Peuple iranien, vie, liberté.

C’est avec ce slogan (femme, vie, liberté) que le mouvement des femmes a bouleversé le monde en 2022. Les Iraniennes se sont dressées contre le régime théocratique prêt à tout pour se maintenir et imposer une société faite de dominations, d’obscurantisme et de brutalités. Ces femmes voulaient pouvoir enfin vivre comme elles le désirent. Leur mouvement avait été réprimé comme l’avaient été les révoltes de 2009 et 2019.

Aujourd’hui, c’est toute la société iranienne qui s’est levée contre le pouvoir des mollahs. La vie en Iran est devenue hors de prix et si instable que les petits commerçants, à bout de souffle, se soulèvent. La  confiscation économique va de pair avec la confiscation politique : fortunes captées par les proches du pouvoir, corruption, milices et polices parallèles utilisées pour faire taire, intimider, punir.

Une nouvelle fois, les Iraniennes et Iraniens qui contestent subissent la violence inouïe d’un régime qui a coupé internet à la population et coupé l’Iran du reste du monde, un régime qui combat les  manifestant.es à la mitrailleuse. Les ONG évoquent des centaines de morts et le bilan risque d’être plus lourd encore.

Nous ne devons pas laisser écraser cette révolution. Notre solidarité doit se manifester partout dans l’unité. La gauche doit être au premier rang, sans hésitations, pour défendre le peuple iranien et l’aider à renverser cette république islamique qui n’a que trop opprimé sa population.

La solidarité avec le mouvement en cours en Iran exige que la France et l’Union européenne, muettes face aux brigandages de Trump, agissent pour aider le peuple d’Iran par des sanctions contre le régime, mais aussi en permettant le rétablissement des communications internationales, essentielles pour éviter l’étouffement de la mobilisation populaire par le pouvoir.

L’alternative au régime des Mollahs ne peut pas être un retour en arrière. La chute de la République islamique ne justifie ni la restauration d’un trône, ni le recyclage des anciennes élites. Les Iraniennes et Iraniens doivent pouvoir choisir leur destin, avoir le droit de vivre libres, de reprendre le pouvoir sur leur corps, leur travail, leur avenir. L’émancipation ne se délègue pas, elle se construit par les mobilisations populaires et se fonde sur la démocratie. 

Danielle Simonnet

Source : L’APRES hebdo du 16 janvier 2026.