Comme l’indique L’APRES dans son communiqué de ce jour, l’espèce de table ronde réunie par Macron à l’exclusion du RN et de LFI, à laquelle participent le PS, les Écologistes et le PCF, est évidemment un piège. Pas seulement un piège de Macron, mais un auto-piège pour tout partisan d’une union nationale car celle-ci n’est possible qu’en sacrifiant les besoins de la majorité aux intérêts de la minorité capitaliste.
Il y a toutefois loin de la coupe aux lèvres : l’exigence maintenue de l’abrogation, que certains dirigeants du PS essaient justement, mais difficilement, d’édulcorer en l’appelant un « gel », de la réforme des retraites, est l’un des principaux fils rouges qui interdit un tel gouvernement d’union nationale antidémocratique, qu’on l’appelle « gouvernement d’intérêt général », « de salut public », « gouvernement technique », etc.
Olivier Faure et la direction actuelle du PS, ainsi que la grande majorité de ses députés élus dans les conditions politiques de l’unité réalisée dans le NFP, cherchent à reconstruire ce parti comme parti réformiste parlementaire. Sa perspective d’une parlementarisation en douceur des institutions de la V° République, s’appuyant sur l’absence de majorité absolue et sur la majorité relative NFP de l’actuelle Assemblée nationale, est illusoire et cautionne le « dialogue » avec Macron, illégitime, sans permettre l’union nationale que propose celui-ci. C’est une orientation qu’il faut critiquer, mais qui a le droit d’exister dans le cadre du NFP.
Si l’objectif est l’unité du NFP, et donc son indépendance envers Macron et toute tentative ouverte ou biaisée d’union nationale, il est totalement contre-productif de mener campagne contre la totalité du « PS » et contre Olivier Faure en particulier, comme le font J.L. Mélenchon et LFI. C’est là faire le jeu de François Hollande et de ceux qui aimeraient réellement que le PS passe un pacte avec les ci-devant macroniens. Cette campagne est en réalité dirigée contre le NFP.
Car si LFI se pose en inflexible envers Macron, c’est avec comme seule perspective des présidentielles anticipées. Les élections présidentielles sont le mode de relance périodique de la V° République. Ce serait les plus dangereuses de toutes.
Les attaques de LFI contre le PS en général et Olivier Faure en particulier ne sont pas menées du point de vue de la rupture démocratique avec la V° République et ne visent pas à promouvoir une « gauche radicale » contre une gauche molle, mais à préserver un projet populiste et bonapartiste mis à mal par l’unité qui a été imposée à LFI dans le NFP.
Préserver cette unité implique trois choses.
Premièrement, une perspective qui n’est ni l’union nationale, ni la présidentielle anticipée, ces deux manières de tenter de sauver la V° République en crise. Cette perspective existe : c’est l’assemblée constituante imposée d’en bas par l’affrontement social. Il faut maintenant travailler à la rendre plus concrète, plus proche, car on doit y venir.
Deuxièmement, la crise au sommet ne doit pas brider les organisations syndicales et la poussée vers l’affrontement social telle que le succès de la grève du 5 décembre dans la fonction publique l’a amorcé, bien au contraire !
Troisièmement, s’il faut défendre un gouvernement, c’est celui du NFP, c’est-à-dire de la hausse des salaires, de l’abrogation de la réforme des retraites et de la relance des services publics, pour lequel la première ministre la plus légitime est Lucie Castet. Un tel gouvernement signifierait par lui-même que Macron cède et n’est plus véritablement président de la V° République : la « parlementarisation » et la voie vers la constituante commencerait avec lui. Mais c’est bien pour cela que cette seule formule démocratique de gouvernement est celle que Macron interdit, aggravant sans cesse la crise de régime !
En combattant pour la constituante, pour l’affrontement social, et pour un gouvernement NFP, nous pouvons créer les conditions de l’unité qui imposeront s’il le fallait une candidature unique à l’élection présidentielle.
Dans une seule perspective : démocratie, constituante, justice sociale !
10/12/2024, à 14H30