Éditorial du 15 janvier 2025.

En cette veille de vote sur la motion de censure de LFI contre le gouvernement Bayrou, députés, sénateurs et direction du Parti Socialiste sont en effervescence parce qu’ils avaient espéré pouvoir ne pas voter une telle motion de censure en échange de vrais reculs sur la réforme des retraites.

Que Bayrou ait laissé dire, et même qu’il dise, que l’on peut remettre en cause cette réforme, c’est une défaite de Macron, qui résulte de tout ce qui s’est passé depuis deux ans jusqu’à la censure de Barnier incluse. Mais reculer réellement, c’est commencer à tout lâcher, c’est l’effondrement : cela lui est interdit, pas par Macron qui n’y peut plus grand-chose, mais par le capital.

Olivier Faure ayant exigé que l’Assemblée nationale puisse voter (même pas revoter, puis qu’elle ne l’a jamais fait !) sur cette réforme politiquement clef, Bayrou tente, ce mercredi, dans son discours au Sénat, de faire croire au PS qu’il pourrait y avoir un tel vote, mais ses mots sont suffisamment imprécis pour n’apporter strictement aucune garantie. De toute façon, qu’est-ce que cela changerait ?

Nous sommes là dans le domaine des illusions parlementaristes, qui plus est, des illusions parlementaristes envers une Assemblée de la V° République. La seule condition d’une Assemblée qui redevienne une vraie assemblée législative aurait été qu’elle ait une majorité absolue NFP qui, sous la pression d’en bas, entre en affrontement avec l’exécutif et aille vers un changement de régime.

De telles illusions, qui sont aujourd’hui le fait du PS, nous les avions déjà par avance dénoncées et moquées quand l’éminent représentant du premier groupe parlementaire du NFP avait prétendu, en septembre dernier, pouvoir, à partir de la niche parlementaire de son groupe et « avant Noël » (il s’agissait de Noël 2024 !), obtenir l’abrogation de la loi Macron sur les retraites. On a vu !

Au fait, qui était cet éminent représentant ? C’était Eric Coquerel et il s’agissait du groupe parlementaire LFI. Exactement les mêmes croyances dans la magie parlementaire qu’au PS. Voila qui relativise les accusations de trahison, forfaiture, déloyauté, et autres, proférées à profusion par J.L. Mélenchon ces derniers jours.

Il est vrai que ces derniers propos de division ne procèdent pas, eux, d’illusions parlementaires, mais de bien pire : des illusions (?) sur une démission de Macron qui permettrait à J.L. Mélenchon, qui collecte ses signatures de maires, d’être candidat, et, à défaut d’être élu, de reprendre le fameux « leadership ». Avec, au passage, la V° République sauvée et Mme Le Pen peut-être bien présidente …

Ni les illusions parlementaires et les fantasmes autoritaires, ni l’union nationale et les élections présidentielles, ne satisferont les aspirations majoritaires. Et le leadership dans le NFP, et de savoir qui est ou qui n’est pas « au centre de la vie politique », on s’en fout : ce qui est au centre du NFP, c’est la volonté d’en bas qui a imposé l’unité et le programme et a évité le gouvernement Macron/Bardella, et c’est cette volonté d’en bas va devoir à nouveau et plus fort encore, s’imposer.

Pour cela, les directions syndicales confédérales ont une responsabilité politique première. Si elles vont au conclave de Bayrou sur les retraites, dont toutes les issues sont fermées d’avance, elles cautionnent une opération anti-démocratique. Demander à Bayrou, comme on le trouve dans la déclaration confédérale de la CGT de ce mardi soir, de « s’émanciper de la tutelle du patronat » (une chose que même Olivier Faure ou Patrick Kanner n’ont jamais exprimé ainsi !!!), n’est pas le rôle que les syndiqués et les millions de travailleurs qui veulent la hausse des salaires et l’abrogation de la loi retraite, attendent des directions syndicales, de leurs syndicats. Comme l’ont déclaré la FSU, ou la Fédération FO des Fonctionnaires, il faut l’abrogation, il ne faut pas de conclave.

Cela doit se traduire dans les actes : tous ensemble, nous pouvons battre ce gouvernement faible, et ainsi ouvrir la voie à l’issue véritable, celle qui sortira de la V° République !

Le 15/01/2025.

Dirigeants confédéraux, n’allez pas au conclave de Bayrou !

Dirigeants des partis du NFP, unissez-vous contre l’exécutif !