Notre camarade et ami Jean Puyade nous a quittés cette semaine, d’un cancer foudroyant. Ce petit billet vise à exprimer notre peine et à l’annoncer, mais il faudra écrire, avec d’autres, un hommage développé à celui qui fut un militant dont la modestie cachait l’importance et l’étendue de son expérience.
Jean a rejoint les rangs de ce qui allait devenir l’OCI en 1961. Il a été l’un des animateurs de la grève des normaliens de 1969. Il fut instituteur, professeur de langue et même consul de France en Argentine. Il fut quasi permanent, dans des conditions dangereuses, dans l’Espagne de la fin du franquisme. Polyglotte des langues de la latinité, il a bien connu et participé à l’histoire du PT brésilien et a suivi de prés d’autres mouvements de masse en Amérique latine. Parti de l’OCI sans aucune amertume, mais sans illusions, il était aujourd’hui membre d’Aplutsoc, du NPA-l’Anticapitaliste, du Réseau Bastille, du Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine, et travaillait avec les éditions Syllepse où il coordonnait la traduction d’un livre sur les soulèvements sociaux en Ecuador.
Chose très significative, nous avons du mal à trouver des photos de Jean. Celle qui illustrait cet article hier soir, que nous remettons ci-dessous pour la remplacer par une photo envoyée par Patricio, était sans doute la dernière avant le diagnostic de sa maladie et a été prise à la réunion d’Aplutsoc du 20 octobre dernier. Cette photo rapprochée donne une impression de vieillissement qui n’était jamais celle qu’il faisait, toujours jeune, souriant et passionné. Il est en fait toujours photographié dans des groupes vivants, comme ci-dessous dans une autre de nos réunions (troisième à partir de la droite). Merci à Patricio de son envoi! Jamais envahissant, toujours présent, Jean était d’une gentillesse et d’un humanisme radicaux, d’une culture étendue qui se manifestait discrètement, d’une empathie qui fondait ses relations interpersonnelles comme ses intérêts politiques.
Tu nous manqueras, et nous ne pouvons que dire ce qui fut ton dernier message : Abrazo !

