Le numéro 43 (octobre 2025) du bulletin Soutien à l’Ukraine Résistante est paru ! Et, comme d’habitude, nous appelons nos lecteurs à lire et faire circuler cette publication, riche de 112 pages, incontournable pour bâtir la solidarité avec la lutte du peuple ukrainien contre l’invasion de Poutine. Cette solidarité serait incomplète si elle ne comprenait aussi la solidarité avec les luttes sociales, syndicales, féministes, environnementales, démocratiques menées pour s’opposer aux effets de la guerre comme à la politique néolibérale du gouvernement ukrainien, cette dernière constituant un frein à la guerre de libération nationale contre l’agression impérialiste grand-russe.

A l’heure des manœuvres de Trump pour contraindre l’Ukraine à accepter les conditions qu’il voudrait imposer pour obtenir un accord basé sur ses plans stratégiques de partage du monde, la solidarité de la gauche et du mouvement ouvrier est plus que nécessaire.

Nous mettons à disposition le lien pour télécharger le bulletin sur le site des Editions Syllepse, et nous reproduisons l’éditorial et le sommaire de ce numéro.

Bonne lecture !

Éditorial du numéro 43 – Ne pas rater le rendez-vous de l’Histoire, par Gin Vola.

Tandis que la situation économique de la Fédération de Russie semble se détériorer et que ses habitant.es font face à des pénuries d’essence à la suite des frappes ukrainiennes sur les raffineries, l’armée russe poursuit sans répit ses attaques criminelles contre les populations et les villes d’Ukraine.

Depuis l’été 2025, les attaques contre les villes minières et les infrastructures ukrainiennes se sont intensifiées : en septembre, les frappes contre les infrastructures ferroviaires ont été multipliées par deux, avec des conséquences sur l’économie ukrainienne, sur les moyens d’acheminement du matériel militaire, ainsi que sur les populations civiles. Les attaques délibérées contre les journalistes, contre les hôpitaux, contre les employé·es des missions humanitaires (début septembre, deux techniciens d’une mission humanitaire de déminage ont été tués), ne sont que des exemples de la dégradation des conditions de vie et de travail des habitant·es des territoires ukrainiens face à la terreur poutinienne.

Pourtant, et quoi qu’en disent certains dirigeants d’organisations de la gauche française et européenne, partout en Ukraine, les luttes continuent : les étudiant·es, les soignantes, les enseignant·es se battent contre la privatisation de l’enseignement et de la santé, pour améliorer leurs conditions de travail et d’études, pour leurs salaires, pour gagner des droits démocratiques et sociaux.

Les organisations syndicales poursuivent leur soutien actif aux travailleurs engagés sur le front. Les habitant·es des villes et villages ukrainiens s’organisent et se mobilisent pour protéger l’environnement face aux entreprises polluantes. Les soldat·es dénoncent les maltraitances dans l’armée et les fautes dans la direction des opérations militaires.

Les populations d’Ukraine vivent et résistent. Et elles ont besoin de tout notre soutien.

Et ce, d’autant plus que les régimes autoritaires se durcissent et que l’extrême droite avance en Europe et au-delà. C’est le cas aux États-Unis, mais aussi en Géorgie, comme l’a montré la répression violente des manifestations massives contre le gouvernement lors des élections municipales, boycottées par l’opposition et ayant eu lieu en l’absence d’observateurs internationaux comme locaux.

La victoire aux élections législatives en République tchèque du parti ANO du milliardaire Andrej Babiš, membre du groupe Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, vient renforcer l’axe de l’extrême droite européenne et la propagande anti-immigration, dont les populations déplacées d’Ukraine sont parmi les premières victimes.

La responsabilité politique d’une partie bien trop conséquente de gauche politique d’Europe occidentale et méditerranéenne, trop souvent silencieuse ou à peine capable d’en appeler à des solutions diplomatiques qui pourtant nient l’évidence de la politique impériale russe, est immense.

L’incapacité à prendre une position nette de soutien à la résistance ukrainienne, en première ligne contre un pouvoir néofasciste agressif et autoritaire, creuse une fracture dans la gauche européenne et risque de nous enfoncer dans une dynamique dangereuse d’isolement et de sectarisation, qui ne peut que provoquer un affaiblissement ultérieur face à la montée globale de l’extrême droite.

Il est de plus en plus urgent de reconnaître le caractère néofasciste du régime poutinien, le caractère impérialiste des guerres qu’il mène, le caractère colonial de l’occupation du territoire ukrainien et de l’ingérence politique et militaire dans les pays de l’ex-URSS que le pouvoir russe considère comme ses propriétés.

C’est urgent parce qu’il faut le combattre en tant que tel et qu’il faut donc comprendre que la guerre que mènent les Ukrainien·nes est une guerre de résistance populaire antifasciste, même lorsqu’elle ne semble pas porter le drapeau de l’antifascisme tel que l’Europe l’a connu par le passé.

Pour que la gauche européenne ne rate pas, encore une fois, le rendez-vous avec l’Histoire : solidarité avec la résistance ukrainienne !

Gin Vola est une militante anticapitaliste, membre du comité français du RESU

Sommaire du numéro 43