Empêcher une majorité RN à l’Assemblée !
Ce premier tour confirme que Macron a ouvert les vannes au score du RN, qui, grossi d’une partie de LR, atteint 12 millions de voix. Macron est totalement dévalué mais il est toujours président, et ses ci-devant partisans seront bien loin, quoi qu’il arrive, de leur « majorité » déjà relative de 2022.
Le score du RN est un danger pour la classe ouvrière, la jeunesse et les libertés. Le capital peut envisager la suite comme organisée autour du RN.
Au plan national, cela signifie que la tentative de restauration d’une V° République de plein exercice, qui a échoué sous Sarkozy puis sous Macron, serait tentée avec lui, ce qui pose le problème du devenir du président en exercice, Macron. Les libertés publiques, les services publics, le sort de la jeunesse, la situation des couches exploitées les plus fragiles comme les immigrés, seraient en première ligne.
Au plan international, une accession du RN au gouvernement français renforcerait immédiatement Poutine et le risque d’élection de Trump cet automne, avec des implications militaires directes en Ukraine. Si elle se combine à l’élection de Trump, elle conduira à la tentative d’instaurer en Europe, avec Poutine, un ordre réactionnaire impérialiste, qui ne mènera pas à « la paix », mais à la guerre, dans la zone que Poutine veut dominer, et entre Amérique et Chine.
Le point d’appui pour notre classe, pour les droits sociaux et les libertés, c’est le score du NFP. La perspective du combat à engager, c’est une majorité NFP à l’Assemblée, pour abroger les lois Macron contre les retraites, les droits sociaux, la jeunesse et les libertés, ce qui nécessite l’affirmation de sa souveraineté, contre le président et la V° République. Mais ne nous leurrons pas : le combat immédiat est défensif, il peut se transformer en offensive par cette victoire possible, mais difficile.
Le principal obstacle vient des directions, d’un Mélenchon notamment qui joue les premiers ministres NFP non mandaté ni choisi. Depuis le 9 juin nous avons dit : il nous faut des assemblées populaires, il nous faut des comités d’action. Là est la question. Ce serait à eux de décider des retraits de candidats et des désistements. En effet, la tactique de notre classe pour gagner peut parfaitement, en dehors de toute alliance politique, et doit, en toute conscience, comporter de nombreux retraits et désistements pour empêcher le RN d’être majoritaire ou d’être le pivot d’un gouvernement. Mais face à un Darmanin, à une E. Borne, et dans diverses situations locales ? La tactique de classe ne peut ici consister en une « consigne » identique partout donnée par des chefs, mais là, il nous manque les comités d’action, alors que, oui, il faut battre le danger principal. Telle est notre situation.
Dans la semaine qui vient, nous allons nous battre, avec acharnement, pied à pied, pour amplifier la vague sociale, démocratique et unitaire et la rendre plus forte que la vague du repli et du désespoir aigri.
Le 30-06-2024 à 23H.
Etant donné le ras-de-marée du RN au premier tour, la clé de la défaite électorale du RN au 2ème tour ne pourrait être que dans les désistements, même sans accord électoral, pas dans les votes. Le seul combat qui pourrait avoir un sens pour nous serait un combat pour un retrait sans condition du 3ème en cas de triangulaire, pas pour les votes à ce stade. Or le LFP a déjà annoncé qu’il pratiquerait de tels retraits, le problème n’est pas là. Reste à voir s’il le fera, mais a priori ce sera le cas en général. Mais empêcher la majorité absolue du RN ne serait possible qu’en cas de retraits des candidats non-LFP classés 3ème. Or ce retrait est dans les mains des états-majors de ces partis, et d’éventuels « comités d’action » et « assemblées populaires » (qui n’existent pas) s’ils existaient n’auraient aucun impact sur ces désistements, sinon peut-être en sens opposé. C’est semer des illusions de dire qu’on appelle à « se battre » sans se doter d’un moyen d’imposer ces désistements. Quel autre moyen que la grève générale pourrait-il y parvenir? Or celle-ci n’est en aucune manière à l’ordre du jour. Dire aujourd’hui qu’une victoire électorale du NFP au deuxième tour est possible est mensonger, C’est une fois de plus préparer des déceptions et découragements. Ne vaudrait-il pas mieux constater dès maintenant qu’il y aura une majorité absolue du RN dimanche prochain au soir et que la seule perspective qui ait un sens est de préparer les combats qui ne manqueront pas de suivre?
Alain
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Il est à craindre que les désistements pour empêcher que le RN n’obtienne la majorité absolue ne suffisent pas, par eux-mêmes, à obtenir ce résultat. Rien ne fonctionnera mécaniquement. Les désistements du NFP pour Borne ou Darmanin, pour ne citer que deux exemples, sont peu capables de susciter un grand enthousiasme. La campagne électorale n’est pas finie. Il faudra encore utiliser chacun des quelques jours qui nous restent à faire mûrir la conscience qu’avec le RN il ne s’agit pas d’un changement de gouvernement mais d’un basculement politique qui participe de la montée du post-fascisme en Europe. Une majorité absolue au RN c’est la porte ouverte aux visées expansionnistes de Poutine.
Cela est manifestement, pour le moment, assez éloigné de la compréhension des votants et des abstentionnistes. C’est pourquoi il faut se battre dés cette semaine, sur le plan électoral pour qu’un vote de classe contre le RN n’hésite pas à s’exprimer en utilisant les candidatures disponibles, quel que soit les sentiments qu’elles inspirent.
Empêcher le RN et les Ciottistes de parvenir à la majorité absolue le 7 juillet n’est ni illusoire ni mensonger.
Les illusions ne sont pas à chercher dans ce combat. Il n’est ni perdu ni absurde. C’est le seul combat qui prépare la résistance à tout éventuel gouvernement du RN. Ce combat part d’une réalité qui n’est pas celle de nos espérances, (celle où fleurissent les comités d’action). Mais la résistance des partis regroupés dans le NFP, celle exprimée par des syndicats sortis pour la première fois du dogme de la neutralité politique confondu avec l’indépendance, sont des réalités qui constituent des points d’appui.
Ceux qui voudront, sur les ruines des partis ouvriers, reconstruire une organisation politique démocratique de masse de la classe laborieuse et qui cherchent lanterne à la main du coté de Ruffin et d’autres bannis de LFI, une alternative, prendront aussi appui sur les syndicats qui ont appelé au vote NFP, brisant le tabou qui prétendait leur interdire l’action politique. Et qui ont engagé une marche vers la réunification syndicale.
La construction d’une organisation démocratique du travail adossée aux syndicats n’est pas à inventer. Elle appartient à l’histoire de la classe ouvrière anglaise, elle est l’avenir de la classe ouvrière américaine qui voudra disposer d’une représentation indépendante des partis de Trump et de Biden. En France la construction d’un parti démocratique appuyé sur la base syndicale serait un levier puissant pour résister à l’offensive des Lepenistes que ceux-ci soient ou non capables de former dés cet été, un gouvernement.
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