Depuis le dimanche soir 9 juin à 21h 05, un mouvement de fond pousse à l’unité pour empêcher la formation, dans moins d’un mois, d’un exécutif de la V° République formé de Macron et d’un gouvernement du Rassemblement National (RN).
La base militante des syndicats joue un rôle central dans cette poussée défensive. Lundi soir, elle a imposé un appel CGT / CFDT / FSU / UNSA / Solidaires qui met à la base de la mobilisation montante les revendications, dont le fait de « revenir sur la réforme des retraites et sur celle de l’assurance chômage ». L’absence, à cette heure, de FO dans ces appels va avoir du mal à se prolonger (manifestement, le POI a d’abord résisté à l’unité puis a tourné au plus tard mercredi, où les fédérations de l’enseignement et des cheminots ont appelé aux manifestations communes).
Il est possible de gagner, c’est-à-dire de faire gagner les candidates et candidats « Front populaire » les 30 juin et 7 juillet, par la mobilisation indépendante et seulement ainsi. L’enjeu est en même temps de rassembler la base sociale déjà impliquée, les couches d’abstentionnistes du 9 juin qui ne sont coupables de rien (et dont l’abstention motivée fut bien compréhensible !). Mais aussi des électeurs qui se sont portés ce jour-là sur le RN ou certaines petites listes, notamment dans ce que l’on nomme « la ruralité » qui couvre la majeure partie du territoire, où Macron détruit les services publics, école et santé, et qui est tout autant ouvrière, chômeuse, précaire, artisanale, retraitée, mais également jeune, qu’agricole. C’est la France des Gilets jaunes : la fraternité des ronds-points y avait invisibilisé le RN, pour qui le vote est un vote d’isolement et d’atomisation. Le syndicalisme a un rôle clef à jouer là.
Les syndicats n’ont pas à proposer de premier ministre (ou à faire écho à l’idée de génie de R. Glucksmann de mettre Laurent Berger à Matignon !), ni à s’aligner sur le « programme » du Front populaire. Ils ont à mener la mobilisation indépendante, et en cas de victoire à la continuer pour que l’assemblée impose sa souveraineté contre Macron et la V° République : la voilà, la vraie rupture !
Ainsi, l’abrogation de la loi Macron contre les retraites doit être au cœur de la campagne pour battre le RN : Bardella vient de laisser tomber les petits propos démagos à ce sujet car se sachant proche du pouvoir ! Voter pour nos retraites, c’est voter Front populaire. Si celui-ci gagne, nous exigerons qu’il abroge tout de suite la loi Macron en allant contre la présidence et contre la constitution si nécessaire !
La défense des droits démocratiques est une condition même du combat syndical :
« Il serait donc inexact de déduire de ce que le syndicalisme ne cherche pas à pénétrer dans les assemblées légiférantes, en y envoyant des mandataires, qu’il est indifférent à la forme du pouvoir : il le veut le moins oppressif, le moins lourd possible et il travaille en ce sens par une action sociale qui, pour se manifester du dehors, n’en est pas moins efficace ». Émile Pouget, La CGT, 1908.
(D’ailleurs, « pénétrer dans les assemblées légiférantes » peut aussi être un acte syndical : il n’y a pas de muraille de Chine entre les formes d’organisation du prolétariat !).
Ce second numéro d’Interventions Syndicales comprend des articles rédigés juste avant le 9 juin 2024. Vous pourrez sans doute constater qu’ils sont par avance en cohérence avec la situation présente.
A L’ACTION PARTOUT CONTRE LE RN ET MACRON !
Nota : le numéro 2 du bulletin Interventions Syndicales est en voie de finalisation. Il sera disponible sous peu.