Premièrement, les mollahs iraniens n’en ont absolument rien à foutre des Palestiniens. Les motifs de leur attaque étaient en partie internes (donner une impression de force après le bombardement de leur consulat à Damas, qui n’est qu’un prétexte purement symbolique) et en partie externes, et là, c’est important : la distanciation croissante de Washington envers le gouvernement Netanyahou, avec une condamnation par avance de toute “seconde Nakba” achevant de se réaliser à Gaza, portait en elle le blocage de la destruction de Gaza. Par son opération, Téhéran permet à Tsahal de poursuivre. Il est essentiel que les “campistes” et les « BRICS+ » puissent compter en permanence sur ce qu’ils appellent « le génocide », c’est-à-dire la destruction de Gaza, pour mener leurs opérations ailleurs, manipuler des foules et des idiots utiles partout, il serait catastrophique pour eux que les Palestiniens arrêtent de se faire tuer.
Symbole de cette réalité : à ce que l’on sait à cette heure, la seule victime humaine au pronostic vital engagé est une petite fille bédouine.
Quand au Hezbollah et aux Houtis, ils ont poursuivi leur cirque habituel, sans plus. Ils n’en ont rien à foutre des Palestiniens, les cris du chœur des groupies hurlant « Stop au génocide » n’ont d’autre fonction réelle que de perpétuer le massacre des Palestiniens.
Deuxièmement, l’attaque iranienne massive a été presque totalement déjouée par la défense antiaérienne israélienne adossée à l’aide américaine, avec la collaboration jordanienne. Au plan militaire et technique, c’est, pour l’Iran, un fiasco (mais le vrai but politique : garantir que la destruction de Gaza puisse continuer pour pouvoir continuer à s’en servir, est sans doute atteint, hélas).
Cette défense efficace devrait conduire tout esprit libre à crier une question, adressée au Pentagone : POURQUOI L’UKRAINE EST-ELLE PRIVÉE DE SON “DÔME DE FER” ?
VP, le 14/04/2024.
« il serait catastrophique pour eux que les Palestiniens arrêtent de se faire tuer. »
Je lis souvent dans vos billets des propos contre des « campistes » minoritaires et souvent imaginaires.
En fait, une gauche « fantasmée » qui semblerait être votre « cible » de prédilection.
La plupart des anticolonialistes (pas des « campistes » imaginaires ou réels) sont favorables à un cessez-le-feu à Gaza et à une pais juste au Proche-Orient. Et également à une défaire de l’impérialisme russe. Et ils ne sont pas « antisémites » non plus.
Il savent aussi que la Syrie a massacré plus de personnes. Qu’il faut combattre ces dictatures, tout comme l’agression russe en Ukraine.
La notorité de la cause palestiniennes en Occident s’explique notamment par l’aide « inconditionnel » des pays occidentaux au gouvernement d’extrême droite israélien.
Ce qui est en jeu, c’est le miroir colonial occidental que représente l’agressivité (sur la longue durée) de l’État israélien. Et c’est cela qui fait défaut dans vos « analyses ». Le racisme post-colonial, Ce post-colonialisme est le vrai rapport profond à cet État, au delà même de la culpabilité vis à vis de la Shoah, sur laquelle joue les extrémistes israéliens.
Autre chose: ce qui s’est passé le 7 octobre, c’est un acte terroriste, un massacre horrible, mais employer le terme « pogrom » est encore une manière de projeter sur le Proche-Orient un imaginaire et une histoire européenne, desquels vous me semblez prisonnier.
Par ailleurs, Israël, il est bon de le rappeler, ne représente l’ensemble des juifs du monde entier. Une partie de ma famille juive a été massacrée dans les camps de concentration pendant la seconde guerre, mais je ne mélange pas les genres, cela ne fera pas de moi un soutien « inconditionnel » à ce système d’apartheid soutenu par l’Occident. Le devenir juif est divers, multi-culturel.
Associer Israël aux juifs (je ne dis pas que vous le faites) est une forme d’antisémitisme, comme tout essentialisme est le propre du racisme. Israël ne serait pas un « Etat juif » du reste, mais « judaïste », comme le mentionnait un cinéaste israélien, c’est à dire l’équivalent de l’islamisme pour les musulmans.
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Il y a comme une sorte de télescopage avec l’article sur la vieille « question de la transition » : A quel moment sommes-nous sortis du capitalisme pour replonger dans le féodalisme clericalo-guerrier ?
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Ce sujet télescope l’article sur la vieille « question de la transition » (un gimmick avec la transformation de la valeur en prix de production) : A quel moment le capitalisme a-t-il basculé dans le féodalisme cléricalo-strato-cratique ?
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