Fin mars, se tient à Porto Alegre (Brésil), une grande conférence internationale « antifasciste ». Nous mettons des guillemets car, sans contester l’engagement antifasciste de la plus grande partie des intervenants, il n’y pas aujourd’hui d’antifascisme possible si on ne s’oppose qu’à un seul « impérialisme », l’américain (et encore en ne nommant même pas Trump et en ne saisissant pas en quoi il est nouveau !), si on ne défend pas l’Ukraine, ni les peuples et les femmes d’Iran, ni les Ouïghours, si on ne nomme pas Poutine, etc. : tel est le cas des appels sur lesquels s’est construite cette conférence, dont la plus influente composante politique est de fait le PT brésilien et donc, à travers lui, l’actuel gouvernement brésilien.
Cependant, les hésitations du PT brésilien devant les brutales transformations de la situation internationale provoquées par Trump depuis le début de l’année (Nigéria, Venezuela, Groenland, Cuba, guerre en Iran et dans tout le Proche-Orient, fin de toute mesure économique à l’encontre de la Russie, etc.), d’une part, et le poids de courants internationalistes brésiliens et argentins conséquents sur place, ont conduit à l’invitation officielle, à cette conférence, des centrales syndicales ukrainiennes FPU et KVPU et du Sotsialnyi Rukh.
Ces éléments ont suscité une discussion dans le RESU/ENSU, le réseau de solidarité avec l’Ukraine armement compris, où se sont exprimées, en schématisant un peu, trois positions :
– une opposition catégorique, surtout en Belgique, fondée sur l’appréciation exacte du caractère campiste et donc nullement antifasciste, car soutenant des régimes qualifiables de fascistes, du cadre organisateur de la conférence ;
–une position « molle » majoritaire, qui provient notamment de la IV° Internationale (ex- « SU »), selon laquelle antifascisme et internationalisme aujourd’hui seraient forcément (surtout en Amérique latine …) plus ou moins « campistes » et qu’il faut faire œuvre de « pédagogie » en allant leur parler de l’Ukraine et en préservant des cadres organisationnels communs malgré tout ;
–et la position sans doute sous-entendue pour beaucoup : 1) le cadre même de cette conférence est tout à fait trompeur en effet, 2) mais l’expérience est à faire que des camarades, ukrainiens et syndicalistes notamment, s’y rendent, pour, 3) faire un bilan précis.
Pour nous, ce bilan sera d’autant plus nécessaire qu’il est temps et grand temps de ne plus faire l’impasse sur la nécessité d’un réel internationalisme antifasciste qui ne sera pas la fausse résurrection de l’altermondialisme du début de ce siècle, mais dans lequel le réseau de soutien à l’Ukraine, les mouvements de masse contre Trump aux Etats-Unis, Femmes, Vie, Liberté en Iran … doivent être des pôles de référence : non pas des adjuvants à de grandes messes mêlant nostalgie « alter » et campisme, mais le cœur dynamique de l’internationalisme et de l’antifascisme réels.
Assumons nous pour ce que nous sommes afin de l’être pleinement !
La discussion sur ces questions s’impose, car au delà de cette conférence il y a la question de l’organisation internationaliste nécessaire aujourd’hui, qui doit notamment partir du fait que Trump et Poutine veulent imposer l’extrême droite en Europe, et contre-attaquer : pas d’antifascisme en dehors de ça !
Nous publions ci-dessous le très intéressant, mais comportant matière à discussion, texte de présentation adressé par le MES brésilien au RESU/ENSU pour présenter cette conférence qui se tiendra les 26-29 mars. Le MES, Movimiento Esquerra Socialist (Mouvement de la Gauche Socialiste), est un courant important à l’intérieur du PSOL (Parti du Socialisme et de la Liberté), « petit parti de masse » (plus de 200 000 membres) sur la gauche du PT, et c’est un courant pro-ukrainien. Voici cette présentation dont nous rajoutons, dans le forum, les versions castillanne, anglaise et ukrainienne :
À propos de la Conférence antifasciste de Porto Alegre
Note du MES (Brésil)
La Ière Conférence internationale antifasciste, qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Porto Alegre (RS – Brésil), est née comme un acte politique urgent de résistance collective face à la montée mondiale de l’extrême droite et à l’escalade autoritaire qui menace les droits et la démocratie. Organisée par des forces antifascistes, la conférence s’ouvrira par un grand rassemblement dans la rue et comprendra divers panels thématiques construits de manière plurielle et participative, ainsi que des activités autogérées qui donnent aux mouvements sociaux, à la jeunesse et aux militants populaires les moyens de construire des alternatives concrètes de solidarité internationale et de lutte contre le fascisme.
La conférence est organisée à l’initiative du MES-PSOL en alliance avec le Parti des travailleurs (PT) et le Parti communiste (PCdoB) de Porto Alegre, alliance qui s’est étendue aux mouvements sociaux (tels que le Mouvement des sans-terre – MST) et divers syndicats nationaux de travailleurs, tels que les syndicats des travailleurs de l’éducation, des métroviarios et d’autres catégories plus organisées au Brésil.
Le PT est le parti de Lula, l’actuel président du Brésil. Au niveau international, il est lié au Forum de São Paulo, à l’Internationale progressiste et à des organismes similaires. C’est le plus grand parti du pays en termes de nombre d’adhérents et le deuxième plus grand groupe parlementaire à la Chambre des députés. Au sein du mouvement syndical, il dirige la CUT (la plus grande fédération syndicale du pays). Le gouvernement Lula reste en coalition avec d’autres partis de gauche, mais aussi avec des secteurs de la droite traditionnelle. La position de Lula sur l’Ukraine est assez centriste, critiquant la guerre de manière abstraite et défendant la paix immédiate (même avec des annexions de territoire ukrainien).
Le PCdoB est le plus grand parti dit « communiste » du pays, mais il connaît un grand déclin ces dernières années, perdant des parlementaires et de l’influence politique. Il dirige la fédération syndicale CTB. Ses positions sont les plus radicales au sein de la Conférence, étant directement liées à l’Internationale antifasciste impulsée par le gouvernement vénézuélien et défendant ouvertement des positions pro-Poutine.
Au sein du PSOL, le MES est la tendance la plus importante en termes de nombre de militants et la deuxième en termes de nombre d’adhérents. Nous avons deux députées fédérales, quatre députés d’État et plusieurs conseillers municipaux dans toutes les régions du pays, ce qui en fait l’une des plus grandes organisations de gauche parmi les jeunes et dans le mouvement syndical de l’éducation. Dans l’État brésilien du Rio Grande do Sul, dont Porto Alegre est la capitale, nous sommes la force la plus importante du PSOL et dirigeons le PSOL local, ainsi que les syndicats des métroviers, des travailleurs de la santé et des fonctionnaires de la ville de Porto Alegre. Au niveau national, nous avons majoritairement construit la Conlutas, une fédération qui se déclare ouvertement pro-Ukraine.
Le comité organisateur de la Conférence antifasciste a décidé que l’invitation serait ouverte à toutes les organisations et groupes qui se revendiquent antifascistes dans un large spectre, et que toutes les positions présentes dans ce domaine auraient la possibilité d’intervenir et de débattre, ainsi que d’organiser des ateliers et d’autres activités, garantissant ainsi la participation et le respect mutuel entre tous les camarades présents à Porto Alegre.
L’alliance pour la construction de la Conférence part de la nécessité de la lutte anti-impérialiste engagée depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement Trump, qui a déclenché la guerre tarifaire en 2025 et qui, cette année, a déjà kidnappé le président Maduro du Venezuela, étendu le blocus contre Cuba et, ces derniers jours, lancé des attaques sans précédent contre l’Iran. Dans ce contexte, l’unité avec les secteurs « campistes » devient nécessaire, en particulier en Amérique latine, mais sans reculer sur nos positions internationalistes : l’une des principales tâches est de soutenir la résistance ukrainienne face à l’agression de la Russie de Poutine.
Cette tâche de construction — dans laquelle nous, le MES, sommes la principale force motrice — est délicate, car elle combine la nécessaire unité avec les campistes et la lutte tout aussi nécessaire contre d’autres impérialismes que celui des États-Unis, comme l’impérialisme russe. L’unité contre l’impérialisme américain sera le thème central de la conférence, avec la participation de représentants cubains, vénézuéliens et autres, mais cette unité n’empêchera pas l’affirmation de la solidarité avec d’autres peuples en résistance dans le monde, comme par exemple les Ukrainiens, les dissidents russes et chinois, entre autres. La libre participation des délégués ukrainiens à toutes les séances plénières est donc assurée.
Étant donné qu’elle est organisée dans cet esprit démocratique, nous considérons la conférence comme une excellente occasion de diffuser auprès du public latino-américain des informations sur la résistance légitime ukrainienne, et en particulier sur la situation actuelle des luttes de la classe ouvrière ukrainienne. Malheureusement, en Amérique latine, les secteurs campistes sont très puissants et ont diffusé de nombreux mensonges et désinformations sur l’agression russe, c’est pourquoi tous les efforts visant à informer et à débattre d’une position internationaliste sur l’Ukraine sont essentiels.
C’est pourquoi la participation de syndicalistes ukrainiens à une activité autogérée sur la situation ukrainienne sera très importante pour diffuser ces informations, en particulier auprès des syndicalistes brésiliens et latino-américains qui connaissent mal la situation. Il est également important de souligner que les années de guerre ont rendu encore plus évident le caractère d’extrême droite du gouvernement de Poutine et que, si auparavant la position pro-russe était beaucoup plus répandue, aujourd’hui les partisans cachent davantage leur soutien ouvert à Poutine et finissent par défendre une « paix abstraite », qui ne soutient pas la résistance ukrainienne, mais ne soutient pas non plus aussi ouvertement la politique de Poutine.
La conférence accueillera également d’importantes délégations en faveur de la résistance ukrainienne. La délégation argentine (deuxième plus grande délégation nationale à la Conférence) soutient dans sa grande majorité la résistance ukrainienne, tout comme d’importantes délégations de pays tels que le Mexique, Porto Rico et des pays d’Europe occidentale. En d’autres termes, ce seront des journées de débat entre différentes positions, au cours desquelles les participants ne seront pas totalement majoritaires et où il y aura un important pôle de défense de l’Ukraine.
Nous avons déjà plus de 140 ateliers inscrits. Parmi eux, environ 30 sont des activités internationales et, parmi celles-ci, plus de 20 seront organisées par des secteurs extérieurs au campement, tels que le CADTM, ATTAC, le Réseau écosocialiste et des secteurs de la dissidence vénézuélienne. Parmi ces ateliers, il y aura celui promu par l’ENSU « Le peuple ukrainien et sa classe ouvrière face à la guerre d’agression russe de Poutine ». Il y aura également un autre atelier distinct avec des opposants russes de gauche. Du côté du campisme, il y aura moins de 10 ateliers, dont un seul (celui de l’Internationale antifasciste) aura un caractère essentiellement pro-Poutine.
Nous réitérons notre invitation à nos camarades ukrainiens à venir à Porto Alegre pour nous soutenir dans le débat et la diffusion d’informations sur la résistance ukrainienne et la lutte organisée de la classe ouvrière de ce pays. Rendez-vous à Porto Alegre !
Sobre la Conferencia Antifascista de Porto Alegre
Nota del MES (Brasil)
La I Conferencia Internacional Antifascista, que se reunirá del 26 al 29 de marzo de 2026 en Porto Alegre (RS – Brasil), nace como un acto político urgente de resistencia colectiva frente al avance global de la extrema derecha y la escalada autoritaria que amenaza los derechos y la democracia. Organizada por fuerzas antifascistas, la conferencia será inaugurada con un gran acto en la calle y contará con diversos paneles temáticos construidos de forma plural y participativa, además de actividades autogestionadas que empoderan a los movimientos sociales, la juventud y la militancia popular en la construcción de alternativas concretas de solidaridad internacional y de combate al fascismo.
La Conferencia se organiza a partir de la iniciativa del MES-PSOL en alianza con el Partido de los Trabajadores (PT) y el Partido Comunista (PCdoB) de Porto Alegre, alianza que se amplió hacia movimientos sociales (como el Movimiento Sin Tierra – MST) y diversos sindicatos nacionales de trabajadores, como sindicatos de trabajadores de la educación, de metroviarios y otras categorías más organizadas en Brasil.
El PT es el partido de Lula, actual presidente de Brasil. Internacionalmente está vinculado al Foro de São Paulo, a la Internacional Progresista y a organismos similares. Es el mayor partido en número de afiliados del país y la segunda mayor bancada en la Cámara de Diputados. En el movimiento sindical dirige la CUT (la mayor federación sindical del país). El gobierno de Lula se mantiene en coalición con otros partidos de izquierda, pero también con sectores de la derecha tradicional. La posición de Lula sobre Ucrania es bastante centrista, criticando la guerra de forma abstracta y defendiendo la paz inmediata (incluso con anexiones de territorio ucraniano).
El PCdoB es el mayor partido denominado “comunista” del país, pero enfrenta una gran decadencia en los últimos años, perdiendo parlamentarios e influencia política. Dirige la federación sindical CTB. Sus posiciones son las más campistas dentro de la Conferencia, estando directamente vinculados a la Internacional Antifascista impulsada por el gobierno de Venezuela y defendiendo abiertamente posiciones pro-Putin.
En el PSOL, el MES es la mayor tendencia organizada internamente en número de militantes y la segunda mayor en número de afiliados. Tenemos 2 diputadas federales, 4 diputados estaduales y diversos concejales en todas las regiones del país, siendo una de las mayores organizaciones de izquierda en la juventud y en el movimiento sindical de la educación. En Rio Grande do Sul, estado brasileño del cual Porto Alegre es la capital, somos la mayor fuerza del PSOL y dirigimos el PSOL local, así como los sindicatos de metroviarios, de trabajadores de la salud y de servidores públicos de la ciudad de Porto Alegre. En el campo sindical nacional, construimos mayoritariamente la Conlutas, federación que se declara abiertamente pro-Ucrania.
En el comité organizador de la Conferencia Antifascista se definió que la invitación estaría abierta a todas las organizaciones y grupos que se reivindican antifascistas dentro de un amplio espectro, y que todas las posiciones presentes en ese campo tendrían espacio para intervenir y debatir, así como para la realización de talleres y otras actividades, garantizando por lo tanto la participación y el respeto mutuo entre todos los camaradas que estén presentes en Porto Alegre.
La alianza para la construcción de la Conferencia parte de la necesidad de la lucha antiimperialista planteada a partir del nuevo gobierno Trump, que inició la guerra arancelaria en 2025 y en el año actual ya secuestró al presidente Maduro de Venezuela, amplió el bloqueo a Cuba y en los últimos días inició ataques sin precedentes contra Irán. En este contexto, la unidad con sectores “campistas” se vuelve necesaria, especialmente en América Latina, pero sin retroceder en nuestras posiciones internacionalistas: una de las principales tareas es el apoyo a la resistencia ucraniana frente a la agresión de la Rusia de Putin.
Esta tarea de construcción —en la cual nosotros, del MES, somos la principal fuerza impulsora— es delicada, porque combina la necesaria unidad con los campistas con el también necesario combate contra otros imperialismos además de Estados Unidos, como el imperialismo ruso. La unidad contra el imperialismo estadounidense será el eje central de la Conferencia, incluyendo la participación de representantes cubanos, venezolanos y similares, pero dicha unidad no impedirá la afirmación de la solidaridad con otros pueblos en resistencia en el mundo, como el ejemplo de los ucranianos, los disidentes rusos y chinos, entre otros casos. Por tanto, está asegurada la libre participación de los delegados ucranianos en cualquiera de las sesiones plenarias.
Al estar siendo construida con este espíritu democrático, vemos la Conferencia como una gran oportunidad para ampliar la información sobre la legítima resistencia ucraniana, y especialmente sobre la situación actual de las luchas de la clase trabajadora ucraniana, ante el público latinoamericano. Lamentablemente, en América Latina los sectores campistas tienen mucha fuerza y han difundido muchas mentiras y desinformación sobre la agresión rusa, por lo que todos los esfuerzos para informar y debatir una posición internacionalista sobre Ucrania son centrales.
Por eso, la participación de sindicalistas ucranianos en una actividad autogestionada sobre la situación ucraniana será muy importante para ampliar esta información, especialmente entre sindicalistas brasileños y latinoamericanos que conocen poco la situación. También es importante señalar que los años de guerra han dejado aún más evidente el carácter de extrema derecha del gobierno de Putin y, si antes la posición prorrusa estaba mucho más difundida, ahora los campistas ocultan más su apoyo abierto a Putin y terminan defendiendo una “paz abstracta”, que no apoya la resistencia ucraniana, pero tampoco respalda tan abiertamente la política de Putin.
En la Conferencia también tendremos grandes delegaciones en defensa de la resistencia ucraniana. La delegación argentina (segunda mayor delegación nacional en la Conferencia) en su gran mayoría apoya la resistencia ucraniana, así como delegaciones significativas de países como México, Puerto Rico y de países de Europa Occidental. Es decir, serán días de debate entre diversas posiciones en los que los campistas no serán totalmente mayoritarios y habrá un importante polo de defensa de Ucrania.
Ya tenemos más de 140 actividades de talleres (workshop) inscritas. Entre ellas, alrededor de 30 son actividades internacionales y, de estas, más de 20 serán organizadas por sectores fuera del campismo como el CADTM, ATTAC, la Red Ecosocialista, sectores de la disidencia venezolana. Entre estos talleres habrá el taller promovido por ENSU «El pueblo ucraniano y su clase trabajadora frente a la guerra de agresión rusa de Putin». También habrá otro taller diferenciado con opositores rusos de izquierda. Por parte del campismo habrá menos de 10 talleres, entre los cuales solamente uno (de la llamada Internacional Antifascista) tendrá un carácter esencialmente pro-Putin.
Reafirmamos nuestra invitación a los compañeros ucranianos para que estén en Porto Alegre y nos apoyen en el debate y la difusión de más información sobre la resistencia ucraniana y la lucha organizada de la clase trabajadora de ese país. Vamos a Porto Alegre!
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About the Anti-Fascist Conference in Porto Alegre
Note from MES (Brazil)
The First International Anti-Fascist Conference, which will be held from 26 to 29 March 2026 in Porto Alegre (RS – Brazil), was conceived as an urgent political act of collective resistance against the global advance of the far right and the authoritarian escalation that threatens rights and democracy. Organised by anti-fascist forces, the conference will open with a large street demonstration and will feature a variety of thematic panels constructed in pluralistic and participatory fashion, as well as self-managed activities that empower social movements, youth and popular activism in the construction of concrete alternatives for international solidarity and for the fight against fascism.
The conference is organised on the initiative of the MES-PSOL in alliance with the Workers’ Party (PT) and the Communist Party (PCdoB) of Porto Alegre, an alliance that has been extended to social movements (such as the Landless Movement – MST) and various national workers’ unions, such as education workers’ unions, metro workers’ unions and other more organised categories in Brazil.
The PT is the party of Lula, the current president of Brazil. Internationally, it is linked to the São Paulo Forum, the Progressive International and similar organisations. It is the largest party in terms of membership in the country and the second largest bloc in the Chamber of Deputies. In the trade union movement, it leads the CUT (the largest trade union federation in the country). Lula’s government remains in coalition with other left-wing parties, but also with sectors of the traditional right. Lula’s position on Ukraine is fairly centrist, criticising the war in abstract terms and advocating immediate peace (even with annexations of Ukrainian territory).
The PCdoB is the largest so-called ‘communist’ party in the country, but it has faced a major decline in recent years, losing parliamentarians and political influence. It leads the CTB trade union federation. Its positions are the most militant within the Conference, being directly linked to the Anti-Fascist International promoted by the Venezuelan government and openly defending pro-Putin positions.
In the PSOL, the MES is the largest internally organised tendency in terms of number of members and the second largest in terms of number of affiliates. We have two federal deputies, four state deputies and several councillors in all regions of the country, and we are one of the largest left-wing organisations among young people and in the education trade union movement. In Rio Grande do Sul, the Brazilian state of which Porto Alegre is the capital, we are the largest force in the PSOL and lead the local PSOL, as well as the metro workers’, health workers’ and public servants’ unions in the city of Porto Alegre. In the national trade union field, we are the majority force in Conlutas, a federation that openly declares itself pro-Ukraine.
The organising committee of the Anti-Fascist Conference decided that the invitation would be open to all organisations and groups that claim to be anti-fascist within a broad spectrum, and that all positions present in this field would have space to intervene and debate, as well as to hold workshops and other activities, thus guaranteeing participation and mutual respect among all comrades present in Porto Alegre.
The alliance for the construction of the Conference stems from the need for anti-imperialist struggle in the face of the new Trump administration, which started the tariff war in 2025 and this year has already kidnapped President Maduro of Venezuela, expanded the blockade of Cuba and in recent days launched unprecedented attacks against Iran. In this context, unity with ‘campist’ sectors becomes necessary, especially in Latin America, but without retreating from our internationalist positions: one of the main tasks is to support the Ukrainian resistance against Putin’s Russia.
This task of building unity—in which we, the MES, are the main driving force—is delicate, because it combines the necessary unity with the campistas with the equally necessary fight against other imperialisms besides the United States, such as Russian imperialism. Unity against US imperialism will be the central theme of the Conference, including the participation of Cuban, Venezuelan and similar representatives, but this unity will not prevent the affirmation of solidarity with other peoples in resistance around the world, such as the Ukrainians, Russian and Chinese dissidents, among other cases. Therefore, the free participation of Ukrainian delegates in any of the plenary sessions is guaranteed.
As it is being organised in this democratic spirit, we see the conference as a great opportunity to raise awareness among the Latin American public about the legitimate Ukrainian resistance, and especially about the current situation of the struggles of the Ukrainian working class. Unfortunately, in Latin America, the pro-Russian sectors are very powerful and have spread many lies and misinformation about Russian aggression, which is why all efforts to inform and debate an internationalist position on Ukraine are crucial.
Therefore, the participation of Ukrainian trade unionists in a self-organised activity on the Ukrainian situation will be very important in spreading this information, especially among Brazilian and Latin American trade unionists who know little about the situation. It is also important to note that the years of war have made the extreme right-wing nature of Putin’s government even more evident, and while the pro-Russian position was much more widespread before, now the campists are more secretive about their open support for Putin and end up defending an ‘abstract peace’ that does not support the Ukrainian resistance, but also does not openly endorse Putin’s policy.
At the Conference, we will also have large delegations in defence of the Ukrainian resistance. The Argentine delegation (the second largest national delegation at the Conference) overwhelmingly supports the Ukrainian resistance, as do significant delegations from countries such as Mexico, Puerto Rico and Western European countries. In other words, there will be days of debate between different positions in which the campists will not be in the majority and there will be a significant pole of support for Ukraine.
We already have more than 140 workshop activities registered. Among them, around 30 are international activities and, of these, more than 20 will be organised by sectors outside the camp, such as CADTM, ATTAC, the Ecosocialist Network and sectors of the Venezuelan dissidence. Among these workshops will be the one promoted by ENSU, ‘The Ukrainian people and their working class in the face of Putin’s Russian war of aggression.’ There will also be another separate workshop with Russian left-wing opponents. On the campist side, there will be fewer than 10 workshops, among which only one (from the so-called Antifascist International) will be essentially pro-Putin.
We reaffirm our invitation to our Ukrainian comrades to come to Porto Alegre and support us in the debate and dissemination of more information about the Ukrainian resistance and the organised struggle of the working class in that country. Let’s go to Porto Alegre!
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Про антифашистську конференцію в Порту-Алегрі
Заява MES (Бразилія)
Перша Міжнародна антифашистська конференція, яка відбудеться з 26 по 29 березня 2026 року в Порту-Алегрі (штат Ріо-Гранде-до-Сул, Бразилія), зародилася як нагальний політичний акт колективного опору глобальному поширенню крайніх правих сил та ескалації авторитаризму, що загрожує правам і демократії. Організована антифашистськими силами, конференція розпочнеться великим заходом на вулиці і включатиме в себе різні тематичні панелі, побудовані на принципах плюралізму та участі, а також самокеровані заходи, що надають повноваження соціальним рухам, молоді та народним активістам у побудові конкретних альтернатив міжнародної солідарності та боротьби з фашизмом.
Конференція організована за ініціативою MES-PSOL у співпраці з Партією робітників (PT) та Комуністичною партією (PCdoB) Порту-Алегрі, альянс, який розширився до соціальних рухів (таких як Рух безземельних – MST) та різних національних профспілок працівників, таких як профспілки працівників освіти, метрополітену та інших найбільш організованих категорій в Бразилії.
PT є партією Лули, нинішнього президента Бразилії. На міжнародному рівні вона пов’язана з Форумом Сан-Паулу, Прогресивною інтернаціоналою та подібними організаціями. Це найбільша партія за кількістю членів у країні та друга за чисельністю фракція в Палаті депутатів. У профспілковому русі вона очолює CUT (найбільшу профспілкову федерацію країни). Уряд Лули підтримує коаліцію з іншими лівими партіями, але також і з секторами традиційної правої партії. Позиція Лули щодо України є досить центристською: він критикує війну в абстрактній формі і виступає за негайне встановлення миру (навіть за умови анексії української території).
PCdoB є найбільшою партією, що називає себе «комуністичною», в країні, але в останні роки вона зазнає значного занепаду, втрачаючи депутатів і політичний вплив. Вона очолює профспілкову федерацію CTB. Її позиції є найбільш радикальними в Конференції, вона безпосередньо пов’язана з Антифашистською інтернаціоналою, яку просуває уряд Венесуели, і відкрито захищає пропутінські позиції.
У PSOL MES є найбільшою внутрішньо організованою течією за кількістю членів і другою за кількістю прихильників. Ми маємо 2 федеральних депутатів, 4 депутатів штату і різних радників у всіх регіонах країни, будучи однією з найбільших лівих організацій серед молоді та в профспілковому русі освіти. У Ріо-Гранді-ду-Сул, бразильському штаті, столицею якого є Порту-Алегрі, ми є найбільшою силою в PSOL і керуємо місцевим PSOL, а також профспілками метрополітену, працівників охорони здоров’я та державних службовців міста Порту-Алегрі. У національному профспілковому русі ми переважно будуємо Conlutas, федерацію, яка відкрито заявляє про свою проукраїнську позицію.
Організаційний комітет Антифашистської конференції вирішив, що запрошення буде відкритим для всіх організацій та груп, які позиціонують себе як антифашистські в широкому спектрі, і що всі позиції, представлені в цій сфері, матимуть можливість виступити та обговорити, а також провести семінари та інші заходи, гарантуючи таким чином участь та взаємну повагу між усіма товаришами, які будуть присутні в Порту-Алегрі.
Альянс для організації конференції виходить з необхідності антиімперіалістичної боротьби, що виникла після приходу до влади нового уряду Трампа, який розпочав тарифну війну в 2025 році, а в поточному році вже викрав президента Венесуели Мадуро, розширив блокаду Куби і в останні дні розпочав безпрецедентні атаки проти Ірану. У цьому контексті єдність із «табірними» секторами стає необхідною, особливо в Латинській Америці, але без відступу від наших інтернаціоналістських позицій: одним із головних завдань є підтримка українського опору агресії Росії Путіна.
Це завдання побудови — в якому ми, MES, є головною рушійною силою — є делікатним, оскільки поєднує необхідну єдність з табірниками з також необхідною боротьбою проти інших імперіалізмів, крім США, таких як російський імперіалізм. Єдність проти американського імперіалізму буде центральною темою конференції, в якій візьмуть участь представники Куби, Венесуели та інших країн, але ця єдність не завадить вияву солідарності з іншими народами, що чинять опір у світі, як-от українці, російські та китайські дисиденти, серед інших. Тому вільна участь українських делегатів у будь-якому з пленарних засідань гарантована.
Оскільки конференція будується в цьому демократичному дусі, ми розглядаємо її як чудову нагоду поширити інформацію про законний опір України, а особливо про поточну ситуацію боротьби українського робітничого класу, серед латиноамериканської громадськості. На жаль, в Латинській Америці сектори, що підтримують російську агресію, мають великий вплив і поширюють багато брехні та дезінформації про російську агресію, тому всі зусилля з інформування та обговорення інтернаціоналістської позиції щодо України є надзвичайно важливими.
Тому участь українських профспілкових діячів у самоорганізованій акції, присвяченій ситуації в Україні, буде дуже важливою для поширення цієї інформації, особливо серед бразильських і латиноамериканських профспілкових діячів, які мало знають про ситуацію. Важливо також зазначити, що роки війни ще більше підкреслили ультраправий характер уряду Путіна, і якщо раніше проросійська позиція була набагато поширенішою, то зараз прихильники табору приховують свою відкриту підтримку Путіна і в підсумку захищають «абстрактний мир», який не підтримує український опір, але й не підтримує так відкрито політику Путіна.
На конференції також будуть присутні великі делегації на захист українського опору. Аргентинська делегація (друга за чисельністю національна делегація на конференції) в своїй більшості підтримує український опір, так само як і значні делегації з таких країн, як Мексика, Пуерто-Рико та країни Західної Європи. Тобто, це будуть дні дебатів між різними позиціями, в яких учасники табору не будуть повністю більшістю, і буде важливий центр захисту України.
Ми вже маємо понад 140 зареєстрованих заходів (семінарів). Серед них близько 30 – це міжнародні заходи, і з них понад 20 будуть організовані секторами поза табором, такими як CADTM, ATTAC, Екосоціалістична мережа, сектори венесуельської опозиції. Серед цих семінарів буде семінар, організований ENSU, «Український народ і його робітничий клас перед обличчям агресивної війни Путіна». Також буде інший семінар з російськими опозиціонерами лівого спрямування. З боку табору буде менше 10 семінарів, серед яких тільки один (так званий Міжнародний антифашистський) матиме суто пропутінський характер.
Ми підтверджуємо наше запрошення українським товаришам приїхати до Порту-Алегрі та підтримати нас у дискусії та поширенні інформації про український опір та організовану боротьбу робітничого класу цієї країни. Їдемо до Порту-Алегрі!
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