Signe de la situation réelle dans le pays : c’est Sophie Binet, dirigeante de la CGT depuis son congrès de crise tenu en pleine bataille des retraites contre Macron, qui a porté, hier soir sur LCI, la réponse au veto de Macron contre tout gouvernement démocratique dans ce pays.
Appuyant un appel de la Fédération des Cheminots CGT à des rassemblements le 18 juillet devant les Préfectures et devant l’Assemblée nationale pour le « respect des urnes », « un gouvernement issu du Nouveau Front Populaire », l’abrogation de la réforme visant les retraites et les revendications de la Fédération, elle a affirmé que, dans la situation de blocage qu’instaure le pouvoir, c’est la « pression populaire » qui va devoir s’exercer, appelant notamment à mettre l’Assemblée nationale « sous pression », « sous surveillance ».
Aplutsoc appuie sans réserve cette position, appelle aux rassemblements du 18 juillet et à toutes initiatives allant dans ce sens.
La situation politique ne peut pas s’analyser en figeant les choses à un moment précis, fut-ce le résultat électoral du 7 juillet. D’un côté le NFP a la majorité relative, de l’autre l’on peut s’amuser à totaliser « la droite » RN inclus et la dire majoritaire, et il convient bien entendu de rappeler qu’avec une majorité tout aussi relative, Macron a gouverné pendant 2 ans par la violence et les 49-3. Mais la réalité est mouvante et, sous les discours des chefs politiques, ce sont des regroupements sociaux qui sont à l’œuvre.
Ainsi, quand un Gérard Larcher déclare que tout gouvernement de gauche irait à l’encontre du « souhait profond des Français », il parle, contre l’arithmétique, pour sa classe, pour les notables du Sénat, et les hommes du patronat et de l’Etat. Mais pour la majorité – une majorité qui va au-delà de la base électorale du NFP, sans oublier la partie décisive de celle-ci qui a empêché l’arrivée du RN au gouvernement en votant pour nos ennemis – la question n’est pas celle du premier ministre, mais celle de l’abrogation de la réforme des retraites, de la hausse des salaires, de la non-application du « choc des savoirs » à la rentrée. Le RN, tournant le dos à toutes les illusions et rancœurs sociales de son propre électorat, se pose en parti de l’ordre, attendant son heure : mais la mobilisation et l’organisation de notre camp social, qui seule l’a empêché d’être au pouvoir à cette heure, est un danger pour lui.
Les journalistes ont frémi de peur quand Sophie Binet a simplement évoqué le fait de mettre l’Assemblée « sous surveillance ». Les comités d’action ou quelque nom qu’on leur donne, se préparent : ils se préparent sous la forme de la vigilance démocratique et de la pression pour que les revendications qui, démocratiquement, sont celles de la grande majorité, soient satisfaites. Et en effet, cela réveille – comme l’avaient déjà fait les Gilets jaunes – des souvenirs vivants dans la conscience, voire dans l’inconscient, des masses, ceux de 89 et de 93.
De l’autre côté, en haut, avec la haie protectrice du parti de l’ordre et de la répression qu’est le RN, s’organise l’interdiction de toute déviation en dehors de la ligne voulue par le grand capital. Cette ligne va de plus en plus ouvertement contre la démocratie, vers la dictature. La grande majorité ne laissera pas faire.
La pression d’en bas vise Macron, mais elle vise aussi les chefs des 4 partis dominants du NFP : arrêtez vos conneries, jouez ça à Colin-Maillard si ça vous chante, mais sortez une proposition de gouvernement pour exercer le pouvoir que le peuple vous demande d’exercer pour ses revendications urgentes et pour la démocratie !
Ci-dessous l’appel de la CGT-Cheminots :

Pour prendre date, petite synthèse d’une partie de mes messages d’hier 11 Juillet dans la liste interne de discussion d’Aplutsoc:
Le Nouveau Front Populaire n’est en fait majoritaire à l’issue de ces législatives ni à l’Assemblée ni surtout dans le pays qui s’est exprimé largement à droite ( RN/Républicains/ « Ensemble ») : cela peut changer assez rapidement mais qui peut dénier ce fait ?
Le NFP a certes gagné quelque chose de très important, le droit démocratique de former le Gouvernement et c’est ce qu’il faut exiger, mais il faudra qu’il trouve les moyens de faire passer les mesures démocratiques minimales ( Retraites, Immigration, Assurance chômage, annulation du choc des savoirs) : et sans parler de « coalition » avec d’autres forces politiques qui n’existent pas, ce n’est pas du tout évident pour moi qu’il pourra se contenter d’un Gouvernement Front Pop exclusif et qu’il ne devra pas faire appel et légitimement à de bonnes volontés extérieures, dont DANS d’autres groupes de L’AN, pour pouvoir appliquer ce programme minimum, seul à même aussi de faire reculer sérieusement l’adhésion au RN dans le pays.
Donc dès maintenant, et même si c’est « compliqué », nous pourrions dire, nous, qu’il faut que le NFP exige de former le Gouvernement…
..mais en disant aussi que ce ne serait pas un gouvernement pour appliquer « tout le programme » du Front populaire mais un gouvernement qui doit proposer à la Nation les premières mesures qui pourraient trouver une adhésion plus large que chez ses électeurs dans le pays et à l’Assemblée, avec sans doute au premier rang l’abrogation de la loi sur les retraites…
Cependant, même avec cette perspective (que l’on traitera de menchévik si l’on veut) l’essentiel aujourd’hui est d’exiger un Gouvernement sans délai ISSU de la majorité relative la plus importante au parlement et donc de favoriser des rassemblements, meetings, manifestations pour exiger la démocratie et la formation du Gouvernement par le NFP (ce qui est différent sans doute, donc, d’un gouvernement DU NFP…).
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