Présentation

Nous reproduisons la présentation faite par PEPS – Pour une Ecologie Populaire et Sociale – de la tenue de son congrès 2025 du 7 au 9 novembre. PEPS a été fondé en novembre 2019 sous la forme d’une confédération promouvant une écologie radicale dans un cadre référentiel communaliste, autogéré et décroissant. Après une phase de compagnonnage avec la France Insoumise – incarnée dans le rôle de collaborateur de Ritchy Thibault auprès de la députée Ersilia Soudais, il semblerait que ceci ne figure plus dans les préoccupations de PEPS. Alors que le congrès de 2024 faisait référence à la nécessité de promouvoir des comités de base du NFP partout, là aussi la présentation politique en vue des municipales de 2026 ne fait pas référence à la question centrale de l’affrontement avec Macron et la 5eme République mais se focalise plus sur une perspective de « révolution lente » basée sur la multiplication de communes locales appuyées sur des mobilisations populaires larges et partant de diverses questions sociales ou écologiques concrètes. Au plan international, de la Palestine à l’Ukraine en passant par le Kurdistan, le Congo, le Cameroun, PEPS  affirme une orientation de lutte contre tous les campismes, pour la solidarité internationale, la nécessité d’une internationale des Peuples de la Terre et contre tous les génocides.

Document

Trois moments forts ont marqué notre assemblée.

Vendredi 7 novembre 2025, après un rapide bilan d’activité de PEPS introduit par Dominique Paturel et Merlin Gautier, les deux assemblées ouvertes sur la situation internationale et sur les Gilets Jaunes ont réuni plus de cent vingt participants.

Dans la première assemblée, des militants de la Dynamique Unitaire Panafricaine (DUP), de l’Union des Peuples du Cameroun (UPC), du Centre Démocratique Kurde de France (CDKF), d’Appel Égalité, de l’Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP), des « Peuples Veulent », de la Fondation Frantz Fanon (FFF), du Réseau Européen de Solidarité pour l’Ukraine (RESU) et du Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), ont débattu de quel internationalisme nous avons besoin, mettant en avant les notions de confédéralisme démocratique des peuples, de lutte contre tous les campismes, de solidarité internationale, de la nécessité d’une internationale des peuples de la terre et de lutte contre tous les génocides du Congo, du Soudan et de la Palestine. Ce qui unit les peuples représentés, c’est la lutte pour le droit à l’autodétermination de tous les peuples.

Dans le deuxième débat, des Gilets jaunes de Toulouse, de Mulhouse, d’Auxerre, de la région parisienne, de Lorient, de Marseille et de Dunkerque, ont montré que, six ans après le début du mouvement des Gilets Jaunes, ils avaient eu raison d’occuper les ronds-points, de bloquer le pays, de manifester pendant des mois chaque semaine et d’envahir les Champs Élysées, mais le débat a montré qu’il fallait sortir de l’entre soi et qu’il fallait débattre d’une alternative de transformation sociale et politique. Six ans plus tard, les Gilets Jaunes doivent continuer à tirer les leçons du plus grand mouvement populaire d’écologie sociale en Europe. PEPS est heureux d’avoir pris l’initiative de ce débat et propose de le continuer dans les mois à venir.

Le samedi 8 novembre 2025 fut le deuxième temps fort de notre Congrès. Le matin fut consacré à l’exposé et à l’adoption de notre Manifeste de la Seconde Commune Ecologique et Sociale. Une présentation de ce travail a été faite par Dominique, Olympe, Axel et Merlin.

Ce projet de société en discussion depuis deux ans a été adopté à l’unanimité, moyennant une conclusion qui sera adoptée par le Comité Confédéral de Coordination (CCC). Cette conclusion portera sur l’importance de la culture dans la société écologique par la lutte pour l’hégémonie culturelle contre toutes les dominations, par l’émancipation en faisant de sa vie une œuvre et par un nouveau rapport entre la nature et la culture dans la dynamique d’un art et d’une culture écologique fondée sur la beauté, le bien vivre et le bonheur, dans la tradition des mouvements d’avant-garde artistique qu’ont été le romantisme et le surréalisme.

Le débat de l’après-midi du samedi 8 novembre 2025, introduit par Patrick Farbiaz, porta sur la stratégie de la révolution lente et sur les tâches prioritaires dans les deux années à venir. Des visions diverses apparurent sur la manière de formuler cette stratégie. La révolution lente doit-elle être définie comme un processus dans lequel nous semons la révolution pas à pas, une révolution communaliste lente dès maintenant et organisée, une révolution de fait, en permanence et durable, une révolution des communs, à travers les réalités de maintenant, une révolution écologiste sans rupture brutale, mais qui prend en compte l’urgence écologique qui menace l’humanité et le vivant ? Le débat fit apparaitre un large accord sur la stratégie générale, mais avec des débats encore nécessaires à approfondir sur la formulation et sur les rythmes de cette stratégie.

L’application de cette stratégie dans les tâches prioritaires montre que, s’il était nécessaire de soutenir les listes communalistes, citoyennes et de front populaire pour les prochaines élections municipales, nous devons d’abord renforcer à la fois notre organisation et son mode de fonctionnement. Nous avons cependant acté notre intervention dans la défense et l’extension des communs que sont la sécurité sociale alimentaire, la question du logement, la question de la culture, la défense des Zones A Défendre (ZAD) et le déjà là, pour combattre le présidentialisme et l’électoralisme qui sont les poisons de la gauche de rupture. Enfin l’acquis du débat sur la stratégie laisse apparaitre un consensus sur le rapport entre la défense du déjà là et les formes de désobéissance et d’autodéfense civile non violente ou insurrectionnelle.

Samedi 8 novembre 2025 de 18 heures 30 à 19 heures 30, plusieurs mouvements invités par PEPS sont intervenus. Après la lecture d’un message du nouveau Réseau Coopératif de la Gauche Alternative (RCGA) issu d’Ensemble et la présentation de l’initiative du site des ronds-points qui vise à mettre en réseau toutes les initiatives issues des Gilets Jaunes, des représentants de Changer le Cap, d’Alternative Communiste et de Nouvelle Donne, des représentants de l’association de Jeunes Voyageurs ZOR ont pris la parole pour mettre en lumière les convergences et pour organiser des assises du déjà là et des communs après les élections municipales.

Enfin la Conférence Gesticulée de Florence a réuni une soixantaine de participants en mettant l’accent sur le soin militant et en introduisant de fait une partie des discussions de la matinée du dimanche 9 novembre 2025 sur notre mode de fonctionnement.

Le troisième jour de notre congrès, dimanche 9 novembre 2025, a acté une série de décisions importantes sur notre mode fonctionnement et sur les mandats donnés.

Les décisions suivantes ont été votées à l’unanimité. Les animateurs de PEPS sont Dominique Paturel et Patrick Farbiaz. Le secrétaire du CCC est Farid Ghehioueche.

A sa demande, Amara Benamara, trésorier de PEPS, a été remplacé par Franck Barrenho. Nous remercions Amara Benamara pour le travail de réorganisation de la trésorerie.

Les porte-paroles de PEPS sont Ritchy Thibaut et Marjorie Keters.

Un groupe Accueil Soin a vu le jour, piloté par Dominique Paturel et animé par Elisabeth Demeester et Alba Begue.

Nos échanges ont montré que nous devons renforcer l’accueil et la formation des nouveaux adhérents et que nous devons aussi veiller à préserver nos animateurs, nos cadres politiques et nos militants, du risque de burn-out.

A été adopté la création de référents thématiques. Ce seront des personnes ressources qui aideront les porte-paroles dans leurs missions, pourront rédiger des communiqués de presse ou des éditoriaux sur leurs secteurs et organiser des réseaux quand cela est nécessaire. Ces référents nous permettront à la fois de visibiliser la parole de Peps tout en ne diluant pas l’action de notre mouvement.

Les référents thématiques sont :

  • SSA : Dominique Paturel
  • Animalisme : Axel Molina
  • Écologie : Merlin Gautier
  • Défense : Ben Cramer
  • Handicap et antivalidisme : Odile Maurin
  • Ecosyndicalisme et travail : Julien Ramirez
  • Drogues et santé : Farid Ghehioueche
  • LGBT: Eliott Blin
  • Santé communautaire : Yann Benoist
  • International : Patrick Farbiaz
  • Culture : Yves Frémion
  • Anti tsiganisme : Ritchy Thibaut
  • Energie : Romain Nauthonnier

Ont été voté et adopté :

  • L’ajout à notre logo d’un sous-titre « Pour l’Autogestion ». Dans la discussion a été dit qu’un autre marqueur pourrait y être ajouté. Le CCC propose d’y ajouter « et le communalisme ».
  • La création de l’Espace Coopératif Élysée Reclus (ECER) ; Cet espace sera à la fois un. pôle de formation pour nos militants, une université populaire ouverte, un cadre d’élaboration théorique pouvant passe par la création d’une revue, un cadre de diffusion de nos orientations par la relance des lundis de PEPS, nos émissions sur la radio Cause Commune. Plusieurs militants se sont proposés pour faire partie de l’équipe visant à structurer cet espace : Axel, Alba, Patrick, Dominique, Merlin, et Didier qui anime une revue proche de nos orientations communalistes.
  • Le renforcement de notre intervention dans les élections municipales sur la base de notre Proposition Communaliste
  • L’organisation après les élections municipales en juin ou à l’été d’Assises du Communalisme en vue d’une plateforme commune avec les organisations amies (Nantes Populaire, Changer de Cap, L’Offensive, etc.)
  • Le lancement d’une campagne de recrutement
  • La création d’un groupe de travail Communication dont l’objectif est de définir un cahier des charges : identité graphique de nos visuels, refonte du site, développement de notre apparition sur les réseaux sociaux. L’urgence est d’organiser une équipe de militants qui adaptera notre communication en fonction des publics visés.
  • L’Assemblée générale a acté à l’unanimité des présents un amendement b de nos statuts complétant l’article 1 : « PEPS se réserve le droit d’entamer des mesures judiciaires pour le respect de sa charte des valeurs. »
  • Le règlement intérieur qui venait d’être achevé n’a pas pu être discuté dans sa totalité et sera adopté par un prochain CCC. Un amendement y sera ajouté intégrant des éléments issus de la proposition de Charte éthique dans la définition du rôle de la Commission de médiation.

Le dimanche après-midi, parallèlement à cette finalisation de notre mode de fonctionnement, deux secteurs se sont réunis : le Groupe Culture et les écosyndicalistes membres ou non de PEPS.

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Enfin notons que le lundi matin un stage de formation portant sur l’écologie de libération et le communalisme s’est tenu dans la foulée de notre Assemblée et a réuni 3 formateurs et 9 stagiaires dans une ambiance chaleureuse.

Le bilan de ce Congrès est donc de l’avis des participants une réussite. La qualité de l’écoute, du dialogue, et le niveau politique ont constitué aux yeux des participants une avancée réelle dans la construction de PEPS. Il faut maintenant les concrétiser. Chaque personne compte. Si vous souhaitez partager cette aventure avec nous, soyez les bienvenuEs.

PEPS, le 14 décembre 2025

Source : https://confpeps.org/compte-rendu-du-congres-de-peps-2025/