Ainsi donc, nous avons un « gouvernement des grosses têtes », vrai zoo de prétendants anciens et récents à la fonction présidentielle et d’obsédés crépusculaires des « missions régaliennes ».

Ainsi donc, alors qu’ils sont minoritaires et méprisés, et après nous avoir seriné que la non-adoption du budget allait provoquer les plaies d’Égypte, les voila qui se bousculent pour se faire voir à la télé, aussi grotesques les uns que les autres, Darmanin ayant dégainé le premier en s’excitant sur le laxisme régnant dans … les prisons.

Leurs premières victimes sont les Mahorais et tous les habitants de Mayotte, où, comme dit Bayrou, il n’y aurait pas « des milliers » de victimes mais « peut-être des centaines » – en fait il n’en sait rien et ne veut pas le savoir. Il prétend reconstruire en supprimant les bidonvilles. Mais vu le budget et la politique impérialiste française, la seule manière de supprimer les bidonvilles serait de supprimer leurs habitants, ce que l’ouragan a commencé de faire !

Ils ne seront pas censurés tant que le RN choisira de les laisser en place. L’existence de ce gouvernement d’outre-tombe, c’est aussi le bilan de l’Assemblée nationale qui, certes, n’a pas voté de budget, mais qui n’a toujours pas abrogé la réforme des retraites comme le groupe LFI l’avait pourtant annoncé comme assuré pour avant Noël !

Qu’a-t-il manqué ?

Au lieu d’exiger un gouvernement qui exproprie les groupes qui licencient, la CGT demande aux gouvernements en place un « moratoire » sur les licenciements … et les autres confédérations signent avec le MEDEF un appel à la « stabilité gouvernementale ».

Dans la fonction publique, il est évident que l’exécutif Macron-Bayrou et son ministre Marcangeli manœuvrent pour sauver le maximum de la politique de provocation et de casse de Kasbarian, le disciple d’Elon Musk, et ils vont recevoir les fédérations syndicales pour ce faire.

Le NFP serait, nous dit-on, au point mort en raison de la division LFI/PS. Les déclarations voulant que le PS ait définitivement « trahi » n’ont pas manqué. Mais en vérité, la totalité des groupes parlementaires du NFP demeurent dans une opposition de principe totale envers cet exécutif.

Ce qui a manqué, c’est l’unité au sommet pour un autre gouvernement et pour nos revendications. La force majoritaire est là et bien là – c’est ce que la grève, surtout dans l’école publique, a rappelé le 5 décembre.

Donc, de quoi avons-nous besoin ?

Nous avons besoin de l’unité contre l’exécutif pour appeler à la mobilisation sociale, interdire les plans de licenciement et les suppressions de postes dans les écoles et les hôpitaux.

Nous avons besoin que les comités de base du NFP, englobant les partis mais ne s’y résumant pas, se forment pour cela et dans la perspective d’une assemblée constituante imposée par en bas, pour mettre fin à la V° République. Cette perspective doit justement aider, contre le blocage des sommets, à créer ces comités.

Et au cas où, pour sauver le régime au moyen d’élections présidentielles anticipées, Macron serait contraint de démissionner,la désignation par des primaires populaires d’une candidature unitaire et donc unique du NFP serait la préparation directe de l’assemblée constituante.

Affrontement social au plus tôt, vers une assemblée constituante ; ou bien impuissance parlementaire, pour se jeter dans le piège présidentiel anticipé ou non et aider le RN à sauver la V° République. Voilà l’alternative politique !

Le 04/01/2025.