Présentation :
Ce texte a été adopté le 16 mars 2025 par le comité de rédaction d’Aplutsoc. Il précise la manière dont nous appréhendons les questions militaires dans le contexte international présent marqué par la poussée de l’Axe réactionnaire Trump / Musk / Poutine flanqué des Netanyahou, Milei et autres Bolsonaro.
Ce texte est proposé pour la discussion avec tous ceux qui entendent s’opposer concrètement à la montée de cette force ultra-réactionnaire et en assurer sa défaite pour pouvoir faire face aux conséquences du réchauffement climatique, produit du fonctionnement mortifère de la course au profit.
D’accord avec la ligne générale de cet article. Oui à la référence à Jaurès de 1910. Evidemment, il faudra discuter quels mots d’ordre sont plus pertinents à chaque moment, dans chaque pays, et peaufiner certaines formules.
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Si certaines réponses peuvent être justes (l’appel à la nationalisation des entreprises d’armement, une armée ayant un droit d’expression libre et d’organisation syndicale…), d’autres sont illusoires (un mouvement GÉNÉRAL des peuples, quasi synchronisé, la transformation de l’OTAN en une organisation militaires des peuples…) et charrient leur lot d’impensés sous couvert de propagande générale (une UNION des peuples). Impensés ? Lire par exemple : https://blogs.mediapart.fr/serge-marquis/blog/160524/europeennes-quavez-vous-fait-de-nos-55
La situation provoquée par la guerre en Ukraine, ses conséquences sur l’Europe centrale, et puis maintenant le nouvel impérialisme trumpien offrent à chaque fois l’occasion pour l’UE de se renforcer et trouver une nouvelle légitimité. C’est là tout le paradoxe : pour se protéger des uns et des autres, chaque pays d’Europe (et hors continent européen !) se voit contraint d’entrer dans la prison des peuples qu’est l’UE, au motif d’éviter ce qui leur apparaît comme le pire.
C’est cette politique d’évitement du pire qui conduit également les forces politiques en France à préférer voter Macron au 2e tour des élections présidentielles ou une structure comme LFI (et même la gauche « unie ») à espérer prendre sa place au 2e tour.
Où se trouve la LÉGITIMITÉ démocratique là-dedans ?
A force d’opter pour le moins pire, le rapport de force se dégrade. C’est alors sur une société inerte, sur laquelle agissent de toutes petites minorités, que s’organise le pouvoir de gouvernements minoritaires contraints le plus souvent à des coalitions hybrides.
Il faut proposer d’autres voies que la solution de moins pire.
Pour ce qui concerne la situation immédiate de l’Ukraine, le mot d’ordre de « nationalisation du secteur de l’armement » et la production accélérée d’armes conventionnelles adaptées est pertinent tout comme l’utilisation des fonds bancaires russes,.
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Une autre voie ? La mise en branle d’un processus constituant qui s’adresse à TOUS (peut importe d’où ils viennent, qu’ils votent Lutte ouvrière ou RN), permettant d’éclairer un chemin commun pour œuvrer aux solutions des problèmes engendrés par le système de l’Argent-Roi.
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Tout d’abord, il faut saluer votre geste, l’invitation à ouvrir la discussion sur le tabou à gauche que représente la force militaire.
Votre réflexion sur ce que pourrait être une armée démocratique et sur quelques revendications immédiates à court terme est bienvenue, même si la tonalité incantatoire trahit des contradictions.
Votre nouveau cadre d’analyse (l’axe Trump-Poutine-Netanyahu) est loin d’être opérant pour comprendre le présent et le futur, d’autant moins quand il est exprimé de façon lapidaire, avec peu bien peu de nuances.
Beaucoup de pièces ne tiennent pas dans le système que vous proposez.
D’abord, la contradiction majeure : l’ennemi numéro 1 de Trump, c’est la Chine. Le meilleur ami de Poutine, c’est Xi. Ceci suffit à désaxer votre cadre perception.
Ensuite, quand bien même Trump semble faire copain-copain avec Poutine :
1) Trump est un élément instable. Un jour il est copain avec le taré de Corée du Nord, le lendemain ils se fâchent. Donc déduire un axe géostratégique à partir d’un électron aussi instable est pour le moins risqué.
2) Trump n’a pas encore réussi son coup d’Etat, il n’a pas encore le plein contrôle de la puissance US. Trump n’est pas le système militaire américain et Trump n’est pas le capitalisme américain, soit les deux éléments qui fondent cette méga-puissance. Pour le dire autrement, l’appareil d’Etat US (effectivement attaqué de plein front par Musk etc) a encore beaucoup de ressources pour s’opposer à la fraternisation entre Trump et Poutine (fraternisation dont le point 1) rappelle qu’on n’est même pas sûr qu’elle ait vraiment lieu). On sait que cet appareil sécuritaire est structurellement anti-russe. Un revirement anti-poutine, qui peut aussi être un revirement anti-trump, ou pas, rien n’est joué sur son cas à lui, est encore le plus structurellement attendu. D’autant que la Chine ne va pas forcément laisser Poutine se rapprocher trop des US, et risque de semer la zizanie dans cette histoire d’amour pour rappeler à Poutine sa place, petite.
3) Trump n’est pas l’Amérique : moins d’un Américain sur 2 a voté Trump, car il y a les abstentionnistes, sans compter les non-inscrits et les « illégaux ». L’inflation va démarrer aux US, un mécontentement peut démarrer assez vite.
4) Les capitalistes, notamment financiers, ne sont pas alignés sur Trump, or c’est eux qui trancheront in fine. Certes, la tech a prêté allégeance, mais ça c’est du spectacle. A l’inverse, le cour de la bourse, c’est sérieux, et c’est pas la fête en ce moment. Si Trump va trop loin, Larry Fink a les moyens de sonner la fin de la récrée. Par exemple, Trump, qui n’est pas à un revirement prêt (c’est pour ça qu’il est bien utile aux capitalistes) peut tout à fait virer Musk en le traitant de fou, Musk servant alors de fusible bouc-émissaire (éjecté de Tesla par exemple où il dérange). On en n’est pas là, mais le capitalisme US n’est pas trumpien (il est hybridé) et surtout il n’est pas pro-russe (bcp des fondateurs de la tech sont des juifs réfugiés d’URSS, et par ailleurs, la tech sait l’agressivité des hackeurs russes, qui ne les amuse pas du tout).
5) Dans votre axe, il y a quelque chose qui cloche avec Netanyahu. Vous ne prenez pas le soin de rappeler que Poutine a accueilli à Moscou le Hamas, avant le 7 oct. Et pour cause, s’il est un axe réel, c’est Moscou-Teheran. Poutine était allié d’Al Assad, et du Hezbollah, qu’Israël continu de défoncer. Il y a là une grosse contradiction dans votre cadre d’analyse, qui se focalise trop sur l’intérêt personnel de Netanyahu (comme pour Trump ou Musk) au détriment des structures. L’appareil sécuritaire Israélien, n’a aucune sympathie pour le système-poutine, qu’il connait très bien lui aussi (des familles de cadres du Mossad, du Shin Bet et de Tsahal ont été trop directement persécutées par le KGB pour qu’elles ne s’alignent sur votre axe si facilement). L’antisémitisme russe n’a pas été oublié et le soutien russe aux antisémites musulmans fait résonner cette profondeur historique qui ne cadre pas du tout avec la perspective que vous proposez pour penser notre temps.
J’ai déjà esquissé dans d’autres commentaire une toute autre approche avec pour méthode la prospective : s’appuyer sur les sciences humaines pour penser ce qui est le plus probable d’advenir à long terme, et à partir de là revenir à aujourd’hui.
Le lecteur pourra trouver ces pistes en commentaire des articles de Vincent Présumey portant sur l’international.
Quelques points de votre texte à l’aune de cette toute autre approche :
Pas sûr que la crise soit si grave : il se passe exactement ce que Macron avait demandé : que les démocraties occidentales se réveillent pour se défendre. L’autodéfense européenne viendra suppléer l’armée US, en la soulageant de ce côté du globe, pour qu’elle puisse mieux défendre l’occident contre l’agressivité chinoise, si besoin était, mais on n’y est pas encore. Ce que vous appelez crise profonde, est peut-être juste une réassurance des arrières, simple moment de fortification de l’hegemon pour traverser la tempête climatique. En gros, « attention ça va secouer, ce serait bien que les Allemands paient un peu pour leur canoé, et tous les Européens aussi ». Comme on ne veut pas renoncer à notre petit confort pour un gilet de sauvetage (composé de IA, satellites, quantique), on nous force un peu la main. Poutine se croit malin, mais peut-être qu’en réalité il sert cette opération idéologique, d’où le fait que la CIA l’ai laissé se ridiculiser en Ukraine, pour réveiller la classe moyenne européenne. Le résultat évident de sa guerre, c’est le grand renforcement de l’OTAN. L’Ukraine est sacrifiée pour cela, car les bourgeois que nous sommes ne sont pas foutus d’entendre raison sans voir un pays piétiné. Le système Poutine va s’effondrer comme son vaccin spoutnik et les Russes, agoniser, encore.
Enfin pas trop vite et pas trop tôt quand même, addiction mondiale aux hydrocarbures oblige. Le système monde est tellement fragile qu’une chute brutale de l’oligarchie russe pourrait déclencher une catastrophe en chaine qui n’arrangerait ni les capitalistes, ni les pauvres. Voilà ce qui maintient Poutine, bien plus que son armée rouillée et pathétique au point de recourir à de pauvres Coréens pour contrer la petite Ukraine !
Non, factuellement ce n’est pas ce qui se passe. L’occident a laché hong-kong oui, mais pas l’Ukraine, pas encore en tous cas et ce n’est pas ce qui se profile. Trump ne s’est pas aligné sur la ligne Poutine, ligne qui consisterait à virer Zelenski pour installer une Biolorussie bis. La preuve, le renseignement militaire a été rétabli qqes jours après, ce dont vous ne daignez pas parler dans votre analyse. L’armée de trump permet d’attaquer directement l’armée de Poutine ; bizarre votre axe. Comme vous le rappelez justement, l’objectif de Poutine est le « démantèlement de la totalité de l’Ukraine ». Ce n’est pas du tout sûr que les US s’alignent sur cet axe. L’abandon de ce qui est déjà perdu depuis 10 ans n’a rien à voir avec l’abandon de l’Ukraine. L’Otan se renforce, l’UE se défend, si Blackrock reconstruit l’Ukraine comme il l’a promis, Trump aura certes gagné la fin de la guerre (auprès de son électorat), mais surtout, Poutine aura carrément perdu sa guerre ! Il aura perdu 600 000 soldats pour… rien. Il se retrouve avec des Ukrainiens et des Européens galvanisés, une Allemagne passée d’alliée à ennemi armée, contre l’axe Poutine-XI, au profit des US. Voilà l’état dans lequel se retrouve le pionnier de l’axe réactionnaire dont vous parlez ! D’ailleurs, Poutine a subi une grave défaite personnelle en Syrie avec la chute de Bachar Al Assad, ses soutiens chiites ayant été pilonnés par Israël et les US. Au passage : quelqu’un sait-il où on en est des bases militaires russes en Syrie ? Aux dernières nouvelles, elles déménageaient vers la Libye du maréchal, mais des négociations étaient en cours avec le HTC. C’est cruciale, car c’est la plateforme logistique de l’armée russe sur l’Afrique. S’il perd ces points d’accès, Poutine perd gros. En tous cas, il ne semble pas que Trump ou Netanyahu ne l’aident bcp sur son flan sud…
Eh bien si, tout simplement, encore et toujours. La thèse selon laquelle la force brute ne serait plus décisive au XXIe (défendue par un B. Badie par exemple) est à la mode . C’est une facilité irréaliste, bourgeoise comme toute pente anti-matérialiste. La seule force qui pèse est la force brute. C’est le plus armé qui gagne, c’est tout. Celui qui maîtrise l’espace, la crypto-quantique, l’IA et qui a les armes qui en sont désormais les prolongements, maîtrise directement et unilatéralement le monde. La seule puissance à avoir atteint ce niveau de contrôle, c’est les US, et leur suprématie n’est sérieusement contestée par personne, et pour cause : c’est matériellement impossible. Dans ce contexte physique, fantasmer une armée prolétarienne révolutionnaire qui viendrait défier cette suprématie relève du délire romantico-bourgeois, véritable danger pour les plus dominés, par exemples les femmes exposées au viol, à la sécheresse et aux inondations en Afrique et en Asie. Appeler les prolétaires à s’unir par en bas dans une armée horizontale transnationale anti-impériale, c’est très mignon, mais c’est totalement à côté de leur plaque à elles, ces femmes ; à côté du réel.
Oui, notre fonction est d’inviter le mouvement social à peser dans ce sens, en espérant que cela oriente un peu le cours des décisions prises en haut.
« Il ne s’agit pas de doper la production militaire pour les profits et la destruction, mais
de la cantonner au rôle, hélas socialement utile, de la défense et de l’aide aux
peuples insurgés. » Encore oui ! Voilà un exemple de réalisme.
De toutes façons, la question nucléaire pose un problème central à gauche. C’est aussi le cas bien sûr sur la gestion énergétique de la catastrophe climatique. Toujours le problème du réalisme. Peut-on débrancher le monde « comme ça », en arrêtant tout projet nucléaire comme l’ont fait les Allemands. Leur posture était bourgeoise et moralisante, déconnectée du réel qui s’abat sur les plus faibles : facile de se dire vert quand on est biberonnés au gaz russe.
Les OPEX conjointes contre Daesh, qui continuent, sont une très bonne chose. Qui pour daigner le reconnaître ? Qui pour dire bravo ?
Vous proposez comme mot d’ordre : « prenons en main l’OTAN, contre les USA ».
Alors, en réponse, on se contentera d’un laconique et contemporain « Lol ».
Dans un second temps, j’indiquerai des pistes de contradiction de l’approche en terme de gouvernementalité mondiale. Comme personne n’a jamais daigné répondre sur la « guerre mondiale » (ni sur Trotsky), il faut bien que je poste moi-même les points limites de la perspective que j’ai proposée.
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« Beaucoup de pièces ne tiennent pas dans le système que vous proposez. D’abord, la contradiction majeure : l’ennemi numéro 1 de Trump, c’est la Chine. Le meilleur ami de Poutine, c’est Xi. Ceci suffit à désaxer votre cadre perception. »
Réponse : la rivalité inter-impérialiste mondiale met face à face 4 grands blocs : USA, Chine, UE, Russie auxquels se rattachent de mille et unes façon d’autres puissances montantes – ex : Brésil, Inde …- d’une façon qui n’est pas déterminée définitivement à cet instant.
La rivalité USA-Chine a fait que Biden a soutenu l’Ukraine a minima tandis que Trump soutient Poutine a maxima. Dans les deux cas, un même but : désolidariser Poutine de Xi. Ce dernier ne peut pas apprécier l’axe Poutine – Kim qui s’est fait dans son dos et qui est un facteur de pousse-au-crime là où la Chine a besoin d’un temps plus long pour poursuivre son armement et sa préparation pour LA confrontation du 21ème siècle avec les USA.
IL faut garder à l’esprit que les alliances peuvent fluctuer de manière surprenante. En 1914, l’Italie qui était censée être alliée des Empires centraux a finalement fait la guerre du côté de l’Entente… Cela peut se reproduire.
A l’instant présent, Trump et Poutine partagent un même objectif : écraser l’Europe par delà l’Ukraine, ce qui peut pousser l’UE et Xi à des points de rapprochement. Mais nulle atomicité à cela, nulle fatalité déterministe : la période peut nous offrir bien des retournements de situation, tous plus dramatiques les uns que les autres.
Il importe de rappeler l’adage suivant : « Biden a mené à Trump », ce qui est valable tant sur le plan politique (Biden par sa politique sociale et économique a précipité des dizaines de millions de salariés dans les bras de Trump et de sa démagogie ; et la bureaucratie syndicale de l’AFL-CIO en s’accrochant aux basques du parti Démocrate a facilité cela ) que sur le plan économique : la rationalité du capitalisme conduit à l’irrationalité avec les crises et les soubresauts qui jettent des millions, des dizaines, des centaines de millions de gens dans la misère sans espoir. L’irrationalité prend la forme de l’accélérationnisme de Trump qui nie le changement climatique et ouvre en grand les vannes de l’exploitation pétrolière : qu’importe demain ! IL n’y a que les résultats boursiers du trimestre ou du semestre qui comptent !
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Tout d’abord, il faut saluer votre geste, l’invitation à ouvrir la discussion sur le tabou à gauche que représente la force militaire.
Votre réflexion sur ce que pourrait être une armée démocratique et sur quelques revendications immédiates à court terme est bienvenue, même si la tonalité incantatoire trahit des contradictions.
Votre nouveau cadre d’analyse (l’axe Trump-Poutine-Netanyahu) est loin d’être opérant pour comprendre le présent et le futur, d’autant moins quand il est exprimé de façon lapidaire, avec peu bien peu de nuances.
Beaucoup de pièces ne tiennent pas dans le système que vous proposez.
D’abord, la contradiction majeure : l’ennemi numéro 1 de Trump, c’est la Chine. Le meilleur ami de Poutine, c’est Xi. Ceci suffit à désaxer votre cadre perception.
Ensuite, quand bien même Trump semble faire copain-copain avec Poutine :
1) Trump est un élément instable. Un jour il est copain avec le taré de Corée du Nord, le lendemain ils se fâchent. Donc déduire un axe géostratégique à partir d’un électron aussi instable est pour le moins risqué.
2) Trump n’a pas encore réussi son coup d’Etat, il n’a pas encore le plein contrôle de la puissance US. Trump n’est pas le système militaire américain et Trump n’est pas le capitalisme américain, soit les deux éléments qui fondent cette méga-puissance. Pour le dire autrement, l’appareil d’Etat US (effectivement attaqué de plein front par Musk etc) a encore beaucoup de ressources pour s’opposer à la fraternisation entre Trump et Poutine (fraternisation dont le point 1) rappelle qu’on n’est même pas sûr qu’elle ait vraiment lieu). On sait que cet appareil sécuritaire est structurellement anti-russe. Un revirement anti-poutine, qui peut aussi être un revirement anti-trump, ou pas, rien n’est joué sur son cas à lui, est encore le plus structurellement attendu. D’autant que la Chine ne va pas forcément laisser Poutine se rapprocher trop des US, et risque de semer la zizanie dans cette histoire d’amour pour rappeler à Poutine sa place, petite.
3) Trump n’est pas l’Amérique : moins d’un Américain sur 2 a voté Trump, car il y a les abstentionnistes, sans compter les non-inscrits et les „illégaux“. L’inflation va démarrer aux US, un mécontentement peut démarrer assez vite.
4) Les capitalistes, notamment financiers, ne sont pas alignés sur Trump, or c’est eux qui trancheront in fine. Certes, la tech a prêté allégeance, mais ça c’est du spectacle. A l’inverse, le cour de la bourse, c’est sérieux, et c’est pas la fête en ce moment. Si Trump va trop loin, Larry Fink a les moyens de sonner la fin de la récrée. Par exemple, Trump, qui n’est pas à un revirement prêt (c’est pour ça qu’il est bien utile aux capitalistes) peut tout à fait virer Musk en le traitant de fou, Musk servant alors de fusible bouc-émissaire (éjecté de Tesla par exemple où il dérange). On en n’est pas là, mais le capitalisme US n’est pas trumpien (il est hybridé) et surtout il n’est pas pro-russe (bcp des fondateurs de la tech sont des juifs réfugiés d’URSS, et par ailleurs, la tech sait l’agressivité des hackeurs russes, qui ne les amuse pas du tout).
5) Dans votre axe, il y a quelque chose qui cloche avec Netanyahu. Vous ne prenez pas le soin de rappeler que Poutine a accueilli à Moscou le Hamas, avant le 7 oct. Et pour cause, s’il est un axe réel, c’est Moscou-Teheran. Poutine était allié d’Al Assad, et du Hezbollah, qu’Israël continu de défoncer. Il y a là une grosse contradiction dans votre cadre d’analyse, qui se focalise trop sur l’intérêt personnel de Netanyahu (comme pour Trump ou Musk) au détriment des structures. L’appareil sécuritaire Israélien, n’a aucune sympathie pour le système-poutine, qu’il connait très bien lui aussi (des familles de cadres du Mossad, du Shin Bet et de Tsahal ont été trop directement persécutées par le KGB pour qu’elles ne s’alignent sur votre axe si facilement). L’antisémitisme russe n’a pas été oublié et le soutien russe aux antisémites musulmans fait résonner cette profondeur historique qui ne cadre pas du tout avec la perspective que vous proposez pour penser notre temps.
J’ai déjà esquissé dans d’autres commentaire une toute autre approche avec pour méthode la prospective : s’appuyer sur les sciences humaines pour penser ce qui est le plus probable d’advenir à long terme, et à partir de là revenir à aujourd’hui.
Le lecteur pourra trouver ces pistes en commentaire des articles de Vincent Présumey portant sur l’international.
Quelques points de votre texte à l’aune de cette toute autre approche :
– „les gouvernements capitalistes en place entrent dans une crise profonde“
Pas sûr que la crise soit si grave : il se passe exactement ce que Macron avait demandé : que les démocraties occidentales se réveillent pour se défendre. L’autodéfense européenne viendra suppléer l’armée US, en la soulageant de ce côté du globe, pour qu’elle puisse mieux défendre l’occident contre l’agressivité chinoise, si besoin était, mais on n’y est pas encore. Ce que vous appelez crise profonde, est peut-être juste une réassurance des arrières, simple moment de fortification de l’hegemon pour traverser la tempête climatique. En gros, „attention ça va secouer, ce serait bien que les Allemands paient un peu pour leur canoé, et tous les Européens aussi“. Comme on ne veut pas renoncer à notre petit confort pour un gilet de sauvetage (composé de IA, satellites, quantique), on nous force un peu la main. Poutine se croit malin, mais peut-être qu’en réalité il sert cette opération idéologique, d’où le fait que la CIA l’ai laissé se ridiculiser en Ukraine, pour réveiller la classe moyenne européenne. Le résultat évident de sa guerre, c’est le grand renforcement de l’OTAN. L’Ukraine est sacrifiée pour cela, car les bourgeois que nous sommes ne sont pas foutus d’entendre raison sans voir un pays piétiné. Le système Poutine va s’effondrer comme son vaccin spoutnik et les Russes, agoniser, encore.Enfin pas trop vite et pas trop tôt quand même, addiction mondiale aux hydrocarbures oblige. Le système monde est tellement fragile qu’une chute brutale de l’oligarchie russe pourrait déclencher une catastrophe en chaine qui n’arrangerait ni les capitalistes, ni les pauvres. Voilà ce qui maintient Poutine, bien plus que son armée rouillée et pathétique au point de recourir à de pauvres Coréens pour contrer la petite Ukraine !
– „les USA lâchent à présent l’Ukraine“
Non, factuellement ce n’est pas ce qui se passe. L’occident a lâché Hong-kong oui, mais pas l’Ukraine, pas encore en tous cas et ce n’est pas ce qui se profile. Trump ne s’est pas aligné sur la ligne Poutine, ligne qui consisterait à virer Zelenski pour installer une Biélorussie bis. La preuve, le renseignement militaire a été rétabli qqes jours après, ce dont vous ne daignez pas parler dans votre analyse. L’armée de trump permet d’attaquer directement l’armée de Poutine ; bizarre votre axe. Comme vous le rappelez justement, l’objectif de Poutine est le „démantèlement de la totalité de l’Ukraine“. Ce n’est pas du tout sûr que les US s’alignent sur cet axe. L’abandon de ce qui est déjà perdu depuis 10 ans n’a rien à voir avec l’abandon de l’Ukraine. L’Otan se renforce, l’UE se défend, si Blackrock reconstruit l’Ukraine comme il l’a promis, Trump aura certes gagné la fin de la guerre (auprès de son électorat), mais surtout, Poutine aura carrément perdu sa guerre ! Il aura perdu 600 000 soldats pour… rien. Il se retrouve avec des Ukrainiens et des Européens galvanisés, une Allemagne passée d’alliée à ennemi armée, contre l’axe Poutine-XI, au profit des US. Voilà l’état dans lequel se retrouve le pionnier de l’axe réactionnaire dont vous parlez ! D’ailleurs, Poutine a subi une grave défaite personnelle en Syrie avec la chute de Bachar Al Assad, ses soutiens chiites ayant été pilonnés par Israël et les US. Au passage : quelqu’un sait-il où on en est des bases militaires russes en Syrie ? Aux dernières nouvelles, elles déménageaient vers la Libye du maréchal, mais des négociations étaient en cours avec le HTC. C’est cruciale, car c’est la plateforme logistique de l’armée russe sur l’Afrique. S’il perd ces points d’accès, Poutine perd gros. En tous cas, il ne semble pas que Trump ou Netanyahu ne l’aident bcp sur son flan sud…
– „La meilleure défense n’est pas celle qui a les plus gros chars.“
Eh bien si, tout simplement, encore et toujours. La thèse selon laquelle la force brute ne serait plus décisive au XXIe (défendue par un B. Badie par exemple) est à la mode . C’est une facilité irréaliste, bourgeoise comme toute pente anti-matérialiste. La seule force qui pèse est la force brute. C’est le plus armé qui gagne, c’est tout. Celui qui maîtrise l’espace, la crypto-quantique, l’IA et qui a les armes qui en sont désormais les prolongements, maîtrise directement et unilatéralement le monde. La seule puissance à avoir atteint ce niveau de contrôle, c’est les US, et leur suprématie n’est sérieusement contestée par personne, et pour cause : c’est matériellement impossible. Dans ce contexte physique, fantasmer une armée prolétarienne révolutionnaire qui viendrait défier cette suprématie relève du délire romantico-bourgeois, véritable danger pour les plus dominés, par exemples les femmes exposées au viol, à la sécheresse et aux inondations en Afrique et en Asie. Appeler les prolétaires à s’unir par en bas dans une armée horizontale transnationale anti-impériale, c’est très mignon, mais c’est totalement à côté de leur plaque à elles, ces femmes ; à côté du réel.
– „nationalisation des industries productrices d’armes, sans indemnités ni rachat.“
Oui, notre fonction est d’inviter le mouvement social à peser dans ce sens, en espérant que cela oriente un peu le cours des décisions prises en haut.
„Il ne s’agit pas de doper la production militaire pour les profits et la destruction, maisde la cantonner au rôle, hélas socialement utile, de la défense et de l’aide auxpeuples insurgés.“ Encore oui ! Voilà un exemple de réalisme.
– Par contre, quand vous dites „pas de missiles nucléaires“, vous êtes dans le beau rôle moralisateur et on arrive à la contradiction du type „on veut bien se défendre mais pas trop quand même“. Où on se défend, ou pas. Parce que face à des missiles nucléaires (tactiques) les drones ne pourront rien. A vous lire, l’armée de défense Européenne doit annoncer qu’elle renonce à la dissuasion nucléaire et que la France et le RU doivent déclarer neutraliser leurs équipements (les Anglais étant déjà un peu neutraliser si les US les bloquent). Je ne suis pas sûr que ce genre d’idée amuse les Ukrainiens. Par exemple, si on vous suit, dans un projet de constitution pour une 6e République, nous devrions écrire que nous renonçons à l’arme atomique (et entamer en pratique un démantèlement). Encore ne fois, c’est très joli, le beau rôle dans l’opéra. Mais ça n’a aucun sens dans le contexte actuel. (Même si à terme, évidemment qu’on est d’accord…)
De toutes façons, la question nucléaire pose un problème central à gauche. C’est aussi le cas bien sûr sur la gestion énergétique de la catastrophe climatique. Toujours le problème du réalisme. Peut-on débrancher le monde „comme ça“, en arrêtant tout projet nucléaire comme l’ont fait les Allemands. Leur posture était bourgeoise et moralisante, déconnectée du réel qui s’abat sur les plus faibles : facile de se dire vert quand on est biberonnés au gaz russe.
– Concernant les OPEX, on ne peut pas réduire toutes ces interventions occidentales à du néo-colonialisme. Sinon, des femmes maliennes ne seraient pas désespérées et terrifiées de voir partir l’armée française (au passage, armée métissée, mixte et prolétaire). Vous voulez moins de soldats occidentaux dans les pays du sud ? ça tombe bien c’est ce qu’il se passe, au grand damn des damnés. Au contraire, nous devons appeler à des OPEX de l’Otan pour dézinguer Wagner et les juntes, de l’Afghanistan à la Birmanie.Les OPEX conjointes contre Daesh, qui continuent, sont une très bonne chose. Qui pour daigner le reconnaître ? Qui pour dire bravo ?
– Votre très bon développement sur ce que pourrait être une armée aujourd’hui est hélas gâché par une énième référence laudative à Trotsky. Pathologie psychique du déni. C’est vraiment de la colle dure, comme la magie religieuse dans les sectes. Hélas, la Russie a été tellement ravagée qu’il n’y a pas de collectif de descendants des victimes de Trotsky pour vous stopper. Pas cool pour Jaurès en tous cas, que Trotsky aurait joyeusement fait fusiller et tous les jauréssiens avec. Vous assassinez une deuxième fois les victimes de Trotsky, tellement mortes qu’il n’y a plus personne pour défendre leur mémoire et vous empêcher de continuer le meurtre. C’est tout simplement très triste. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Encore quelques années et votre génération folle aura enfin fini de finir. On y est presque. Et heureusement, aucune relève ne reprendra le flambeau du crime. En attendant, les historiens des mouvements sociaux pourront acter que le 16/03/2025, le mini-groupe APLUTSOC assumait encore dans ses déclarations publiques de présenter Trotsky (auteur de crimes de masses et de répressions terribles, jamais regrettées ni par lui ni par ses sectateurs) comme un grand homme, un grand penseur et acteur du camp de l’émancipation, mis exactement sur le même plan que Jaurès. L’histoire tranchera dans quelques décennies : est-ce que le présent commentaire était ridicule, ou bien est-ce qu’il indiquait qu’en 2025 déjà, c’était insupportable pour certaines personnes qu’on persiste dans le déni.
Vous proposez comme mot d’ordre : „prenons en main l’OTAN, contre les USA“.
Alors, en réponse, on se contentera d’un laconique et contemporain „Lol“.
Dans un second temps, j’indiquerai des pistes de contradiction de l’approche en terme de gouvernementalité mondiale. Comme personne n’a jamais daigné répondre sur la „guerre mondiale“ (ni sur Trotsky), il faut bien que je poste moi-même les points limites de la perspective que j’ai proposée.
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Merci pour votre effort de réponse. On sent que vous êtes débordé, mais que vous avez pris le temps de faire preuve d’un tact bienvenu.
Vous proposez 4 blocs. Mais la Russie (sinistrée et au PIB de l’Italie) est-elle un bloc, comparable à la Chine ou aux US ? D’autre part l’UE est-elle un bloc, vue sa petitesse militaire ? Il n’y a que deux blocs, et encore, il n’y a qu’un bloc, qu’un empire-monde.
En cas de guerre mondiale, l’Inde ne fera pas alliance avec la Chine contre les US, il n’y a là aucune « indétermination ».
« les alliances peuvent fluctuer de manière surprenante ». Non, cela ne fluctue que de façon très locale et ponctuelle, jamais de façon historiquement décisive, c’est à dire d’une façon qui change le sens de l’histoire.
« Trump soutient Poutine a maxima. » Non, pas du tout, la preuve, il donne des cibles à l’armée ukrainienne et il a maintenu les sanctions économiques contre la Russie depuis des mois, tout comme les sanctions contre les oligarques Russes. Si un jour les US soutiennent Poutine a maxima, croyez moi qu’on sentira nettement la différence, surtout en Ukraine, et là je serai le premier à me reconnaître surpris et abasourdi de m’être autant planté.
Il soutient Netanyahu a maxima, et Gaza le sent.
« Trump et Poutine partagent un même objectif : écraser l’Europe. » Non, c’est déconnant ce présenter les choses comme cela : Trump n’a pas suspendu les livraisons d’armes commandées par les pays de l’UE. Ces bijoux de technologie sont accueillis et mis en route par les militaires européens qui mesurent directement qu’il y a un écart entre le cirque médiatique et la réalité de la force brute.
Si Trump avait avait annoncé qu’il ne vendra plus d’armes à l’UE mais désormais à la Russie, s’il avait annoncé que le partenariat nucléaire avec la GB était terminé, s’il donnait des cibles ukrainiennes à la Russie, là, votre discours serait justifié et on pourrait s’étonner et s’inquiéter d’un tel revirement. On est loin de là. Pour l’instant, rien de bien nouveau sous le soleil, à part que l’Allemagne va enfin daigner écouter ce que dit la Pologne depuis 15 ans, et Macron depuis 8 ans, parce que le big boss qui a crié un coup (via ce taré de Trump). Bon, y a pas de quoi revoir les fondamentaux.
« désolidariser Poutine de Xi », oui ça c’est juste.
Par contre, rien ne se fait dans le dos de la Chine, ni Poutine ni Kim n’ont une telle indépendance face Pékin.
« la Chine a besoin d’un temps plus long pour poursuivre son armement pour LA confrontation du 21ème siècle » Oui, c’est juste.
Donc Trump a entièrement raison d’accélérer et de faire monter la pression sur la Chine, à un moment où elle est très mal économiquement (en attendant la bombe démographique qui peut l’effondrer). Par exemple, c’est affligeant qu’aucune analyse francophone (qui ne soit pas facho) ne reconnaisse que Trump a déjà offert une petite victoire au camp occidental (celui de l’émancipation) en faisant reculer la dictature chinoise en Amérique Latine (Panama). Notre anti-américanisme puérile (car nous sommes une colonie américaine) nous empêche de comprendre que l’offensive US (débutée sous Obama) contre la Chine est plus que bienvenue : Trump a raison d’assommer la Chine de taxe douanières, inflation ou pas. L’Europe est incapable d’en faire autant et laisse rentrer les marchandises produites dans le sang et qui nourrissent la machine de guerre chinoise : la naïveté européenne est pathétique. Voilà du court-termisme, y compris chez les consommateurs que nous sommes.
« Trump qui nie le changement climatique et ouvre en grand les vannes de l’exploitation pétrolière : qu’importe demain », oui, c’est vrai, tant qu’il est élu, Trump est content, peu importe ce qu’il faut faire pour y arriver. Mais Trump ne décide pas tout à lui seul : il n’a pas tous les pouvoirs. Ce sont « les résultats boursiers du trimestre » qui décident, et cela ne s’annonce pas gagné pour lui (dernières déclarations de la FED). La bourse l’a laissé arriver là et la bourse va le réguler et l’empêcher par exemple d’entrer en guerre contre le Canada, surprise qui n’a aucune chance d’arriver.
En espérant que le climat, et la vie, nous laissent assez de temps pour faire relire nos désaccords dans quelques décennies.
R.
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Un mot à « R » d’une part, à Gilbert Marquis d’autre part : oui, je suis débordé, car outre ce que j’écris pour Aplutsoc j’existe réellement dans des combats syndicaux locaux (élément pour moi indispensable pour appréhender le réel), donc j’ai bien noté vos messages et je considère que je dois y répondre tôt ou tard sérieusement …
Dans l’immédiat, j’attire l’attention des lecteurs, et aussi des camarades d’Aplutsoc, sur cet article du site « Grande continent », qui aborde la question militaire européenne d’un « point de vue de classe » tout à fait différent du notre, mais qui se recoupe remarquablement avec lui, et même apporte, me semble-t-il, de l’eau à son moulin :
Notes pour une armée nouvelle | Le Grand Continent
Voici aussi le billet du Ministère des Armées sur les enseignement terrestres de la guerre en Ukraine, critiqué à a fin de l’article de Grand Continent, en ce qu’il reste tout à fait conservateur en niant la possibilité comme la réalité de « Game changer », outre le fait, ajouterions-nous de notre point de vue (mais c’est déjà tout à fait constatable dans le livre du ministre Lecornu, Vers la guerre), qu’il ignore le facteur de l’auto-organisation civile et civile-militaire. En l’état actuel des directions étatiques et militaires, nous avons donc un problème :
Quels enseignements pour l’armée de Terre après trois ans de guerre en Ukraine | Ministère des Armées
Vincent Présumey.
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Merci pour les liens que vous proposez en complément.
A propos d’internationalisme pratique, votre analyse de cette dynamique serait bienvenue : https://www.editions-zones.fr/livres/revolutions-de-notre-temps/
(Quelques extraits ici : https://lundi.am/Revolutions-de-notre-temps-manifeste-internationaliste)
La surface sociale de cet insurrectionnalisme mondial, pluriel, est (heureusement) un peu plus grande que les vestiges des sectes trotskystes, et mérite en cela quelque intérêt, pour des circulations concrètes par exemple.
Si on n’y trouve guère plus de réalisme que du côté de la „réappropriation de l’Otan“ (prolétaire et contre le Pentagone !), c’est bien ce genre de mouvementisme international, malgré les tocades puériles de l’époque (anti-Lumières, mépris des acquis, juridiques notamment, fantasme du „peuple“, etc) qui pourra faire progresser l’émancipation quand l’Otan et le Pentagone auront fini d’annihiler les autres prétentions impériales.
R.
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A titre d’information, un message de début mars envoyé par Vladislav Starodubtsev
À mes amis européens
La France envisage de déployer ses armes nucléaires pour défendre l’Europe. C’est certes une bonne initiative. Mais les armes nucléaires ne constituent en aucun cas un outil de défense fiable. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’elles sont inutiles, mais elles ne constituent plus un moyen de dissuasion efficace.
Que feront les Européens si, dans les cinq prochaines années, une « minorité russe » se « rebellait » dans les États baltes, avec des « rebelles » utilisant des équipements militaires de pointe et portant des uniformes militaires russes sans marquage ?
Que feront les Européens si la Hongrie et/ou la Roumanie (si elles élisent un dictateur pro-russe) envahissent l’Ukraine ou d’autres pays voisins, comme la Moldavie ?
Que feront les Européens si les forces russes se trompaient de route et progressaient depuis les frontières de Kaliningrad ou de la Pologne (peut-être là où les patrouilles frontalières ont été achetées ou isolées d’une autre manière) ?
Que se passerait-il si un sous-marin russe émergeait des côtes et envoyait un drone militaire sans marquage bombarder un bâtiment en Norvège ? Ou plus encore : que se passerait-il si des sous-marins passaient inaperçus et qu’un objet volant inconnu attaquait une ville ou des plateformes pétrolières ?
Que se passerait-il si (et nous avons dépassé ce stade) des agents russes assassinaient des personnalités politiques et faisaient exploser des usines lors d’opérations secrètes en Europe, détruisant notamment du matériel militaire et tuant des citoyens européens ?
Combien de scénarios de ce type entraîneraient une « option nucléaire » ? Où les pays occidentaux, ceux qui possèdent l’arme nucléaire, décideraient-ils qu’il est pertinent de l’utiliser : lorsque la Russie occuperait les pays baltes, la Pologne, ou déjà à la frontière avec la France ? Et dans ce dernier cas, comment justifierait-on un recours aussi tardif à l’arme nucléaire ?
L’arme nucléaire, bien que non obsolète, ne remplace pas la défense. Une armée performante et puissante, oui. Chars, drones, guerre radioélectronique, forces spéciales et espions, armée régulière permanente. Bureaux de conscription compétents et formés pour organiser la mobilisation. Toutes les infrastructures et capacités administratives nécessaires. Nécessité de contrer les opérations psychologiques russes. Et bien d’autres. Et qu’en est-il de la sécurité énergétique et du carburant ? L’Iran, les États-Unis et la Russie ne fourniront pas l’Europe dans une telle situation. Pour que cette hypothèse ne devienne pas réalité, l’Europe devrait se réarmer, rétablir la conscription et le service militaire, envoyer autant d’armes que possible en Ukraine et envisager d’envoyer une armée européenne comme force combattante en Ukraine. Toute autre solution – nucléaire ou autre – ne serait pas une garantie. Nous vivons dans un monde où les États-Unis ne représentent plus la défense européenne.
Vlad Starodubtsev
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