Le vote au parlement grec dans la nuit du 15 au 16 juillet 2015

1) Sur les 149 députés de Syriza, 110 ont voté Pour le plan de la honte, violant le mandat de leurs électeurs de janvier et le mandat populaire du 5 juillet, ainsi que la position prise par la majorité des membres de la direction de leur propre parti et de nombreux comités et instances de celui-ci, et illustrant ce principe de la démocratie parlementaire qui veut que l’élu échappe aux électeurs, soulignant ainsi le besoin de vraies assemblées avec des élus responsables et révocables, pour une vraie démocratie.

32 ont voté Contre (dont, et c’est important, finalement Y. Varoufakis, et la présidente du parlement Zoé Konstantopolou), 6 se sont abstenus et un n’est pas venu.

2) Comme prévu, les partis bourgeois européistes et le PASOK ont voté Pour : 76 voix de Nouvelle Démocratie, 17 voix de To Potami, 13 voix du PASOK. La « surprise » est venue du parti de droite souverainiste ANEL, dont la participation au gouvernement Tsipras au poste clef de la Défense a pu passer pour la preuve que son gouvernement, s’il n’était pas un gouvernement anticapitaliste, était un gouvernement de salut national : les « souverainistes », protecteurs des intérêts capitalistes nationaux (armateurs, colonels, popes ! ), bouclent la boucle en disant à leur tour Oui au plan mortifère de l’eurogroupe (13 voix). Fermez le ban.

3) Cela fait donc 229 voix Pour.

Le KKE (PC grec, qui avait appelé au vote nul le 5 juillet) a voté Contre (15 voix), ainsi que les néonazis d’Aube dorée (17 voix) qui espèrent bien tirer les marrons du feu.

Si on enlève ces derniers, les votes Contre des députés Syriza qui représentent leur base et la majorité de leur parti, contre les vrais casseurs de la discipline que sont Tsipras et les autres députés, ceux du KKE qui, bien qu’ayant une lourde responsabilité dans la dérive de la direction de Syriza qu’il a toujours souhaitée et anticipée, se retrouve via le réseau syndical PAME dans la rue avec les opposants qui ont voté Non le 5 juillet, ces votes rejoignent les forces sociales qui manifestaient hier soir : le syndicat du secteur public ADEDY qui appelle au non paiement de la prétendue « dette », Antarsya, les anarchistes, et au delà ils rejoignent l’écrasante majorité du peuple grec.

Un gouvernement démocratique, défendant réellement la souveraineté du pays en affrontant le capital européen et national et en appelant les autres peuples à la lutte commune,  serait un gouvernement de ces forces : lui, il serait majoritaire.

A propos aplutsoc

Arguments Pour la Lutte Sociale - Ce bulletin, ou circulaire, est rédigé par des militants pour qui le siècle commencé est gravement menacé par le capital, et pour qui la révolution prolétarienne, prise en main de leur destinée collective par les exploités et les opprimés eux-mêmes, est plus que jamais à l’ordre du jour. Il a pour but de fournir des arguments, des éléments politiques, des propositions d’action et matière à débat à toutes celles et tous ceux qui veulent ouvrir, en France et au niveau international, une issue politique aux luttes sociales qui ne cessent pas.
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