Photographie : Emmanuel Tjibaou, indépendantiste victorieux en Kanaky/Nouvelle-Calédonie.
Si vous regardez le site du ministère de l’Intérieur ce matin, vous aurez la surprise de voir attribuer seulement 146 sièges au NFP et 148 à ce que le ministre Darmanin s’obstine à appeler « majorité présidentielle » ! Que l’on se rassure tout de suite, il faut bien sûr rajouter les élus du premier tour, ce qui met le NFP à 178 sièges et ladite « majorité présidentielle » à 150. Mais, de plus, si l’on regarde dans les détails, on aura la surprise de voir parmi les « divers gauche » Danielle Simonnet et Alexis Corbière !
Si l’on prend en compte quelques élus PS du Sud-ouest, et surtout plusieurs élus autonomistes d’outremer et l’indépendantiste Emmanuel Tjibaou en Kanaky dont il faut encore une fois saluer la victoire, le nombre de députés NFP et apparentés est en réalité de 193. C’est bien la première force, la majorité relative, si l’unité imposée par en bas est préservée.
Plusieurs scrutins locaux avaient valeur de tests dans la lutte engagée par la direction de LFI contre toute émergence d’un courant non populiste. A l’exception de celui concernant Raquel Garrido, qui s’est désistée suite à ses 23,25% du premier tour en faveur du LFI Aly Diouara, 33,1%, où ce dernier vient d’être élu contre le maire macroniste de Drancy par 60,55% des voix, tous ces tests sont réussis et donc perdus par l’appareil mélenchonien.
Dans la 15° circo de Paris, Danielle Simonnet bat Céline Verzeletti par 74,19% contre 25,81%, avec 44% d’abstentions et 10% de blancs et nuls. C’est une victoire importante et, il faut le dire, aussi une victoire pour le syndicalisme sur la candidature manipulatoire de Céline Verzeletti et les forces qui l’ont propulsée.
Dans la 7° du 93, Montreuil-Bagnolet, où la bataille a été particulièrement âpre, les partisans de la candidate soutenue par l’appareil de la LFI, le POI, les indigénistes, et qui n’a pas démenti son passage par l’escalier d’honneur de l’ambassade de Moscou signalé par le Canard de mercredi dernier, Sabrina Al-Benali, n’ayant reculé devant rien et s’étant engagés dans la dénonciation d’Alexis Corbière comme « bourgeois sioniste », ce dernier l’emporte par 57,16% contre 42,84%, avec 33% d’abstentions. Il a, dans sa première déclaration, dénoncé la V° République et appelé à « imposer la démocratie » dans le Nouveau Front Populaire.
On peut joindre à ces deux affrontements un troisième, celui de la circo de la Courneuve dans le 93, où LFI a maintenu un candidat contre la communiste Soumia Bourouha (suppléante Marie-George Buffet) accusée d’être alliée à Corbière et Garrido… et a bénéficié pour cette opération du désistement du candidat macroniste ayant fait 7% au premier tour !!!
Le résultat est : 70% pour S. Bourouha contre 30%, avec 45% d’abstentions.
Hendrick Davi, après le désistement à reculons de son adversaire LFI-officiel du premier tour, est élu à Marseille contre le RN avec 66%.
Deux autres candidats avaient annoncé rompre avec J.L. Mélenchon considéré par eux comme un « boulet » dans leur affrontement difficile avec le RN et avaient été attaqués par l’appareil LFI et le POI. François Ruffin arrache littéralement sa réélection avec les dents, avec près de 53% des voix. Et Christophe Bex, dans la 7° circo de Haute-Garonne, est réélu avec 50,7%.
Nous avions eu un échange avec Christophe Bex, sur le forum d’Aplutsoc, en avril 2023, sur une législative partielle dans l’Ariège, où celui-ci s’était montré ouvert à des discussions ultérieures.
Aujourd’hui, de telles discussions s’imposent : il faut briser les murs et ouvrir les fenêtres !
Nous reviendrons très vite sur les développements rapides de la situation et la question du gouvernement, en rappelant cette réalité de fond : ce sont la question du régime de la V° République et celle du maintien de Macron qui sont maintenant posées.
Je m’étonne du soutien de Aplutsoc aux « non investis » de LFI et aux « dissidents, pour l’essentiel des carriéristes au melon hypertrophié pour certains (Ruffin, Autain), qui tous doivent leur siège à l’assemblée nationale, notamment depuis 2022, à la Nupes impulsée par JLM. Dans le but d’assurer leur longévité politique ils ont en commun la volonté avouée ou pas de rejoindre l’hyper centre inauguré par Macron en 2017, sorte d’auberge espagnole où le PS et l’ancien président socialiste ont leur rond de serviette parmi une droite qui s’étire jusqu’à son extrême.
Dans l’attente de leur positionnement définitif ils ont déjà fait le choix d’une lutte sociale menée par une « gauche » blanche et rêvent sans doute de ressusciter un néo SOS-Racisme pour venir à bout des inégalités sociales. Las, les nouvelles générations des populations françaises racisées parlent aujourd’hui en leur nom (paroles d’honneur) et prennent le chemin des urnes, contribuant d’une part au recul de l’abstention et d’autre part à la victoire du NFP, n’en déplaise aux fossoyeurs zélés de Melenchon.
Il est saisissant de remarquer que le Melenchon bashing de gauche se superpose exactement à celui de la bourgeoisie et de ses media affidés.
Loin d’être un manifeste révolutionnaire, le programme du NFP est un programme de gauche de rupture avec les politiques néolibérales. Il est impératif, dans un premier temps, de le soutenir sans barguigner.
Bernard Rosset
retraité CGT PTT Savoie
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C’est que les critères d’Aplutsoc sont des critères de classe, et pas des fantasmes d’appareil à usage de groupies. Ruffin en particulier, a joué un rôle clef le 9 juin au soir pour ouvrir la brêche par où a été imposée l’unité.
Par conséquent, la division raciste de la classe ouvrière et des exploités, menée complémentairement par le RN et par ceux qui, comme vous, prétendent opposer une gauche « blanche » aux « racisés », n’est pas notre tasse de thé : ici, c’est le mouvement ouvrier, pas le NSDAP.
Et pour les exploités, les opprimés et la jeunesse du XXI° siècle, les mouvements où il faut « soutenir sans barguigner » représentent tout ce qu’ils vomissent : l’émancipation des travailleurs sera leur propre œuvre, par, pour et dans la démocratie.
Que des vieux staliniens réactivent leur culte du Chef par un prurit de mélenchonisme sénile confirme bien entendu cette appréciation.
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En mai 1924 le Bloc ouvrier et paysan présente Hadjali Abd El Kader, travailleur algérien militant du pati communiste, dans le deuxième secteur de la Seine. Pour le soutenir, le slogan du PC-SFIC est le suivant : « la lutte des classes avant la lutte des races « . Cette formule est reprise un siècle plus tard, jour pour jour, par le représentant de la commission anti-raciste du PCF lors d’une « intervention remarquée » à l’occasion d’un meeting sur l’antisémitisme co-organisé par RAAR, JJR et Golem le 23 mai 2024.
Pour ne prendre que l’Algérie en exemple, Ie travailleur colonial de l’époque comme celui issu de la décolonisation (il y a 62 ans !) est perpétuellement en butte à un racisme systémique dont plusieurs siècles de politiques coloniales et d’esclavage ne sont pas étrangers à la construction d’un imaginaire populaire qui a longtemps postulé la supériorité de la race blanche.
Aujourd’hui, ce sont en grande majorité les travailleurs français ou immigrés racisés qui constituent le sous-prolétariat dans les domaines du bâtiment, de la restauration, des services, etc, et ils ont appris à s’organiser, puis avec l’appui de certains syndicats, ont obtenu quelques avancées sur leurs revendications, comme les sans papiers de Chronopost par exemple. Dans le même temps, une tendance de la gauche centriste (Ruffin) est de tourner la tête vers l’électorat RN afin de raisonner « les fâchés pas fachos », qui en réalité sont des fachos pas fâchés. On ne botte jamais assez bien en touche.
La lutte des classes en même temps que la lutte des races ! Voilà qui colle mieux à l’évolution des sociétés humaines. Et là, si Aplutsoc avait répondu aux éléments de mon message précédent, l’injure approprié aurait été par exemple : « ennemi wockiste de la classe ouvrière ! »
Quand des combats d’avant garde dérangent, les classiques « nazi’ et « stalinien » sont fort commodes.
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Si l’on comprend bien, est ici condamnée la politique anticoloniale du PC d’avant sa stalinisation, au nom d’une théorie selon laquelle la « lutte des races », sic, est à mettre aujourd’hui sur le même plan que la « lutte des classes », que cela, c’est résolument moderne, « d’avant-garde », et que ça « dérange ». Waow … C’est involontairement d’un certain comique.
Vos cris de haine contre les « fachos » des campagnes françaises, globalement contre la population de la « ruralité » et les Gilets jaunes, n’ont pourtant au fond rien de « racial » : cela, c’est l’habillage idéologique, fort dangereux par la dynamique qu’il induit. C’est tout simplement le mépris de classe, de classe, d’une certaine aristocratie « ouvrière », envers les ploucs. L’union des exploités et des opprimés, c’est tout autre chose, et c’est ainsi qu’on combat le racisme et le colonialisme.
NB : quand nous mettons en relation stalinisme d’antan et mélanchonisme d’aujourd’hui, et que nous précisons que l’opposition raciale des exploités entre eux, que vous préconisez ouvertement, a été l’axe initial de construction du NSDAP, nous n’ « insultons » pas : nous constatons. Et, si cela peut encore vous être utile, nous vous mettons en garde …
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Durant sa longue histoire le PCF à toujours été en pointe dans le combat anticolonial, notamment au moment de la guerre d’Algérie où nombre de ses militants ont été réprimés par l’état colonial, lui même entré dans sa phase terminale. Où je lèverai la contradiction que vous relevez à juste titre, c’est la sourdine mis par le PCF sur son engagement historique contre le colonialisme depuis fin 2023 au nom d’un consensus national « républicain « autour du droit à Israël à se défendre – et de poursuivre sa politique coloniale.
Si vous me lisez bien les cris d’orfraie présumés ne sont pas attribués à une prétendu « peur » des candidats issus des milieux populaires mais au fait que LFI s’inspire d’une idée du jeune parti communiste de 1924, à quelques années, conviendrez-vous, de l’arrivée de Staline à la tête de l’union soviétique.
Quant à la profusion de formules telles que « fâchés pas fachos « , « français des tours et des bourgs », etc, elles cachent mal le désintérêt des partis de gauche de « gouvernement « , depuis plus de quatre décennies, pour les zones rurales et péri-urbaines où l’exécutif néolibéral s’est évertué à raréfier les services publics. Même si ça et là des efforts ont été honnêtement engagés dans des municipalités de gauche, les entraves se sont multipliées, à commencer par le sous financement organisé.
Le seul fait d’évoquer la division raciale du travail à l’œuvre aujourd’hui fait-il sérieusement à vos yeux de moi un « racialiste » ?
NB : à truqueur, truqueur et demi, vous placez les guillemets où cela vous chante, je ne me sens pas concerné.
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Je suis désolé d’avoir à corriger l’interprétation erronée de Aplutsoc sur le fait que j’évoque la présentation par le PC d’un candidat colonial aux législatives de 1924. Il ne s’agit nullement d’une quelconque critique sur la politique anticoloniale du PC à quelque époque que se soit de son histoire, bien au contraire. Le jeune parti communiste savait la nécessité de l’union des prolétaires, dans toutes leurs diversités, et le racisme structurel dont j’ai déjà parlé constituait déjà un obstacle de taille. La candidature de M. Abd el Kader avait l’objectif pédagogique de combattre le racisme présent chez les prolétaires comme d’ailleurs dans toutes les couches des sociétés occidentales. Cette idée révolutionnaire paraissait tellement folle à l’époque qu’elle n’eût aucun retentissement autre qu’un petit article en page 2 de l’Humanité.
Là où j’entends vos cris d’orfraie c’est lorsque qu’un siècle plus tard LFI investit des candidats issus des milieux populaires, racisés pour certains, histoire d’avoir une représentation populaire un peu plus équilibrée : comment accepter que Melenchon emprunte au parti communiste révolutionnaire des années 1920 autrement qu’en trépignant nerveusement oubien en mettant la tête dans le sable ? (option au choix)
Je récuse également le procès d’intention en mépris de ceux que vous appelez les « ploucs » et les fachos « des campagnes », à qui vous ajoutez les Gilets jaunes. Faute de temps, je vous épargnerai ici les arguments de ma défense. Toujours est-il qu’afin d’esquiver la question raciale la stratégie ruffino-roussellienne tend à s’apparenter aujourd’hui à une subtile interprétation du discours du RN, lui même validé par l’exécutif néolibéral et les media bourgeois, avec viande et vin rouge pour tous…
En évitant à nouveau de répondre à mes messages sur le fond et en persistant dans la mauvaise foi il ne vous restera qu’à me traiter une troisième fois de « nazi ».
Merci de me donner une bonne raison de ne pas me désabonner.
Bernard Rosset
retraité CGT PTT Savoie
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Vos procédés apparaissent ici assez clairement.
Vous commencez par attaquer le slogan du PCF « la lutte des classes passe avant la lutte des races », au nom de l’idée que la lutte raciale est aussi importante que la lutte des classes, puis, dans un second temps, vous niez procéder à quelque critique « de la politique anticoloniale du PCF à quelque époque que ce soit de son histoire ». Vous vous contredisez donc, sans le dire bien sûr.
Vous poursuivez par un procès imaginaire visant Aplutsoc qui pousserait des « cris d’orfraie » par peur des « candidats issus des milieux populaires », ce qui est d’un ridicule achevé. La défense des « milieux populaires, plus, leur auto-organisation plutôt que la prise en main de leur représentation par des factions autoproclamées, est centrale dans tout ce que nous faisons et publions depuis des années. Mais il n’y a pas à se justifier envers un truqueur …
Ensuite, c’est à nous que vous attribuez les termes de « fachos » et de « ploucs » : mensonge conscient ou pure bêtise ? C’est bien vous, il suffit de vous relire ci-dessus, qui avez précisé que les « fachés » sont bien des « fachos », et nous avons noté que vos formules racialistes visant la « ruralité » cachaient mal les préjugés petit-bourgeois d’une certaine aristocratie « ouvrière » (guillemets nécessaires).
Vous avez donc exhibé ici la manière dont stalinisme, mélenchonisme et racialisme peuvent se combiner. De telles synthèses ne sont pas la tasse de thé des militants ouvriers. Désabonnez vous donc.
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B Rosset affiche la fâcheuse manie de mélanger plein de choses pour faire avancer un objectif transparent : faire passer toute critique ou tout opposant interne à LFI comme un traître et un renégat.
Pour ce faire, il mobilise le souvenir des temps glorieux du PCF des années 20, quand celui-ci était encore révolutionnaire malgré le mouvement engagé autour de la mal-nommée « bolchevisation » impulsée par le président de l’Internationale Communiste (IC), Zinoniev, alors funestement associé, contre Trotsky, dans une troïka de direction du PCUS avec Kamenev et l’étoile montante de la bureaucratie, Joseph Staline. Ensuite, Rosset nous récite la fable d’un PCF toujours présent contre le colonialisme, donc le colonialisme français.
Remettons un peu les pendules à l’heure !
La politique anti-colonialiste du PCF, de même que sa politique anti-militariste, s’est arrêtée en 1935 avec la signature du pacte franco-soviétique dit Laval-Staline dans le cadre de la politique d’alors de l’IC appelée « Front populaire ». Le but de cette politique de « Front populaire » était, sous le prétexte de lutter contre la montée du fascisme, de réaliser une alliance du mouvement ouvrier, en France PS et PCF, avec les partis « démocratiques » de la bourgeoisie, en France, le parti radical, pilier et pivot de la 3eme République. Trotsky disait de ce parti radical, qui obtiendra la plus grosse part des sièges de la coalition électorale du Front populaire au scrutin de mai 1936, qu’il était « le parti démocratique de l’impérialisme français ».
On sait comment cette politique dite de « Front Populaire » se termina : par la victoire de Franco en Espagne, par la reprise en main de Daladier en 1938 dans le tumulte qui menait à la guerre mondiale.
Au passage, il vaut la peine, face aux bonimenteurs de la veine de B Rosset, de souligner que tous les acquis de 1936 furent le fruit de la grève générale de mai-juin 1936, grève entamée spontanément par les travailleurs pour « aider leur gouvernement ». Le cabinet Blum avec les accords de Matignon se contenta d’officialiser les concessions admises par le patronat pour endiguer le danger d’une plus forte poussée dans la voie de la révolution.
Ainsi, algériens et indochinois furent-ils abandonnés par le PCF. En 1936, face à la répression coloniale déployée en Indochine, l’Humanité, sous la plume du responsable de la commission coloniale du CC, réclamait la libération des staliniens indochinois emprisonnés mais surtout pas celle de Ta Tu Thau et de ses camarades, car trotskystes donc ennemis conséquents du colonialisme français et de l’alliance avec le parti radical, garant « démocratique » des intérêts coloniaux de l’empire.
En mai 1945, au moment de la répression du mouvement populaire algérien, l’Humanité titrera « provocation hitlérienne en Algérie », et bien évidement les « hitlériens » étaient les algériens qui avaient eu le tort de réclamer l’indépendance en brandissant des drapeaux algériens ce 8 mai 1945.
La même année 1945, les ministres communistes cohabitaient dans un gouvernement qui couvrait l’amiral d’Argenlieu, celui qui bombarda Haïphong pour restaurer les droits du colonialisme français mis à mal de 1940 à 1945 par son rival japonais puis par le soulèvement anti-colonial vietnamien de l’été 1945.
L’anti-colonialisme du PCF reprendra du service au gré du tournant du Kominform en 1947, correspondant à l’accentuation de la rivalité inter-impérialiste Est / Ouest.
Mais en 1954, passé la guerre de Corée et celle d’Indochine, au moment où éclate l’insurrection algérienne de la Toussaint 54, le PCF ne brillera pas par son opposition au colonialisme. En février 1956, le PCF vota les pleins pouvoirs à Guy Mollet, élu pour « faire la paix » mais qui, après trois tomates pourries reçues lors de sa tournée algérienne, capitulera devant le parti colonial pour s’engager définitivement dans la « sale guerre ». Dans la foulée, le PCF sabotera le mouvement de refus des appelés du contingent envoyés en Algérie, mouvement qui aurait pu gagner et changer le cours de l’histoire en empêchant une guerre qui dura jusqu’en mars 1962.
Des dizaines de milliers de jeunes appelés ou rappelés refusaient de partir « casser du bougnoule » mais le mouvement ne fut pas appuyé et développé comme il aurait du l’être. Pire, les dirigeants du PCF détournèrent la formule classique de Lénine « les communistes accompagnent leur classe dans les épreuves de la paix comme de la guerre » pour faire passer la pilule. Et ainsi des milliers de JC furent enrôlés dans une guerre qu’une autre orientation aurait permis d’empêcher. Oui mais le camarade Khrouchtchev ne voulait surtout pas d’une déstabilisation de la France, c’est à dire de la révolution !
Les titres de gloire du PCF relatifs à la période de la guerre d’Algérie tournent autour de la manif de Charonne de février 1962 où 9 militant.es CGT et/ou PCF furent tué.es par la flicaille du préfet Papon. La malhonnêteté des gens comme Rosset consiste à faire croire à partir de ces fait que tout du long de la guerre, qui fut fort longue de novembre 1954 à mars 1962, le PCF eut une attitude glorieuse. Le choix du PCA en 1956 de passer dans les maquis du FLN ne fut pas du goût du BP du PCF et ne saurait être récupéré pour rallumer la gloire rétrospective du PCF pour la mettre au service du panache de Mélenchon.
Dans les années 60, la mollesse du PCF vis à vis de la guerre du Vietnam en avançant le mot d’ordre de « Paix au Vietnam, négociations » et non pas celui de « Victoire pour le Vietcong ! », « Dehors les troupes US ! », fit beaucoup pour la maturation d’une jeunesse révoltée se tournant vers l’extrême gauche avant de venir à la pleine lumière en mai-juin 68.
Non ! Maurice Thorez et Jacques Duclos n’ont pas été des « porteurs de valises », ils n’ont pas aidé les algériens à s’organiser, à obtenir des armes, à exfiltrer ou protéger des militants, à dénoncer par voie de propagande la torture et les massacres malgré la censure. Mais il est toujours temps pour les honnêtes et sincères militants du PCF d’aujourd’hui d’opter pour le soutien aux victimes de la répression coloniale en Kanaky et dans les autres confettis de l’empire protégé par la 5eme République.
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