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Non à l’impérialisme ! Solidarité avec la population du Venezuela !


Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les États-Unis d’Amérique ont lancé une opération militaire de grande ampleur sur la capitale du Venezuela, Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont été enlevé.es et placé.es en prison à New York. Selon les premières estimations, 78 personnes seraient mortes au cours de l’opération, parmi lesquelles au moins une civile.

Cette agression impérialiste et coloniale ordonnée par Donald Trump viole ouvertement la Charte des Nations unies et la Constitution des USA.

Cette attaque signe le retour du pire de l’impérialisme étatsunien en Amérique latine, s’inscrivant dans
l’inflexion globale vers l’extrême droite.

Les justifications à géométrie variable de « lutte contre le narcoterrorisme » sont contredites par les affirmations de Trump lui-même, qui assume pleinement sa volonté de domination coloniale et d’accaparement des ressources du pays, notamment pétrolières.

Les violations des droits humains et démocratiques perpétrées par le régime de Maduro sont bien réelles, tout comme les effets sur la population des sanctions imposées par les administrations américaines. En revanche, ni le peuple vénézuélien ni les Nations Unies n’ont donné mandat aux États Unis pour intervenir et s’accaparer des ressources du pays. C’est aux populations du Venezuela de décider librement, sans interférences, de leur avenir.

Les évènements du Venezuela, et les nouvelles menaces que fait peser Donald Trump sur la Colombie, Cuba, le Mexique et le Groenland illustrent l’affirmation de la loi du plus fort comme seule norme des relations internationales, dans la pure tradition de l’extrême droite. La réaction d’Emmanuel Macron, ne nommant pas l’agresseur et ne condamnant pas clairement cette violation évidente des principes fondamentaux du droit international, est une faute politique historique et un blanc-seing donné à Donald Trump pour la suite.

De la Palestine à l’Ukraine, en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela, les peuples agressés
sont en première ligne de l’autoritarisme et de la fascisation accélérée ayant cours actuellement partout
dans le monde. Face à tous les prédateurs, et à ceux qui laissent faire, le respect du droit des peuples à
l’autodétermination doit être au cœur de nos mobilisations.
Nous appelons à se rassembler partout dans le pays ce samedi 10 janvier pour exiger :

  • l’arrêt immédiat de l’agression militaire des États-Unis, la fin de ses menaces sur les pays de la région
    et le retrait du déploiement de force US dans la Caraïbe ;
  • le respect du droit du peuple vénézuélien à disposer de lui-même. Toute solution politique et
    diplomatique doit se baser sur la souveraineté populaire, la garantie de ses libertés et sur le droit
    international ;
  • la levée des sanctions économiques et la satisfaction des besoins humanitaires des populations ;
  • des sanctions contre les USA et Donald Trump : la fin de l’achat d’armes au complexe militaro
    industriel US.
    Seul le peuple vénézuélien peut et doit décider, en toute souveraineté et sans ingérences, de son propre avenir. Non à l’impérialisme ! Les peuples ne sont pas à vendre !

Commentaire de la rédaction : l’existence de cette position commune est importante. Aplutsoc (Arguments Pour la Lutte Sociale) a pris part aux rencontres qui l’ont permis, dans lesquelles des discussions sont intervenues pour savoir s’il fallait mettre au centre le mot d’ordre de « libération de Nicolas Maduro ». Nous avons dit pour notre part que dans ce cas il fallait mettre au même niveau le mot d’ordre de libération immédiate de tous les prisonniers politiques au Venezuela, dont la vie est menacé, que le régime maduriste sans Maduro maintient, dans l’opacité la plus totale, en détention, et dont Trump ne demande aucunement la libération. Finalement, ni la libération de Maduro, toutefois implicite car son kidnapping est dénoncé, ni celle des prisonniers au Venezuela, n’apparaissent dans le texte.

Il se trouve que suite à sa publication, J.L. Mélenchon, expliquant du même coup par là sa non-signature par LFI, a cité ce texte en l’appelant « déclaration de Sophie Binet » parce qu’il aurait, et donc Sophie Binet aurait, « abandonné l’exigence de libération immédiate du président vénézuelien ». J.L. Mélenchon en l’appelant « président vénézuelien », dénie la réalité, à savoir qu’il a perdu les élections. Il prétend de manière inexacte que le texte unitaire s’opposerait à sa libération (revendication légitime : il n’a pas à être jugé à New York, mais à Caracas si les prisonniers politiques sont libérés et le peuple est réellement libre !). Ne serait-ce pas plutôt parce que lui voudrait que l’on appelle à son RETOUR AU POUVOIR, totalement opposé à la souveraineté du peuple vénézuélien ? Et, pour des raisons qui sont les siennes, celles de LFI et celles du POI, il fait de cette position qu’il interprète de façon inexacte une position non pas unitaire, à l’exception de LFI et de quelques autres, mais de la seule CGT ou, pire, de la seule Sophie Binet !

Qui donc voudrait que la CGT ne puisse dénoncer « De la Palestine à l’Ukraine en passant par le Soudan et maintenant le Venezuela », « la fascisation actuellement partout dans le monde » -c’est-à-dire l’Axe Trump/Poutine ! – et être aux cotés de TOUS les peuples, condition de l’efficacité pour être aux côtés du peuple vénézuélien ?

Manifestons le samedi 10, dans toute la France, non pas pour le retour au pouvoir de Maduro, mais contre TOUTES les agressions impérialistes !