Trump a déclaré : « On va parler du Groenland dans les 20 jours”. Après quoi il a menacé Cuba, la Colombie et le Mexique.

Si cette fuite en avant se confirme, soit Xi et Poutine acceptent tacitement comme pour le coup de force au Venezuela, mais dans ce cas l’impérialisme US est temporairement très renforcé (et à court terme encore plus déséquilibré et en crise).

Soit Xi et Poutine optent pour prendre leurs « parts », en attaquant Taïwan pour le premier, ce qui induira la guerre avec le Japon, en attaquant l’aire Baltique et l’aire Arctique pour le second, et/ou en tentant d’écraser l’Ukraine si, ce qui pourrait se produire, les États-Unis sabotent ouvertement et militairement la résistance.

La guerre arrive. Mais laquelle ? 

Pas celle « de l’impérialisme américain et de l’OTAN contre les forces progressistes et anti-impérialistes », discours qui désarme les peuples en leur mentant. Notons qu’au Venezuela, c’est pour l’instant un régime maduro-trumpiste que cherche Trump !

Pas celle des impérialismes hégémoniques entre eux, pas la guerre entre Chine et États-Unis annoncée par bien des commentateurs, pas tout de suite. Car d’abord, il leur faut, à tous les trois, s’en prendre aux peuples, et s’en prendre à l’Europe.

En Europe, les impérialismes européens déclassés et désemparés ne sont bons qu’à saboter la nécessaire résistance et la contre-attaque des peuples. Ils ne veulent pas froisser Trump qui les méprise, ils ont peur de la chute de Poutine s’il perd en Ukraine, ils ont cautionné le massacre génocidaire de Gaza.

Les déclarations successives de l’exécutif français le montrent bien  :

  • Acte 1, du ministre Barrot samedi 3, contre le coup de force impérialo-trumpiste,
  • Acte 2, du président Macron deux heures plus tard, pour le coup de force impérialo-trumpiste,
  • Acte 3, aujourd’hui lundi 5, de la porte-parole du gouvernement disant répéter les propos de Macron, pour ce coup de force, à condition qu’il ne menace pas d’autres pays de la région et mette au pouvoir les vainqueurs des dernières élections, deux points déjà rejetés par Trump !

L’attaque du Groenland, l’asphyxie de Cuba, les opérations « spéciales » au Mexique et les provocations contre la Colombie sont imminentes. Poutine est logiquement en mesure d’attaquer au Svalbard (Arctique) et/ou en Lettonie en cas d’attaque US au Groenland.

Il faut sortir des fantasmes du passé, ce n’est ni pour ni contre l’OTAN, c’est la guerre européenne sur deux fronts qui se dessine. La guerre des hégémons impérialistes contre les peuples est la guerre qui vient rapidement.

La résistance armée des peuples peut et doit y répondre, comme en Ukraine !

Comprenons que c’est l’affrontement politique dans chaque pays qui est le début de la guerre. Il y a continuité : en France, Trump menace de « punir » les juges qui rendraient Marine Le Pen définitivement inéligible, et Macron sabote la défense nationale et démocratique contre Trump et Poutine, lui qui a dissous l’Assemblée nationale pour installer un gouvernement Bardella et a échoué.

Ce n’est pas seulement l’Europe, avec l’Ukraine, qui doit s’engager dans le combat, c’est l’Amérique, c’est l’Afrique, c’est le monde, et c’est le peuple américain déjà en situation d’affrontement montant contre Trump.

Cette guerre, la guerre sociale, écologique et démocratique, constitue le vrai combat pour la paix, car si nous battons les tyrans et les hégémons, nous empêcherons la guerre finale, inter-impérialiste et nucléaire. Mais ne racontons pas d’histoire : la guerre sociale, écologique et démocratique, avec ses méthodes de masse, ses méthodes démocratiques, sera vaincue si elle écarte les moyens militaires. Elle aura une dimension militaire. C’est une nécessité pour la gagner et ainsi sauver le monde humain en empêchant la guerre finale, inter-impérialiste et nucléaire.

Il est temps, il est plus que temps, que le mouvement ouvrier et syndical rompe avec les phrases campistes et pseudo-pacifistes et, comme les syndicats baltes, bélarusses en exil, et scandinaves, ont commencé à le faire, et comme la gauche ukrainienne nous y appelle, prendre à bras-le-corps les questions :

 – de la production militaire sous contrôle social et non sous celui des trusts de l’armement,

 – de l’organisation militaire démocratique combinée à la mobilisation sociale, avec droit syndical et large féminisation.

La défense des sociétés humaines contre le fascisme 2.0 et contre les hégémons est une affaire trop sérieuse pour être laissée à Macron, Starmer, Merz ou Kallas qui ne feront que l’handicaper et la trahir. L’Europe avec les peuples du monde, du Brésil à la Chine, doit être et peut être le tombeau des tyrans et le terrain de la contre-attaque.

05/01/2026 soirée.