Le danger en France aujourd’hui, c’est la venue au pouvoir de l’union des droites, c’est-à-dire d’un axe dont la base électorale de masse est fournie par le RN, entouré de toute la droite ci-devant gaulliste et au-delà, et des néonazis, néofascistes, néo-royalistes et tutti quanti. L’union des droites viserait à utiliser à fond les institutions autoritaires de la V° République pour abolir l’État de droit, écraser les mouvements sociaux et la démocratie, plaçant la France à son « rang » dans le désordre mondial de Trump et de Poutine.
Ce danger est là et bien là, non pas parce que l’axe réactionnaire et néofasciste serait majoritaire dans le pays, loin de là. Mais parce que le capital a besoin d’écraser les libertés pour rétablir ses marges de profits. Et parce que l’expression politique partielle de la majorité sociale et démocratique qui ne veut pas de cette issue, le Nouveau Front Populaire, a nationalement éclaté sous l’effet de la division entre les directions de LFI d’une part et du PS d’autre part.
Là se situe non seulement la responsabilité, mais l’enjeu de l’existence même du syndicalisme indépendant. Il doit jouer son rôle comme il l’a déjà fait dans l’histoire, se portant au premier rang de la défense des libertés, en réalisant l’unité d’action contre les ligues fascistes le 12 février 1934, et plus récemment en donnant sa base et son souffle initial au NFP, évitant en 2024 l’avènement d’un exécutif Macron/Bardella.
La place du syndicalisme est, indissociablement, de réaliser et d’imposer le front commun, et d’unir et centraliser l’action revendicative contre le patronat et le gouvernement. S’il ne fait pas cela – à l’image de la décision politique des centrales nationales de n’impulser aucune action nationale depuis la formation de l’exécutif Macron/Lecornu – il perd sa raison d’être et met en danger son identité même. Car le syndicalisme, c’est l’union des salariés, actifs, retraités, en formation ou en recherche d’emploi, pour leurs intérêts généraux, et rien d’autre que cela. Ainsi, les 4000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale, comme la volonté gouvernementale d’attaquer le 1° mai par une proposition de loi généralisant les dérogations soumise à l’Assemblée nationale le 10 avril prochain, appellent l’action commune nationale et centralisée contre le pouvoir. Le front commun pour interdire l’arrivée au pouvoir de l’union des droites passe par là.
La puissance et le dynamisme des manifestations féministes du 8 mars, malgré la dispersion et l’absence d’appels effectifs à la grève dans les secteurs à fort emploi féminin travaillant le dimanche, ont une fois de plus montré que la disponibilité, la volonté de contre-attaquer, et la force, sont là. Et demain samedi 14 mars, les manifestations contre le racisme, le fascisme et les violences d’État exprimeront sans nul doute la même force potentielle.
Pas de lamentations, pas de procrastination, unité pour le front commun, et pour un avenir meilleur, nous leur barrerons la route !
