Ci-dessous plusieurs documents réunis par le camarade Fabrice sur cette bataille pour le front commun barrant la route au RN et à l’union des droites :
– un article du journal Marsactu sur le regroupement Front Commun (25 février),
–l’appel de Front Commun (1° mars),
– le billet du député de L’APRES Hendryk Davi appelant à voter Payan (Printemps Marseillais, maire sortant PS) au premier tour et à la fusion avec LFI (liste Delogu) (6 mars),
-et le tract de L’APRES.
Municipales : Faisons front commun demande un rassemblement de la gauche au second tour à Marseille
Est-ce qu’ils seront cette fois entendus ? Après avoir demandé, sans succès, une liste unique à gauche pour les élections municipales à Marseille, Faisons front commun, qui rassemble des formations politiques et des associations (Les Hirondelles, Les amis du Printemps marseillais, Réinventer la gauche, les collectifs du Nouveau Front populaire, la Réserve citoyenne), réclame la fusion des listes Printemps marseillais et LFI pour le second tour, rapporte La Marseillaise. Le collectif appuie sa demande sur la proximité de leurs programmes (même si les moyens de les mettre œuvre diffèrent) et le risque d’une victoire du Rassemblement national. En embuscade, le RN est donné gagnant en cas de quadrangulaire pour la première fois dans un sondage paru ce mardi 24 février.
Mais les arguments ne semblent pour l’instant pas entendus, en particulier dans le camp du Printemps marseillais. Alors que Sébastien Delogu a encore posé à Benoît Payan la question d’une fusion de leurs listes au soir du second tour à l’occasion du débat organisé par BFM TV et La Provence, jeudi 19 février — marqué par un nouveau dérapage de Martine Vassal, la candidate de la droite et du centre —, le maire sortant lui a répondu qu’il se désisterait si le candidat insoumis arrivait devant lui le soir du premier tour. À la suite de la dernière enquête d’opinion, le Printemps marseillais appelait encore à un vote utile derrière son candidat dès le premier tour.
Fusion des listes de gauche à Marseille le 15 mars prochain
Si nous étions rassemblés ici, dimanche matin 1er mars au Vieux Port, si nombreux, c’est parce que nous savons toutes et tous que l’heure est grave. Nous n’osons pas tous l’imaginer et pourtant nous y pensons tous, nous le sentons avec angoisse, quelque chose de grave peut arriver. La situation est encore plus alarmante que prévue, le dernier sondage est sans appel : l’extrême droite peut conquérir Marseille et décrocher la majorité au conseil municipal. Alors oui, ce sont nos vies qui tremblent. Ce sont nos services publics qui tremblent, nos associations, nos solidarités, nos libertés sont menacées. Nous voyons se dessiner, dans ce scénario catastrophe, le risque d’un ravage organisé : des services publics pourtant essentiels, des saignées dans le monde associatif y compris dans ses composantes les plus vitales, un démantèlement de la culture sans ménagement, des actes racistes et LGBTphobes démultipliés, des rafles de migrants et de précaires d’un autre temps et une population précarisée encore plus stigmatisée, affaiblie et isolée.
Et tout cela survient alors que, partout en France, les digues cèdent, les unes après les autres, la dédiabolisation du FN, le vote de lois portées par le RN à l’Assemblée Nationale, le front républicain agonissant, le concept d’union des droites poussé et banalisé par les média les plus réactionnaires, la nouvelle inversion totale des valeurs fascistes qui replace la gauche comme un ennemi diabolisé dans une volonté à visage découvert d’encore plus favoriser l’accession de l’extrême droite au pouvoir, et même, ici à Marseille, une candidate soutenue par la droite et le centre reprenant sans détour les valeurs et les discours pétainistes. Le tout avec la complaisance de certains parmi ceux qui détiennent le pouvoir économique de ce pays.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Nous avons vu ce qui s’est passé aux États Unis. Oui, nous l’avons déjà essayé, l’extrême droite. Chez nous comme ailleurs. Et elle a montré ce qu’elle était : une machine à produire de la violence contre les plus fragiles, contre les minorités. Et pas plus tard qu’hier, les gouvernements d’extrême droite sont prêts à tout, y compris à faire des guerres au mépris du droit international. Et nous avons appris une autre leçon, tout aussi essentielle : dans la résistance au fascisme, les villes ont été les derniers remparts. Les villes où les habitants se sont organisés, où les mairies de gauche les ont soutenus, l’humanité a tenu bon.
Chez nous, en France, les perspectives pour 2027 sont assez mauvaises, le pouvoir tente le tout pour le tout pour contrer la gauche et serait prêt à favoriser le RN. Nous l’avons vu en 2024 le NFP, grâce a une mobilisation populaire immense en seulement quelques jours a permis de renverser le cours des choses et d’empêcher le RN de prendre le pouvoir. Nous l’avons fait. Nous pouvons le refaire. Nous devons le refaire. Nous savons aussi que dans l’histoire la désunion de la gauche, la théorie des deux gauches irréconciliables ont permis la montée de l’extrême droite et son arrivée au pouvoir.
Ce fut le cas en Allemagne en 1933. A Marseille nous le refusons. Pas dans notre ville. Pas sous nos yeux. Nous savons que la seule alternative à l’extrême droite et son projet fasciste et l’unité de Toute la gauche et de l’écologie, une unité respectueuse de toute ses composantes et avec un projet construit en associant le monde associatif, syndical et universitaire.
Nous marseillaises et marseillais, voulons une ville qui se transforme :
Nous voulons plus de services publics de proximité, partout sur le territoire,
Nous voulons des écoles dignes, plus de places en crèche
Nous voulons la fin de la ségrégation raciale et sociale, une ville égalitaire dans l’accès au transport et aux soins, à l’espace public, plus d’écologie et de propreté, des logements dignes pour tous, un centre-ville piétonnisé, végétalisé, respirable
Nous voulons des plages pour tous, ni réservées aux riches, ni réservées aux blancs,
Nous voulons une ville qui lutte contre les discriminations, contre la violence de genre et le racisme, qui lutte contre le validisme
Nous voulons une voirie apaisée et accessible, des transports gratuits, une éducation égalitaire, Une politique de santé publique courageuse face aux addictions, avec des HSA près des lieux de consommation
Nous voulons une sécurité alimentaire, de la sûreté, de la solidarité, du partage dans nos quartiers, la fin de la privatisation des rues et des projets écocides comme le Boulevard Urbain Sud,
Nous voulons une ville accueillante et pacifiste, des cantines scolaires avec du bio, du local, de la culture vivante, populaire, partout, dans chaque quartier.
Marseille telle que nous la rêvons. Voilà Marseille telle que nous voulons la bâtir. Et pour tout cela — pour tout cela — nous demandons, solennellement, que les deux listes de gauche se rassemblent dès le soir du premier tour. Nous leur demandons d’être à la hauteur de ce moment historique. Car on ne joue pas aux calculs électoraux avec la vie des gens. Nos vies, nos quartiers, nos jeunes, nos ainés, méritent mieux que cela.
Nos vies méritent un Front Commun de toute la gauche et de l’écologie.
Hendryk Davi : Pourquoi je voterai pour Benoît Payan !
En tant que dirigeant politique, j’ai toujours pris mes responsabilités.
Quand j’ai eu des désaccords avec l’orientation de LFI, je l’ai dit, y compris publiquement, ce qui m’a valu d’être purgé en juin 2024.Quand j’ai eu des désaccords avec la stratégie du maire sortant, j’y reviendrais par la suite, je n’ai pas hésité à l’exprimer.
Mais les élections sont maintenant dans moins de 10 jours, les marseillaises et les marseillais se posent deux questions : le RN peut-il l’emporter ? Pour qui voter au premier tour ?
Le RN peut gagner à Marseille !
A la première question : ma réponse est oui. Pourquoi ? D’abord, le contexte international et national est favorable aux néofascistes. Trump domine le monde, Poutine massacre les ukrainiens, Netanyahou organise un génocide. Ces trois dirigeants aux idées clairement racistes et masculinistes, ne sont hélas que les icebergs d’un mouvement bien plus profond. Une partie des classes dirigeantes font le choix de l’extrême droite, certains médias sont à la solde de ces idées, et les digues sautent les unes après les autres. En France, l’extrême droite n’a jamais été aussi proche du pouvoir. De plus, la gauche est faible et profondément divisée malgré la victoire du NFP en 2024.
A Marseille, l’extrême droite totalisait 37% aux européennes et 35% aux législatives et la gauche respectivement 41 et 42% à ces deux élections. Les sondages actuels donnent le maire sortant (34 à 35%) au coude à coude au premier tour avec le candidat RN (32 à 35%).
Par conséquent, en cas de division au second tour, le RN peut objectivement l’emporter. Rappelons-le, aux élections municipales, une liste qui dépasse les 10% peut se maintenir et la liste qui arrive en tête bénéficie d’une prime majoritaire de 25%. Heureusement, contrairement aux élections législatives, les listes peuvent fusionner entre les deux tours.
La fusion comme solution la plus sûre
Une victoire du RN serait catastrophique pour Marseille, ses habitantes et habitants. Ce serait terrible pour tous ceux et toutes celles qui sont issus de l’immigration. Ce serait un drame pour les sans-abris ou les plus démunis. La fusion des deux listes de gauche est donc impérative. C’est pour cette raison que le mouvement auquel j’appartiens, l’APRES, a notamment conditionné son implication dans la campagne du Printemps marseillais (PM), à l’engagement du PM à fusionner avec la liste LFI. Malheureusement, le Printemps marseillais a fait un autre choix. Il préfère compter sur une liste LFI a moins de 10% ou maintenant à un retrait de la liste LFI.
Compter sur le retrait de la liste LFI est doublement problématique. D’abord, c’est refuser que ceux et celles qui votent LFI au premier tour puissent être représentés au conseil municipal. Ce n’est donc pas démocratique. Mais surtout, c’est très incertain. Jean Luc Mélenchon et ses troupes ont démontré, à plusieurs reprises, leur capacité à tenir bon, pour le meilleur, comme sur le génocide à Gaza, comme pour le pire…
Je ne partage donc pas la stratégie de Benoît Payan. Par ailleurs, la composition de la liste du Printemps Marseillais et la campagne du Printemps, démontrent que la verticalité de LFI, que j’ai pu subir, est malheureusement aussi largement partagée par l’équipe municipale actuelle….
Par conséquent, l’APRES à Marseille ne fait pas la campagne du Printemps Marseillais, nous n’avons pas de candidats sur ces listes au nom de l’APRES. Et l’APRES a décidé d’appeler à voter massivement pour les deux principales listes de gauche. Certains de nos militants voteront pour la liste Marseille fière et populaire portée par Sébastien Delogu, soutenue par LFI-VAI, d’autres pour la liste Benoît Payan pour Marseille soutenue par le Printemps Marseillais.
C’est mon cas.
Pourquoi je vais voter Payan ?
La première raison, c’est que voter pour la liste LFI, est pour moi, impossible. Depuis le début, Sébastien Delogu mène une campagne populiste, au cours de laquelle, il met dans le même sac, Benoit Payan, Martine Vassal et Franck Allisio, qui seraient les candidats d’un même système corrompu. Il passe plus de temps à combattre le maire sortant que Franck Allisio. Son intervention dans le débat sur BFM est à ce titre édifiante.
Cette stratégie est la déclinaison marseillaise de la stratégie nationale de Jean Luc Mélenchon (JLM). En meeting à Lyon, alors que le maire écologiste, Grégory Doucet, venait d’ouvrir la possibilité d’une fusion avec LFI, JLM a multiplié les provocations, dont certaines avec de vrais relents antisémites[1], pour conclure que : s’il y a fusion « les conditions, c’est nous qui les posons » ! LFI continue donc son cavalier solitaire, divisant un peu plus la gauche à l’occasion de ces élections municipales. Je crains que l’agenda présidentiel de JLM passe par la défaite du maximum de candidats socialistes ou écologistes. Son objectif est de démontrer que le reste de la gauche ne peut pas être une alternative crédible. Il veut démontrer qu’entre le RN et lui, il n’y a rien. Le problème c’est qu’à Marseille, l’échec du maire sortant, signifie la victoire de l’extrême droite !
Certains pensent que voter LFI permettait de contraindre le PM à la fusion. Je pense que c’est hasardeux. Rien n’indique qu’in fine LFI veuille vraiment de la fusion. La stratégie de JLM indique le contraire. Il est même possible que plus LFI sera en position de force, plus ils feront monter les enchères. La seule façon d’imposer la fusion, c’est la pression des électeurs et du peuple de gauche, pas le score du premier tour.
La seconde raison, qui me convainc de voter Payan est que la liste du Printemps Marseillais, malgré ses défauts, demeure la plus unitaire. C’est un fait indéniable. Elle rassemble presque toute la gauche hors LFI (PCF, Écologistes, Générations, Debout, PS, Place Publique). Pour moi, il faut que la liste la plus rassembleuse, soit aussi celle qui fasse le meilleur score. Le peuple de gauche doit donner une prime à l’unité.
La troisième raison est le la Printemps Marseillais a un bilan. Il est critiquable, mais le plan de rénovation des écoles est en route, l’encadrement des loyers et des meublés touristiques est sur les rails, la mairie s’est attaqué à l’habitat indigne, l’APHM et la mairie soutiennent les centres de santé, l’adjointe communiste Audrey Garino a beaucoup fait pour ceux et celles qui n’ont pas de toits ou de papiers, la mairie soutient l’Ocean Viking, ce n’est pas un détail, quand le RN est aux portes du pouvoir. Voter Payan c’est donc voter pour un bilan, certes imparfait, mais de gauche.
Mais la quatrième et principale raison, c’est que la liste d’extrême droite ne doit pas être en tête à Marseille à l’issue du premier tour. Ce serait un puissant détonateur qui conduirait à la mobilisation de tout l’électorat de droite et d’extrême droite pour le second tour. Si le RN est en mesure de l’emporter, cela créera à Marseille, mais partout ailleurs, une dynamique pour l’extrême droite.
Le peuple de gauche ne doit pas laisser le moindre espoir à l’extrême droite. Dès le premier tour, le message doit être clair, Marseille ne sera pas la première grande métropole à être conquise par les néofascistes.
Le RN doit être le plus loin possible derrière le candidat de la gauche dès le premier tour, c’est en tout cas ma conviction.
[1] A voir l’excellente explication de Clément Viktorovitch