Le raid de capture de Maduro ne date que de 17 jours et il est clair qu’il ne faisait qu’inaugurer une fuite en avant de Trump vers la guerre à l’extérieur, et aussi à l’intérieur, avec Minneapolis comme première cible – nous y reviendrons avant vendredi.
Dans la troisième réunion unitaire parisienne sur le Venezuela tenue tout à l’heure ce mardi 20 janvier, des camarades en relation directe avec des militants sur place ont donné quelques informations significatives. D’abord, Delcy Rodriguez et le directeur de la CIA John Ratcliffe, nommé par Trump au surlendemain de son investiture le 23 janvier dernier, se sont longuement rencontrés. Le DEA (Drug Enforcment Administration) des Etats-Unis lui a fait savoir qu’il la tient à l’œil. Dans le pays, la chappe de plomb de la terreur des bandes ci-devant maduristes s’exerce toujours pleinement : aucun « regime change » n’a été nécessaire pour amorcer le passage de CE régime sous le contrôle étatsunien. Seul indice sérieux de craquement : les libérations au compte-goutte de prisonniers politiques, perdus dans le dédale des branches de la police et des polices parallèles.
Il s’ensuit deux conclusions politiques.
Premièrement, la question clef contre Trump et contre Delcy Rodriguez, la pointe anti-impérialiste réelle et aiguisée, et en outre urgente, est l’exigence de libération de tous les prisonniers politiques au Venezuela.
Deuxièmement, les tentatives de diviser ou de centrer les actions menées sur le thème du retour de Maduro, en fait de son retour au pouvoir, font le jeu de Trump et de l’impérialisme américain. La boucle est ainsi bouclée : les campistes « anti-impérialistes » pour qui le seul impérialisme est américain, finissent par se faire les idiots utiles de cet impérialisme là. Etape suivante : si des chocs militaires opposent Europe et Etats-Unis dans l’Arctique – ils sont imminents – ils dénonceront en priorité « l’Europe atlantiste ». On prend les paris ?