Kyiv : expulsion d’étudiants des dortoirs

[ce n’est pas la 1ere fois que ce pose ce problème. En septembre 2023, les étudiants de l’Académie des arts de Kharkiv réfugiés à Lviv avaient été expulsés des dortoirs du jour au lendemain dont notre camarade Katya Gritseva – plt]

Document – 2e déclaration de Priama Diia du 29 août

Le manque de places dans les dortoirs de l’université KNU – Kyiv

Ce problème est d’actualité depuis longtemps, mais il devient maintenant encore plus grave. Le nombre d’étudiants extérieurs à la ville [réfugiés à Kyiv], en particulier ceux bénéficiant de bourses, augmente chaque année, tandis que le nombre de dortoirs diminue. C’est pourquoi l’administration de la KNU est parvenue à une solution plutôt radicale au problème : l’expulsion des diplômés du BA «Bachelor ». Autrement dit, un diplômé qui souhaite poursuivre ses études de master à la KNU ne peut pas garder sa place dans le dortoir et doit trouver un logement dans un court laps de temps.

On constate donc qu’après l’expulsion des bacheliers, il reste un manque catastrophique de places dans les dortoirs, même pour les personnes bénéficiant d’allocations.

Selon les informations publiques fournies par l’Université concernant le nombre de demandes soumises pour un hébergement en dortoir cette année, nous avons 2 141 personnes. Parmi eux, 965 sont des étudiants bénéficiaires de bourse, qui devraient être installés en priorité ; 1176 sans bourse.

On constate donc qu’après l’expulsion des bacheliers, il y a un manque catastrophique de places dans les dortoirs, même pour les personnes bénéficiant de bourse.

La seule solution à ce problème est la construction de nouveaux dortoirs.

Les dernières informations sur la construction de nouveaux dortoirs ont été publiées, début 2022, lorsque 108 millions de hryvnias ont été allouées sur le budget de l’État pour KNU pour la construction d’un nouveau complexe de 420 chambres. Cependant, il n’y a pas plus d’informations sur ce projet, ni sur aucune mise à jour sur sa construction.

 Se pose alors la question : Comment l’Université utilise-t-elle le budget qui lui a été attribué par l’État ?

La réponse peut être trouvée dans l’un des articles de la publication « Zaborona ». Il s’avère qu’il est prévu 49 centres d’affaires et immeubles résidentiels sur le territoire de la KNU, à la place desquels les mêmes résidences étudiantes pourraient facilement être construites. Comme le souligne la publication : « La législation ukrainienne interdit le transfert de terres publiques entre des mains privées. Autrement dit, une université ou une académie n’a pas le droit de construire, mais peut agir en tant que client. Dans ce cas, l’université n’a pas le droit de construire n’importe quoi et le développeur promet de transférer quelque chose à l’université. »

Cela crée un cercle vicieux, où l’université dit espèrer des investissements et n’est soi-disant pas impliquée avec le promoteur. Et le promoteur, à son tour, dit qu’il n’est que l’exécutant d’une demande.

Il n’est donc vraiment pas clair si l’Université n’a tout simplement pas la capacité de construire de nouveaux dortoirs, ou si ce n’est qu’une activité très rentable pour elle.

29 aout 2024

Priama Diia  (Action directe)

Document : 1er communiqué daté du 29 août de Priama Diia

Université de Lviv : dortoir ou baraquement ?

Actuellement, les dortoirs de l’Université forestière nationale de Lviv sont en cours d’installation. Nos militants ont donc décidé de familiariser les nouveaux arrivants avec leurs droits, les plans des travaux de réparation des dortoirs, les devis et autres documents relatifs à la vie dans le dortoir.

En raison de nos tentatives d’information des étudiants de NLTU, nous avons été bannis du chat Telegram local [de l’université] et la gardienne a reçu l’ordre de ne laisser personne entrer dans les dortoirs. Les étudiants se sont montrés plus sympathiques à notre égard et ont donc signalé un certain nombre d’autres problèmes, notamment le fait que la direction nous avait récemment ordonné de loger quatre personnes par chambre : « Absolument toutes les chambres seront occupées par quatre étudiants ». Auparavant, seules 3 personnes par chambre vivaient dans les chambres des dortoirs depuis des années, et cette innovation a suscité l’indignation.

Nous avons décidé de demander à la direction des précisions sur la taille des chambres. Il s’est avéré qu’elle était de 18 mètres carrés. Cela signifie qu’il y a 4,5 mètres carrés par personne dans la chambre, ce qui constitue une violation des normes sanitaires et de la loi.

Nous avons ensuite signalé cette situation au vice-recteur Yuriy Tsyntylyuk, qui n’était pas au courant de la loi. Nous avons demandé que des mesures soient prises pour trouver de nouvelles places et construire de nouveaux dortoirs, ce à quoi il a répondu qu’il n’était « pas patriotique » de demander de nouveaux dortoirs en temps de guerre.

Le même jour, l’administration n’a rien trouvé de mieux que d’obliger chaque étudiant du dortoir à signer un accord dans lequel il s’engageait à « vivre avec d’autres personnes qui pourraient être hébergées avec moi au-delà de la norme par mètre carré ». Un tel accord constitue une violation flagrante de ces règlements et n’a aucune valeur juridique. L’image ci-contre montre à quoi ressemble cette déclaration arbitraire.

Il est plus facile pour l’administration de mettre dix personnes dans une pièce ou d’expulser quelqu’un que de dépenser de l’argent pour créer de nouveaux lieux. La question de savoir si d’autres mesures seront prises en vue de la construction de nouveaux dortoirs dépend des étudiants eux-mêmes et de leur participation à la vie de l’université.

29 août 2024

Priama Diia (Action directe)

Source : RESU / PLT