Deux sortes de nouvelles sur la révolution en Iran.
L’une, c’est que le black-out, combiné, à l’étranger, au centrage médiatique sur l’héritier Pahlavi et sur les rodomontades interventionnistes de Trump (avec lequel les mollahs disent discuter), une répression démentielle se déchaine. De sources crédibles sur les réseaux sociaux, on envisage 12 000 morts à ce jour et l’équivalent d’un coup de force contre le peuple dans tout le pays.
La défaite provisoire de l’insurrection est une possibilité. Elle ne réconciliera pas le peuple qui est opposé à mort à tout l’appareil religieux-policier.
Mais l’autre élément est la libération de fait de plusieurs villes, dans le Kuzistan et le Kurdistan, et, dans le centre industriel d’Arak, l’élection d’un conseil par les ouvriers en grève qui a pris le contrôle de la ville, et dont le communiqué ci-dessous, diffusé par le PC et par d’autres courants, semble tout à fait authentique.
Cela c’est la révolution au niveau de 1979, avec le relais des conseils ouvriers temporairement formés au Nord de l’Irak en 1991, qui revient.
Ces deux aspects – massacre partout, conseils ouvriers et zones libérées – sont contradictoires, mais bien simultanés.
Pourrait faire pencher la balance une vraie mobilisation internationaliste à la base. C’est trop demander ?
— Déclaration des Conseils ouvriers d’Arak
« Aux travailleurs de la province de Markazi, à nos camarades du Khuzestan et à tout le peuple iranien. »
Pendant des décennies, nos revendications de pain ont été accueillies par les balles, et nos revendications de dignité par l’emprisonnement. Mais aujourd’hui, le silence est rompu. Nous, les travailleurs des usines d’Arak, déclarons ce qui suit :
Contrôle des lieux de travail : Désormais, la gestion des usines de fabrication de machines, d’AzarAb et de wagons Pars sera entre les mains de conseils ouvriers élus par les travailleurs. Nous ne reconnaissons plus les dirigeants nommés par le gouvernement ni les syndicats contrôlés par le régime.
Lien avec la terre : Notre grève ne porte plus sur les salaires. Nous appelons les citoyens d’Arak à former des conseils de quartier pour gérer la sécurité et la logistique. Nos usines sont vos protectrices.
Défense des soldats : Nous demandons à nos frères d’armes : ne devenez pas les assassins de vos propres pères. Si vous nous soutenez, nos conseils garantiront votre sécurité et celle de vos familles.
Ultimatum au Régime : Toute tentative d’entrée par la force dans les complexes industriels ou d’arrestation de nos représentants sera considérée comme une déclaration de guerre contre la ville entière. Si une seule goutte de sang ouvrier est versée, les flammes de la rébellion scelleront le pouvoir.
Nous ne sommes pas ici uniquement pour des salaires impayés. Nous sommes ici pour décider de la gestion de cette usine et de ce pays. L’ère des patrons et des mollahs est révolue. Tout le pouvoir aux conseils !