Les mégafeux sont apparus en Australie vers 2003, mais le terme n’est employé que depuis 2013 : ces très grands feux de forêts provoquent des convections atmosphériques produisant la formation de nuages mélangés de suie, dont la foudre propage l’incendie ailleurs, les pyrocumulus. Ce phénomène avait été repéré, et décrit, auparavant seulement lors des éruptions volcaniques – et dans les « champignons » des explosions nucléaires.
La Californie, la Grèce, le Portugal, puis l’Espagne, les ont connus depuis : c’est la destruction totale des paysages de ces pays et leur désertification qui sont engagées.
Les mégafeux ne sont pas la seule forme d’incendie dont le nombre et l’ampleur est causée par le réchauffement climatique provoqué par la combustion humaine des hydrocarbures, moyen industriel de consommer de l’énergie à moindre coût et puissant palliatif objectif à la tendance cyclique et croissante à la baisse du taux général de profit nécessairement induite par l’accumulation capitaliste.
Ainsi, dès les années 1990 et avant, les forêts tropicales et équatoriales, Amazonie, Congo, Bornéo …, sont rongées par un type spécifique de feux, déclenchés le plus souvent de façon volontaire pour défricher en vue de créer des cultures comme le soja ou l’huile de palme, qui ne s’arrêtent plus de progresser par le biais des sols humides, pendant des années : très polluants, ils asphyxient les villes indonésiennes et malaises dès 1997. En 2017 le président Bolsonaro au Brésil a levé tout obstacle légal aux incendies volontaires de destruction de l’Amazonie menés par les firmes de l’agro-business et les pauvres pionniers en freelance qui leurs servent d’éclaireurs, et Lula de retour au pouvoir n’a pas fait grand-chose pour limiter les dégâts.
De même les forêts boréales en Sibérie et au Canada soit affectées par des incendies gigantesques.
Si, dans cette « classification » des feux de l’époque de la crise biogéoclimatique, nous prenons la formation de pyrocumulus comme la différence spécifique des « mégafeux », alors nous pouvons dire que ce phénomène inconnu dans le passé historique vient d’arriver en France. Lors de la canicule de 2022, arrivée, là aussi pour la première fois, par la voie par où venait auparavant la fraicheur, l’ouest atlantique, sur la France et les îles britannique, des mégafeux se sont amorcés dans les Landes. Mais les incendies des Corbières, dans l’Aude, qui sont déjà les plus grands par leur surface (plus de 17 000 hectares à l’heure où sont écrites ces lignes) depuis 1949, et les plus rapides connus, viennent de voir, dans l’après-midi du mercredi 6 août 2025, se former, par l’ascension d’air brûlant, un angoissant pyrocumulus, analogue à ceux qui sont apparus en masse sur les montagnes du Sud-Est de l’Australie lors de l’été austral 2003. Ce serait alors le cas le plus proche des zones tempérées non méditerranéennes (ici, en limite méditerranéenne, mais le bassin aquitain devient de plus en plus une fournaise chaque été) d’un tel phénomène.
Si la finalité sociale résidait dans les besoins humains et donc naturels, un tel évènement serait de nature « Pearl Harbour », produisant une mobilisation générale pour stopper le processus catastrophique au niveau déjà atteint et faire face à ses conséquences.
François Bayrou : « L’évènement aujourd’hui, c’est un évènement qui est lié au réchauffement climatique et lié à la sécheresse. » Sans blague ?
Pour rappel, Macron, vœux de fin d’année 2022 : « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? ». Sans blague …
