Ce vendredi 10 avril était organisé près de l’Assemblée nationale un rassemblement intersyndical à l’occasion de l’examen, qui a tourné court, de la mal nommée » proposition de loi visant à permettre aux salariés de certaines établissements et services de travaille le 1er mai « .
Après une première tentative des Républicains en janvier dernier qui a fait pschitt, c’est Gabriel Attal et le groupe Renaissance qui étaient à la manœuvre et qui, pour arriver à leur fin, ont usé à nouveau du même détournement de procédure parlementaire que lors du débat sur la loi Duplomb : faire voter une motion de rejet sur leur propre texte, ce qui a été fait avec 120 voix pour et 105 contre.
L’union des droites pour avoir le scalp du 1er Mai
Le but ? Que la loi s’applique dès le 1er Mai prochain et le plus largement possible : en effet, le projet de décret, soumis aux syndicats, va bien au-delà des seules boulangeries et fleuristes, soi-disant sous le coup d’une insécurité juridique alors que les artisans qui les possèdent peuvent déjà travailler ce jour-là, pour englober les commerces de bouche et la grande distribution.
Une provocation qui ne peut rester sans lendemain
Dépôt d’une motion de censure du groupe communiste à laquelle les autres groupes de gauche se rallient, signature d’une pétition et nouveau courrier intersyndical ce dimanche au Premier Ministre pour lui demander d’ajourner la Commission Mixte Paritaire, prévue mardi prochain, qui ouvrirait la voie à l’adoption rapide du texte, le Sénat lui étant favorable : face à cette levée de boucliers, Lecornu est obligé de temporiser et le Ministre du Travail doit réunir demain soir les syndicats afin de « travailler avec eux à un périmètre très précis des commerces concernés ».
Un peu d’audace d’ici là, Mesdames et Messieurs les dirigeant-es syndicaux ! Il ne manque plus qu’un appel à la grève pour le 1er mai prochain pour les obliger à retirer cette mesure d’autant que c’est le même ministre qui veut serrer la bride sur les arrêts maladie sur fond de propositions démagogiques du patronat lors de la négociation sur les CDD, qui a fort heureusement tourné court.
L’issue de cette bataille politico-sociale, qui montre que l’unité des forces qui représentent notre camp ne peut être négligée, sera scrutée de près.
LD, le 12 avril 2026.