Les fusions de listes de gauche pour le second tour des municipales se sont largement imposées dans les villes ayant un second tour, soit la plupart des villes. C’est là un signe qui ne trompe pas : la pression unitaire est ultra majoritaire à la base.

Jusqu’à Tulle, chez François Hollande, qui a expliqué que ça ne contredit pas son oukaze contre les fusions, parce que Tulle, c’est Tulle ! Tu parles, Charles !

Des fascistes aux ci-devant macroniens le numéro grotesque de dénonciation des « alliances honteuses » ne peut rien devant la réalité, car c’est une réalité sociale, une réalité de classe, qui s’exprime dans les fusions ou désistements majoritaires.

On les dit « techniques », ils sont politiques au plus haut point !

Comme l’a dit Marianne Maximi, députée LFI de Clermont-Ferrand qui a opéré une « fusion technique » derrière le maire sortant Olivier Bianchi (PS), ce sont des « fusions démocratiques ».

La généralisation des fusions ou désistements acceptés modifie aussi les rapports de forces dans le PS, où Hollande et autres voulaient verrouiller contre toute unité à gauche.

Nous reviendrons vite sur ce qui se joue : le rebond de la lutte des classes, le 12 février 34 de 2026, la place des syndicats dont les directions nationales jouent le rôle de l’étouffoir, la question du 1° mai …

Deux villes attirent notamment l’attention par leur importance politique et par les éléments révélateurs, différents, qui s’y produisent : Marseille et Paris.

A Marseille, la lame de fond pour l’unité s’est largement dirigée contre Payan, qui avait a priori fermé sa liste avec des méthodes non démocratiques dites « marseillaises » mais qui sont celles du clientélisme bureaucratique. Ce qui ne donnait pas pour autant raison au risque que semblait faire courir LFI de favoriser la prise de la cité par le RN, ville clef française et méditerranéenne.

Finalement, Sébastien Delogu (11,94%) s’est retiré en faveur de Benoit Payan (36,69%). J.L. Mélenchon a présenté cet acte comme littéralement héroïque, désintéressé, d’une sagesse supérieure. Soyons sérieux : la perspective d’être éventuellement tenu pour responsable du RN au pouvoir à Marseille pouvait effrayer S. Delogu, qui aurait gardé éternellement cette casserole.

L’intérêt démocratique supérieur des classes populaires a prévalu. Comme dans bien d’autres villes et parfois dans l’autre sens comme à Limoges. Cela doit être salué.

A Paris, par contre, Sophia Chikirou (11,72%), tout en disant exiger une fusion comme condition à toute unité, après avoir ouvertement fixé comme objectif la perte de la mairie par le PS, s’est maintenue.

Paris n’est pas n’importe quelle municipalité. Paris a une histoire qui ne se résume pas au XVI° arrondissement où Nemesis s’est regroupé le 8 mars dernier, une histoire qui va de 1789 à 1792, à mai 68 et au 10 mai 1981. Suite au massacre des communards par les Versaillais, Paris n’a plus eu de mairie jusqu’en 1977. Le préfet, cette incarnation de l’Etat bonapartiste et régalien, tenait lieu de maire. En 1977, le retour à l’élection d’un maire de Paris a été calibré pour Jacques Chirac qui a conquis la mairie. Par la suite, la corruption et les trucages inaugurés sous son règne et aggravés sous Tibéri ont conduit à la conquête de la mairie par le PS. Un PS certes très pâle et intégré au régime, celui de Delanoë puis d’Hidalgo, par rapport auquel d’ailleurs Emmanuel Grégoire s’inscrit dans une relative coupure – impossible de faire autrement après le fiasco radical d’Hidalgo à la présidentielle de 2022 ! – et réalise l’unité de toute la gauche sauf LFI.

Bournazel a fusionné avec Dati sous la pression de l’Elysée et l’extrémiste de droite Knafo s’est retirée en sa faveur. Dati, personnage typique de la V° République par la corruption comme par sa violence et sa grossièreté, réalise derrière elle le front unique de la réaction, de Macron à Knaffo et Le Pen. Ce sont les Versaillais qui veulent Paris.

La mairie de Paris constitue donc un enjeu politique central. Sans aucune illusion sur Grégoire, son élection serait une victoire démocratique contre la V° République, contre Macron, contre l’union des droites. Une victoire qui couronnerait par exemple celle de LFI à Saint-Denis, mais bien entendu !

Le maintien de Chikirou, élément central de la politique de la direction de LFI, a fait des mots « front unique antifasciste » la couverture du soutien de fait à cette opération. Elle a d’ailleurs fait un score moindre que ceux de LFI au niveau des arrondissements. Si elle fait passer Dati, ce qui a à juste titre fait peur à Delogu sur Marseille aurait un écho national ! Qu’elle soit balayée par le vote du second tour sera une dimension nécessaire de la victoire indispensable contre la V° République, Macron et l’union des droites !

Partout, vote massif pour les listes unitaires !

Vote massif pour les candidats de gauche les mieux placés qu’ils soient LFI, PS ou autre !

Vote Payan à Marseille pour battre et chasser le RN !

Vote Grégoire à Paris pour battre Dati-Macron-Knaffo et pas une voix populaire pour Chikirou-la-division !