La violence du pouvoir.

La violence du pouvoir macronien n’a pas encore reçu la dénomination qui lui convient. Et cela fait partie du problème politique central.

Nous avons des camarades et amis « gauchistes » qui «détestent la police» et conchient la violence de ces nervis qui éborgnent dans les manifs, trouvant que les B.B. des grandes villes (notez que cela reste un truc de grandes villes auxquels le pays est loin de se réduire) peuvent se comprendre et séduire.

Nous avons des camarades et amis « syndicalistes responsables » qui subodorent les provocations (elles ne font aucun doute) et voient dans « les violences » des B.B. voire de G.J. « chaud s» des faits d’auxiliaires de police desservant le mouvement.

Nous avons d’ailleurs des camarades et amis qui, le matin, sont dans ce dernier état d’esprit mais qui, le soir, après avoir subi un nassage, ou regardé BFM, ou téléphoné à leurs enfants, sont le soir de l’état-d‘esprit précédemment signalé !

Sortons de cette dichotomie, en qualifiant ce que fait réellement le pouvoir macronien.

Posons-nous une question : pourquoi tant de blessés et si peu de morts même s’il y en a ? Est-ce parce que les flics sont quand même des pros tout en étant des brutes ? Non. Lallement, Castaner, Macron, ont la réponse.

Ils ont commandé des LBD en masse à une entreprise suisse, puis maintenant à une boite française. Qu’est-ce que le LBD ? Une arme sous-létale. Calculée pour faire souffrir en ne tuant pas (ou peu …).

Faire souffrir sans tuer s’appelle : torturer. Le terme peut paraître outré, mais il s’agit bien de faire mal au maximum sans tuer, pas dans une cave mais en direct dans la rue. Et quand les robocops entourent la manif nassée dans Paris avec fusils et boucliers, cela s’appelle : la terreur. Il s’agit bien de terroriser, d’intimider.

Macron et Castaner donnent des conseils au pouvoir chilien confronté à une crise révolutionnaire contre laquelle son armée fait ce qu’elle sait faire : tuer et violer. Comme cela ne marche plus et que des millions, et parmi eux les femmes en première ligne, affrontent cette engeance, il faut, pour préserver l’ordre capitaliste, militariste et patriarcal, des nervis chiliens capables – à cette étape – de faire mal sans tuer, dans la rue. Pour cela, la police française a une expérience, qui vient de loin – des colonies – mais a évolué dans le temps.

La « doctrine française du maintien de l’ordre » à la Castaner-Lallement correspond à ce moment précis. Au bonapartisme macronien, correspond cette pratique. Le LBD n’est pas un épiphénomène, il est la quintessence du macronisme.

Il faut qualifier la nuisance. Il ne s’agit pas « des flics » en soi, ni de provocations seulement. Il s’agit du pouvoir politique. Il s’agit de l’État. Il s’agit de ce que les Gilets jaunes ont appris et affronté. Il s’agit de ce qu’il faut DÉTRUIRE par l’organisation démocratique de la majorité : les comités de grève et les élections libres à tous les niveaux à la place de la V° République, la démocratie affrontant le capital, mettant fin, comme objectif démocratique de masse immédiat, à la torture de rue par les LBD.

Pour cela, qualifions – c’est une qualification, pas une simple injure – Macron, Castaner, Lallement, de pouvoir exécutif de la torture dans la rue par le LBD, par des méthodes qui sont celles, en plus basse intensité, des nervis Bassidjis du régime iranien. Dire cela n’est pas amalgamer fascisme et démocratie bourgeoise. C’est une caractérisation politique qui donne une direction, la même : celle de la grève générale déjà réalisée, à approfondir par les comités de grève élus, pouvoir démocratique de la majorité contre le pouvoir d’État du capital.

De même que le 5 décembre n’est pas qualifié, par les directions politiques et syndicales existantes, de grève générale, que la question du pouvoir posée dans la réalité est évitée, que l’enjeu « reconduction-temps fort » tend à être opposé à l’enjeu véritable de l’auto-organisation et de sa centralisation, de même la violence physique fondamentale de ce pouvoir n’est pas qualifiée. Il est vrai que la qualifier impliquerait par exemple, pour les manifs parisiennes, de refuser toute rencontre avec le préfet clownesque Lallement et l’équivoque ministre Castaner et d’appeler ouvertement à un parcours non autorisé avec autodéfense organisée ouvertement assumée !

Et pourquoi pas ? C’est comme tout ce qui précède : une question politique.

VP, le 07-12-2019.

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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Un commentaire pour La violence du pouvoir.

  1. Claude Ganne dit :

    Je ne suis pas choqué par le mot torture,.je le trouve cependant peu productif en sens politique : cette formulation ne s’inscrit pas dans une perspective globale. C’est pourquoi je préfère la formulation apprenti dictateur. Pour de multiples raisons ; la 1ere est que Macron, son gouvernement, ses ministres refusent catégoriquement de s’asseoir autours d’une table pour écouter les autres, les autres étant les délégués quelqu’ils soient, les porte paroles de celles et ceux qui manifestent, agissent, grèvent ! Forts d’une légitimité de plus en plus discutable, ils ne gouvernent pas avec les citoyens mais contre ! Au nom d’intérêts inavoués et soigneusement cachés : ça c’est la base même de toute dictature. Et comme ils se heurtent à une résistance de plus en plus grande et ouverte, ils utilisent tous les moyens du choc, qui incluent l’utilisation experte parce que mesurée (c’est là que la méthode est hyper fragile) de la terreur. Mais cette utilisation est « moderne ». C’est-à-dire qu’on pratique plus la mise en scène que la terreur elle même. Enfin la plupart du temps. Macron et ses sbires ont biberone le dogme neo-liberal et contre les G J’ ont appliqué ce dogme une répression « mesurée » et sa couverture médiatique à 3000% pour faire peur à la société et aussi aux actifs des mobilisations et en bons élèves de M Friedman and co, sur la lancée de ce choc ils espèrent faire passer leur réforme retraite qui aboutirait ((en cas de réussite) à la privatisation de la CNAV ( retraite par cotisations/répartition, sécu ) et à la marchandisation de la vieillesse. Au passage parler de méthode « française » exprimé un retard de compréhension, Macron et sa clique se tapent de la nation française, eux ils gèrent la portion de capitalisme existant sur ce territoire dont avec l’U E on ne connaît plus vraiment les bornes
    Apprenti dictateur parce que la résistance des G J’ durant plus que prévu ces messieurs ont dû appuyer sur la pédale violences policières ( LBD etc.)et garantir aux forces de répression une impunité totale et mettre en avant les BAC-eux, partie la plus fascisante de ces F de R ce qui constitue une base réelle pour la constitution d’une milice encore un peu contrôlable de type légion Condor pour ceux qui n’ont pas la mémoire courte
    D’ailleurs face à cette réalité cruelle de la lutte des classes (le bain de sang qui vient, bain de sang que les neo-liberaux prétendent éviter tout en conservant le contrôle) c’en ce moment une partie des classes possedantes qui exprime son inquiétude voire son refus que soit poursuivie la voie de la répression exclusive .
    On le sait historiquement, une partie des capitalistes peut hésiter devant le contenu de l’affrontement, mais historiquement toujours la partie dominante des capitalistes n’hésitera pas à faire couler le sang si besoin est, si sa domination sans partage est remise en cause et Macron se posera en dictateur possible, mais en dictateur neo-liberal, comptable des perspectives de faire des bénéfices sans fin au profit d’une toute petite minorité, expliquant que rien d’autre n’est possible.
    Reste à analyser les forces contestataires et les rapports de force entre elles. Je crois qu’on peut s’interroger sérieusement sur la fiabilité des forces « du dialogue », les directions syndicales bien plus prêtes à négocier qu’à ‘eriger des barricades, les partis de gauche toujours partants pour une compétition électorale qu’ils perdront comme d’habitude (le PS n’ayant plus désormais son pouvoir de tromperie), du coup le tour de piste institutionnel ( négociations et/ou élections)semble peu prometteur en retour à l’ordre …Les forces de l’alternative elles, sont éparpillées, encore trop discoureuses, pas vraiment insérées et du coup loin encore aujourd’hui de constituer un pola attractif tant sur le plan stratégique que sur les modalités tactiques. Cependant les G Je sont passés par là et ont – apporté la preuve que la mobilisation peut durer – que des actions de résistance/contestation sont possibles sans perdre du fric ou pire son emploi – un rejet global du système aujourd’hui en place,donc du capitalisme – apporté cette idée fondamentale qu’on doit pouvoir vivre dignement du travail qu’on fait. Cette idée est aujourd’hui majeure et elle est révolutionnaire, révolutionnaire parce que absolument intégrable par les bonimenteurs du capitalisme, révolutionnaire parce qu’inscrite dans la réalité de la société actuelle : cette idée contient le « du pain, la paix, la terre à ceux qui la travaille » de 1917 et elle contient aussi « tout le pouvoir aux soviets » de 1917, en ce sens qu’elle s’oppose directement à la marchandisation du travail, d’ailleurs la revendication maintenue du R I C, au delà de l’absence de contextualisation, exprimé bien la volonté de démocratie directe, des AG, des Ronds Points, etc. (qui ne s’oppose pas, mais est complémentaire), volonté qui s’est aussi exprimée pour et autour du 5/12 puisque la base a été l’acteur majeur de cette 1ere confrontation, le 5/12/2019 c’est l’anniversaire du 17/11/2018 avec cette différence encourageante que cette fois les petits malins du R N ont été éjectés des manifs et que leur opé de com a tourné court !
    Donc si nos forces ne sont pas encore en mesure de montrer la voie et d’y entraîner de larges masses, au moins les adversaires de notre camp sont affaiblis et l’auto organisation n’est plus un machin « sociologique » exotique, mais la forme de la bataille politique incontournable dans notre camp entre ceux qui veulent autre chose et qui ont des idées et des propositions concrètes à faire et ceux qui veulent bien un changement mais doucement doucement trop bien installés dans leur vie d’aujourd’hui.
    J’espère que ce long développement a montré que la formule « tortures » si alléchante qu’elle soit au regard de la rage née des violences policières, est insuffisante parce que je s’inscrivant dans aucun devenir envisagé, elle reste plantée dans l’instant présent et du coup à s’enterrer dans des considérations morales impropres a une compréhension dynamique.
    Claude Ganne le 07/12/2019

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