Le 20 mars, 70 perquisitions policières dans des établissements médicaux à travers l’Ukraine ont été effectuées. La police affirme enquêter sur des détournements de fonds publics destinés aux soins des Ukrainiens dans le cadre du Programme de garanties médicales.

Selon les premières estimations des forces de l’ordre, les détournements de fonds portent sur des centaines de millions de hryvnias. Selon la police, des directeurs d’établissements médicaux, des chefs de service, des médecins, des comptables, des élus locaux et des représentants d’entreprises privées seraient impliqués.

De son côté, Oksana Slobodiana, présidente de Soyez comme nous sommes, a déclaré au sujet de cette action anti-corruption : « Si vous espérez toujours que les autorités ont soudainement commencé à lutter contre la corruption dans les hôpitaux, alors vous vous trompez, le but est la mise en faillite, la fermeture et la privatisation. »

Dans le syndicat, cet événement a provoqué des discussions. « Tout cela est fait pour détruire la médecine… Tout est fait pour privatiser la médecine… » a dit Oksana Olikh. « Chaque hôpital a besoin d’un audit. Peut-être qu’ils finiront par se rendre compte de la situation » selon Larissa. « Nous subissons ici les conséquences désastreuses de la prétendue réforme médicale… et des agissements du Service national de santé, qui contreviennent aux principes constitutionnels et aboutissent à la fermeture d’hôpitaux jugés inefficaces, au profit du secteur privé… Le Service national de santé est un fléau qui gangrène le système médical, détournant des fonds et révélant les dérives de certains hôpitaux… Le résultat est aujourd’hui déplorable : de nombreux hôpitaux ont été liquidés, des médecins licenciés partent travailler dans des hôpitaux privés ou à l’étranger, et certains quittent la profession médicale » accuse Nadezhda Olag.

Enfin, une autre infirmière s’est interrogée « ne faut-il pas une grève générale des soignants ? ». Une intention louable mais peu réaliste. Il apparait que les militantes du syndicat restent donc méfiantes ou défiantes sur les véritables objectifs de cette opération « mains propres » dans les hôpitaux.

Patrick Le Tréhondat, le 22 mars 2026.

Source : RESU / PLT