Ce que nous dit l’affiche de Ménard.

Alors que passe ce soir sur France 2 le terrible documentaire attestant du rôle structurant du viol et de la torture dans la bande armée qu’est l’Etat de Bachar el Assad, nous avons en France un buzz causé par le petit aventurier Robert Ménard, devenu maire de Bézier à la faveur de la décomposition des uns et des autres, dont on rappellera que, de retour de chez Bachar en 2014, il nous expliquait qu' » il y a une obligation à défendre un régime, certes critiquable, mais qui est le seul à pouvoir faire barrage à Daesh » (auquel El Assad a livré le tiers de la Syrie et qui a été depuis délogé de Rakka par des forces kurdes).

Robert Ménard faisait de la morale. Robert Ménard fait beaucoup de morale. Cet homme très moral a lancé, avec les deniers des contribuables biterrois, une campagne soi-disant destinée à réclamer un TGV pour desservir sa ville, en fait à faire parler de lui : car Robert Ménard n’est pas seulement moral, il a de l’humour. Et des références : l’une des affiches dénonce le « wagon plombé » avec une photographie de Lénine. Rappelons que le mythe du « wagon plombé » de Lénine traversant l’Allemagne (avec Martov et quelques autres), totalement imaginaire bien que des légions d’ahuris y croient encore, était le slogan de la grande théorie du complot de l’année 1917.

Le buzz est produit par une autre des affiches de la « campagne TGV » de Robert Ménard, aventurier, homme moral, humoriste et défenseur policé de Bachar el Assad le chef des violeurs. Sous les mots « Avec le TGV elle aurait moins souffert », nous avons une femme attachée sur une voie ferrée sur laquelle fonce une vieille loco à vapeur. Riez, c’est rigolo. Et sur fonds publics. Riez, on vous dit.

Robert Ménard, son épouse qui est mise en avant pour sa défense, et son petit cercle, s’époumonent à expliquer que c’est de l’humour façon « Charlie Hebdo ». Cabu et Wolinski ont été assassinés par les islamistes ce qui protège le pâle aventurer Ménard de leur foudre et plus encore de leurs dessins.

Cette affaire a deux dimensions. L’une, la toute petite, concerne le sieur Ménard, passons. L’autre invite à s’interroger sur la fonction de barbarisation que la mise en scène d’un meurtre, un meurtre de femme, sur fonds publics, avec invitation à rire de la victime présentée comme ridicule, constitue dans la situation sociale présente.  Mme Schiappa, du gouvernement, a saisi le préfet pour des procédures éventuelles. Ceci fait partie, comme de bien entendu, de la tactique de buzz de Ménard, pure expression soi-disant « antisystème » d’un système reposant sur l’exploitation, l’oppression et le refus de la dignité humaine. Que cette saloperie donne de la force pour le combattre réellement.

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