Des dizaines de milliers place de la République hier ont appelé à battre le RN par la victoire du Front populaire. Les syndicalistes étaient massivement présents, Sophie Binet (CGT) a appelé à la mobilisation contre le RN, « parti de Poutine », et le RESU (Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine) est intervenu parmi les associations. Dans toute la France, le mouvement vers les Comités d’Action se précise.

Il faut savoir voir les formes réelles. Il n’y a pas de comités d’action, mais les rassemblements et initiatives cherchent à sortir de la routine pour regrouper, et deviennent de plus en plus, comme l’a formulé l’appel intersyndical de l’Allier, des « assemblées générales de discussion et d’organisation ».

Le mouvement est engagé, et c’est en menant la bataille qu’il prépare la suite : en cas de défaite, car une majorité absolue RN serait notre défaite, ce mouvement va continuer.

En face, le « mouvement » du RN ne comporte aucune forme d’organisation collective au-delà des groupes de nervis déjà existants qui cherchent à agir de plus en plus, par exemple à Lyon. Mais le soutien de larges secteurs du patronat, capital financier compris, est tangible : ils veulent le parti de l’ordre pour instaurer une V° République de plein exercice, ce que n’a pas pu faire le jupitérien Macron.

Après le dépôt des candidatures mardi, le Nouveau Front Populaire ou apparentés se trouve au second tour face au RN dans 159 circonscriptions, aux divers ci-devant macroniens dans 34 (dont 8 sur les 9 circonscriptions des Français de l’étranger), à LR dans 4 ; il est dans toutes les 89 triangulaires, dont 71 contre le RN et les macroniens, et 7 contre le RN et LR, et dans les 2 quadrangulaires contre RN, macroniens et LR.

Ce sont très clairement les ci-devant macroniens et LR qui n’ont pas « joué le jeu » des désistements ; le seul cas de maintien d’un candidat NFP arrivé en 3° position et risquant de faire passer le RN se trouve finalement à Roanne, ce candidat, LFI, désavoué par les autres composantes, PS, PCF, EELV et l’actif collectif roannais « 88% » (du nom de la hausse d’indemnités que s’est attribuée le maire LR de Roanne !), expliquant que son choix lui a été conseillé par la direction nationale de LFI.

Malgré ces limites, l’étendue des désistements complique l’objectif du RN d’atteindre la majorité absolue. De plus, une centaine – au moins – de candidats RN de second tour ont des casseroles monumentales qui ont obligé Bardella à dire qu’il y a des « brebis galeuses ». Ces casseroles se répartissent en deux catégories : les spécimens de misère intellectuelle, humaine, et sociale, et, massivement, les soutiens ouverts à Poutine, distillant un discours génocidaire anti-ukrainien … en tout point identique à ce que nous combattons dans une certaine « gauche » depuis des années !

Ce discours se combine sans problème avec l’antisémitisme et avec le racisme anti-arabe.

L’ambassade de Russie a apporté, mercredi, son soutien officiel au RN, ce qui a bien embêté Marine Le Pen pour qui l’axe qu’elle forme avec Moscou doit être tenu le plus possible masqué jusqu’à sa victoire. Bardella a été recruté au RN, formé et promu par l’agent du Kremlin Pierre Gentillet, candidat RN dans le Cher.

Dans les sommets des appareils politiques, deux types de tractations sont engagées au cas, possible, où le RN n’aurait pas de majorité absolue de députés.

Le premier ministre Attal a annulé dimanche soir, sans en informer Macron ce qui nous dit tout de l’état du pouvoir présidentiel, le décret d’application de la contre-réforme de l’Assurance chômage, et a présenté ceci comme un message sur une « nouvelle manière de gouverner ». Marine Tondelier, EELV, dont la figure s’est imposée légitimement à partir de plusieurs interventions marquantes et par le refus de Bardella de débattre avec elle (de débattre avec une femme ???), tout en affirmant vouloir un gouvernement NFP, se dit aussi disposée sans majorité à une « moins mauvaise solution » qui s’ouvrirait à des « républicains de gauche, du centre et de droite ».

Mais surtout, les tractations les plus visibles à cette étape portent sur un gouvernement dont le RN, en tant que parti de l’ordre, au sens de Thiers et Mac-Mahon, serait le pivot même s’il n’a pas la majorité absolue. Macron ne l’exclut pas et LR est évidemment, et pas seulement les « ciottistes », engagé dans de tels projets, qui recoudraient ensemble les deux ailes fondatrices de la V° République, celle du général De Gaulle et celle du général Salan.

Le problème auquel se heurtent les deux sortes de tractations, celles cherchant une coalition « centrale » et celles cherchant une coalition autour du RN, est que la dynamique réelle oppose deux forces électorales, le RN et le NFP, qui expriment de façon déformée mais relativement directe une polarisation sociale, une confrontation de classe dont les libertés démocratiques et syndicales et l’Etat de droit sont l’enjeu. Et que cette confrontation tend à écraser les ci-devant macroniens et les LR.

Le vote de la base sociale et électorale du NFP pour des candidats ci-devant macroniens voire LR, là où le NFP s’est désisté, ne matérialise aucun « front républicain », c’est une tactique de classe visant à interdire une majorité absolue de députés RN aussi bien qu’une majorité relative assez forte pour faire du RN le pivot d’un gouvernement, et s’opposant aussi à toute coalition avec les partis gouvernementaux et avec la droite.

Restent 4 circonscriptions où des candidats NFP s’opposent entre eux. Laissons de côté la 6° du Rhône où un ex-PS désavoué par son parti dès le 1° tour s’est maintenu, restent 3 circonscriptions où LFI a choisi d’interdire que les forces militantes locales puissent se déployer ailleurs contre le RN, en cherchant à tout prix et par tous les moyens à contrer Alexis Corbière sur Montreuil et Bagnolet, Danielle Simonnet dans la 15° circo de Paris, et la communiste Soumya Bourouha et sa suppléante Marie-George Buffet à la Courneuve (93).

Sachant que le RN est le parti de Poutine, nous avons affaire ici à la 5° colonne : ce sont, sous la direction de J.L. Mélenchon et de sa camarilla, le POI, devenu un parti néostalinien, les secteurs FSM de la CGT derrière Verzeletti contre Simonnet, les indigénistes, avec le PIR et les équipes de Rima Hassan, qui sont à la manœuvre :

« Adoubée par Mélenchon pour faire la peau électorale à Alexis Corbière en Seine-Saint-Denis, Sabrina Ali Benali apprécie décidemment les hommes à poigne. Sur son compte Facebook, elle pose tout sourire en compagnie de son époux, le député LFI sortant du Val-d’Oise Arnaud Le Gall, dans le grand escalier d’honneur de l’ambassade russe à Paris. » (Le Canard Enchaîné du mercredi 3 juillet – la photo en question a disparu du net dès le contenu du Canard divulgué).

Le front principal vise à battre le RN, parti de Poutine et de Trump, par le vote NFP et la consolidation du mouvement vers l’auto-organisation, vers les comités d’action. A l’arrière du front la 5° colonne poutinienne est directement à la manœuvre dans ces 3 circonscriptions et largement présente, aux sommets, dans LFI. C’est dans le mouvement pour battre le RN et achever Macron, que la clarification qui a commencé se fera.

Vote Nouveau Front Populaire,

y compris dans toutes les triangulaires et quadrangulaires,

y compris Corbières, Simonnet et Bourouha !

Ailleurs, vote pour les candidats bourgeois pour interdire un gouvernement RN, sans « front républicain » !

Organisons-nous tout de suite et pour après : Comités d’Action !