Présentation

Nous publions cette note synthétique mais cinglante, rédigée par Jean Gersin. L’analyse des causes, conditions et conséquences de cet accord nécessitera de revenir sur le sujet.

L’UE cède au diktat de D. Trump, et capitule.

1. Un accord léonin, brutal et asymétrique

  • des droits de douane de 15 % avec quelques exceptions (aéronautique, spiritueux, médicaments), dont une sur l’acier et l’aluminium taxés à 50 % ;
  • un marché européen qui doit s’ouvrir aux produits US, un engagement de 600 Mds dollars d’investissements sur le sol US ;
  • l’achat de 750 Mds $ de gaz fossile US sur les 3 prochaines années ;
  • l’acquisition d’une « grande quantité d’équipements militaires [américains] ».

En contrepartie de quoi ? Rien.

2. Le prix de notre dépendance aux exportations

Pour ne pas fermer le marché US aux entreprises multinationales européennes, Ursula Von der Leyen accepte, au nom des 450 millions d’Européennes et Européens, de financer au prix cher les choix économiques de D. Trump : réduire les impôts des plus riches américains et rapatrier sur le sol US des activités économiques et industrielles.
C’est l’une des plus grandes extorsions économiques librement consentie de l’Histoire.

3. Un espoir vain : une nouvelle ère, pas une parenthèse.

Depuis des mois, Bruxelles cède devant Trump, tant sur la taxation des GAFAM que sur l’impôt minimum mondial dont les multinationales US ont été exonérées avec l’assentiment européen.

4. Une victoire politique pour les extrêmes-droites

L’accord Trump-Von der Leyen est une victoire politique pour D. Trump qui obtient de l’UE qu’elle s’aligne sur ses desiderata. Mais c’est aussi une victoire pour les extrêmes-droites en Europe qui voient leur leader Trump gagner sans bataille.

5. Un accord qui saborde la politique climatique européenne

Entériner l’achat de 750 Mds $ de gaz naturel liquéfié aux États-Unis, au nom de la réduction des importations européennes de gaz russe, a plusieurs implications :

  • renoncer à réduire nos importations globales de gaz, et à remplacer une dépendance (Moscou) par un autre  ;
  • s’asseoir sur la politique climatique européenne alors qu’il faudrait réduire nos besoins en énergies fossiles.

6. « Un accord hors-la loi » ?

Cet accord n’a pas d’existence légale. À l’échelle européenne, la Commission européenne n’a pas de mandat en bonne et due forme pour négocier avec les États-Unis : il n’y a pas de décision fondant la base légale avec laquelle la Commission peut négocier avec des pays tiers au nom des 27 États-membres. 80 % des Européens réclament des rétorsions commerciales envers les États-Unis (Eurobaromètre 2025).