simplement gênée !) par la direction (au double sens) de leur parti. Quand à faire le départ entre le programme social et économique et le « couple dirigeant » (qui n’est tout de même pas le seul à poser problème là-dedans…), je n’en suis pas aussi certain : autant je sais que Chikirou concentre beaucoup d’hostilité, autant je pense que vous méconnaissez la capacité de Mélenchon à se rendre sympathique auprès de nombreux militants et sympathisants (en particulier auprès de ma génération, née dans les années 1990-2000). Même moi, je ne peux m’empêcher de ressentir des élans profonds de sympathie quand, lors des campagnes présidentielles, il se transforme en « Papi Mélenchon »… Je dirais même : non seulement sympathique mais aussi indispensable ! Car tous les militants savent que Mélenchon présente l’avantage indéniable d’être connu, alors que construire une dynamique électorale autour de candidats quasi-inconnus serait beaucoup plus difficile, surtout auprès des électeurs les plus éloignés de la pratique électorale !
Vous écrivez qu’il est salutaire de combattre cette direction à tous les niveaux. Mais dire cela, c’est ne rien dire. Cette direction on peut la combattre de l’extérieur de LFI et donc accepter de coaguler ses forces avec celles des autres critiques de LFI, c’est-à-dire avec la gauche bourgeoise et le bloc des extrême-droites et des droites extrémisées…ce qui ne peut que renforcer le complexe obsidional du mouvement, de sa direction mais aussi de ses militants et d’une partie de ses sympathisants. Dans le contexte actuel, où LFI devient l’ennemi public n°1, cette attitude me paraît proprement criminelle : notre défense de LFI doit être inconditionnelle ! Nos critiques doivent être présentées comme autant de moyens de renforcer LFI et non comme des moyens de l’abattre, et il faut faire attention au contexte dans lesquelles on les tient pour ne jamais laisser croire qu’on se solidariserait avec les attaques de la bourgeoisie contre elle. C’est l’attitude choisie par l’extrême-gauche (LO, RP, les deux NPA) et elle me paraît la plus juste.
L’autre solution est de combattre la direction de LFI depuis l’intérieur de LFI. C’est la plus difficile mais surtout la seule qui me paraisse valable en l’état. Vue la structuration antidémocratique de LFI, il serait politiquement suicidaire de prétendre affronter frontalement la direction – cela n’est possible qu’au sein d’une organisation démocratique. Notre tâche doit donc être de fabriquer de la démocratie à l’intérieur de LFI en utilisant d’une part les interstices laissés par l’organisation courante et d’autre part en mobilisant le mouvement à la base et dans ses tréfonds. On pourrait constituer des cercles démocratiques réunissant les militants de différents groupes d’appui d’une même ville, réunir des pétitions signées par une majorité de membres du mouvement, agir à l’échelle la plus locale pour éviter la confrontation directe avec la direction mais gagner quand même l’opinion d’une large majorité de la base ?
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J’ajouterai un point supplémentaire…Permettez-moi, en abusant de l’argument d’autorité, de paraphraser Trotsky dans la 8e section de « En quoi la politique actuelle du KPD est-elle erronée ? » : Il ne s’agit pas de ceux qui ont quitté LFI mais de ceux qui y restent ! Et de le citer textuellement, quoiqu’avec quelques amendements : « Quand on dit aux [militants LFI] : » Abandonnez vos chefs et rejoignez notre front unique en dehors de tout parti « , on ne fait qu’ajouter une phrase creuse à des milliers d’autres. Il faut savoir détacher les ouvriers de leurs chefs dans l’action. Et l’action maintenant, c’est la lutte contre le fascisme. Il ne fait aucun doute qu’il y a et qu’il y aura des [militants LFI] prêts à se battre contre le fascisme au coude à coude avec les [autres militants de gauche], et cela indépendamment et même contre la volonté [de la direction LFI]. Évidemment, il faut établir les liens les plus étroits possibles avec ces ouvriers d’avant-garde. Mais pour le moment, ils sont peu nombreux. [Le militant LFI] est éduqué dans un esprit d’organisation et de discipline. Cela a ses côtés forts et ses côtés faibles. La majorité écrasante des [militants LFI] veut se battre contre les fascistes mais, pour le moment encore, uniquement avec son organisation. Il est impossible de sauter cette étape. Nous devons aider les [militants LFI] à vérifier dans les faits – dans une situation nouvelle et exceptionnelle -, ce que valent leurs organisations et leurs chefs, quand il s’agit de la vie ou de la mort de la classe ouvrière. […] Enfin, il faut rapidement mettre au point un ensemble pratique de mesures, non dans le but de » démasquer » [LFI] mais dans le but de lutter effectivement contre le fascisme. » – ou, dans le titre d’une autre section : « Il faut imposer à LFI le bloc contre les fascistes ».
Toute politique qui ne comprend pas ça et ne part pas de cet état de fait (à savoir que les gens qui votent, sympathisent et militent à LFI ont, au moins partiellement, confiance en la direction de LFI) ne peut être que stérile. Et prétendre retourner les militants LFI contre leur direction est du même acabit que le « front unique à la base » des staliniens, c’est-à-dire une politique vouée à l’échec et à l’affaiblissement de tout le mouvement de lutte contre l’extrême-droite et pour la transformation sociale. Pardon d’être peut-être un peu mordant mais refuser de proposer la formation d’un bloc avec LFI, y compris avec sa direction, revient à jouer le rôle désorganisateur et réactionnaire des staliniens allemands des années 1930. On peut bien sûr se bercer d’illusion sur la « gêne » des sympathisants LFI, qui est réelle mais qui ne remet pas en cause le soutien qu’ils apportent à ce parti : la preuve du pudding c’est qu’on le mange comme disent les Anglais, la preuve que cette gêne n’est pas suffisante pour éroder fortement la confiance que des millions d’électeurs et des milliers de militants portent à LFI c’est que LFI est encore le mouvement qui recueille massivement plus de suffrages que toute autre formation de gauche aux élections nationales ! Si cette gêne était si forte ou si importante pour les militants qui la ressentent, si les électeurs LFI ne votaient que pour son programme et pas pour sa direction, alors pourquoi des formations qui partagent peu ou prou le même programme mais avec une direction différente (ou plus démocratique) comme l’Après, Picardie Debout ou le PCF sont-elles réduites à la portion congrue ? Pour prouver à la base LFI que c’est vers un autre parti qu’ils doivent se tourner, il faut que ce parti soit en mesure de prouver en pratique qu’il est plus efficace pour atteindre les mêmes objectifs centraux que LFI.
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Je ne suis en mesure, ayant été très occupé notamment au plan syndical cette semaine, de ne réagir aux (très longs) message de « Goupil » que maintenant.
D’emblée, un certain ton est donné : mon échange moulinois suscite en lui une « certaine gène » et il juge « vénéneux » ce que j’écris. Ce choix des mots, qui place d’emblée toute discussion sur le plan du soupçon et du procès, est problématique, il faudra y revenir.
J’ai qualifié de « quasi-poutiniens » certains secteurs de la direction de LFI, ce que Goupil, en quelques lignes, transforme en une caractérisation de tout LFI comme poutinien, ce qui n’est pourtant pas la même chose. Il entreprend alors de nous expliquer, avec de grandes longueurs, que ce tropisme n’est qu’une relative inconséquence dans les questions internationales. Ma caractérisation repose sur des points précis, notamment le soutien aux revendications de Poutine sur le gouvernement ukrainien (départ de Zelensky) et la défense de « référendums » dans les zones occupées de la Russie, d’une « paix » entérinant occupation et purification ethnique, positions qui ne sont pas systématiquement celles de tout LFI, mais de J.L. Mélenchon, Sophia Chikirou et du POI, secteur décisif aux sommets de LFI, et secteur qui tient sous son aile le petit groupe de la « Gauche post-soviétique », défenseur de l’intégrité impériale russe et pourfendeur des opposants « libéraux » et adversaires de l’unité dans la défense des libertés démocratiques en Russie. Ce sont ces positions concrètes, qui pèsent dans la lutte des classes, dont je parle ici et dans bien d’autres articles.
Goupil n’en dit rien dans son premier message, puis s’engage dans un développement sur ma prétendue « faute morale », rien que ça, qui aurait été la même si j’avais traité Léon Blum, tout du moins avant Munich, d’hitlérien dans les années 1930. Nous sommes là dans du grand n’importe quoi alimenté par une fausse érudition : le pacifisme SFIO des années 1930 n’avait rien d’une convergence de vues sur les revendications impérialistes de l’Allemagne hitlérienne. C’est d’une convergence analogue qu’il est question dans ma critique de certains secteurs quasi-poutiniens de la direction de LFI, aspect précis dont Goupil n’a en fait pratiquement rien dit.
Ce parallèle est également erroné en ce qu’il compare l’effective oppression de l’Allemagne par le carcan du traité de Versailles, et le prétendu encerclement de la Russie par l’OTAN, auquel croit Mélenchon et auquel semble manifestement croire aussi Goupil- tiens, voila un premier éclairage sur les positions effectives de Goupil !- mais poursuivons.
Lancé dans ce qu’il faut bien appeler un chapelet d’élucubrations comparatives avec les années trente du siècle dernier, Goupil veut faire du « Trotsky » en découvrant ensuite qu’avec LFI, je suis comme le KPD allemand proposant le front unique à la base, en fait pour diviser, à la social-démocratie ! La principale confusion, dans ce grande écheveau de confusions, est ici de prendre LFI pour un parti ouvrier traditionnel reposant sur de forts attachements organisationnels. LFI n’est le KPD, ni le SPD, ni le PCF, ni la SFIO, mais une formation fluctuante et fragile formée autour d’un Chef, de façon bonapartiste – je renvoie, pour éviter les longueurs, à ma « série » de l’été 2024 sur LFI.
Vient ensuite la proposition de monter un mécano : des comités « larges » ouverts aux « républicains sincères » (De Villepin ??), pour faire tomber les tensions entre chefs à gauche. Les seuls caractéristiques nettes de ce montage, c’est ce que Goupil précise qu’il ne serait pas. Il laisserait les larges masses tranquilles avec les sujets internationaux, dont, erreur complète mais qui pourrait s’expliquer par les préjugés, non des larges masses, mais des couches militantes, il nous explique qu’elles s’en contrefoutent. Et il ne viserait pas à une vraie mobilisation massive du type du 12 février 1934, ni, surtout pas semble-t-il, à des candidatures uniques.
Celles-ci condamnées au nom de la pluralité, ce qui est assez amusant puisque toute la démonstration de Goupil est au fond un prêche pour l’aplatissement devant la direction de LFI …
La vraie question n’est pas cette opposition abstraite unité/pluralité, mais si la division protège ou non le capital et la V° République et fait le jeu de l’union des droites dans telle situation donnée. C’est une évidence dans la situation française actuelle.
Je signale au passage qu’à Moulins, je suis un des principaux animateurs du Collectif laïque et républicain constitué contre les financements publics de « Murmures de la Cité », qui a regroupé de fait tout le monde de LO à Place publique avec tout ce qui est entre les deux.
Au final, j’ai bien l’impression que ces comités s’ils existaient seraient des clubs de soutien et d’accompagnement de LFI, que ma grande « faute morale », suscitant de la « gène », avec du « venin », et par laquelle je suis quand même un « loup » puisque je suis « prêt à mordre avec eux », n’est-ce pas, semble bien être que j’en combats la direction, et notamment ses secteurs quasi-poutiniens …
Je reviendrai ci-dessous sur les autres messages successifs de Goupil.
VP.
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Poursuivons.
A vrai dire, dans sa réaction à ce qu’a écrit Rémy sur certaines positions mélenchoniennes similaires à celles de Poutine à propos de l’Ukraine, Goupil ne rajoute pas grand chose aux développements précédents (si ce n’est, me concernant, qu’en plus d’être cause de gêne, venimeux et prêt à mordre avec les loups, je suis également complotiste).
Le parallèle fait entre LFI et KPD pourrait sembler fondé s’il portait sur la politique de division faisant le jeu du fascisme (donc aujourd’hui du fascisme cadré par Trump et Poutine !) de l’un et de l’autre, mais ne porte pas en fait là-dessus. Il implique, j’en ai déjà parlé, une comparaison erronée quant aux rapports du KPD (et aussi du SPD d’ailleurs) avec les masses, et ceux de LFI, prenant LFI pour un « parti ouvrier », qui plus est structuré organiquement de façon profonde, alors que le « mouvement » se veut et est « gazeux ». Concernant Trotsky, il zappe en outre le fait que jusqu’en mars 1933, Trotsky est pour le redressement de la Comintern, et c’est d’ailleurs sur la base de la faillite catastrophique du KPD qu’il change d’avis et préconise une IV° Internationale, et que cette position a des conséquences sur la manière dont il envisage le combat de front unique envers le KPD.
Ce que Goupil tente de nous conseiller n’est pas une politique de front unique, mais une politique traitant, pour prolonger ce parallèle biaisé, un peu comme LFI l’Opposition de gauche considérait la Comintern avant 1933. Il faut donc aller dans LFI et être prêts à toutes les concessions pour cela. D’ailleurs, le Chef a des qualités quand il fait son pépé qui raconte …
Tout ça pour ça, suis-je tenté de dire : toutes ces constructions laborieuses et longuissimes parce qu’en fait, c’est très gênant, assez venimeux, empreint de faute morale, prêt à mordre avec les loups et complotiste de ne pas être dans LFI quoi qu’il en coûte !
VP.
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