Dans un long interview accordé à Politis, Rima Hassan, en position éligible sur la liste LFI aux européennes, développe longuement les raisons de son engagement : « Les Écologistes m’avaient proposé de venir sur leur liste, mais en position non éligible. Avec LFI, je peux espérer défendre directement mes dossiers sur la scène européenne » .
Et d’ajouter « il ne s’agit pas seulement de la question palestinienne… J ‘ai par exemple soutenu les travaux de Raphaël Glucksmann sur le génocide des Ouïgours. Fort heureusement, on ne lui a jamais dit que ce n’était pas un enjeu européen. Or la question palestinienne est mille fois plus européenne que celle des Ouïgours. »
De la souffrance du peuple ukrainien, peuple européen s’il en est, de son courage héroïque, de ses luttes sociales et de sa résistance à l’oppresseur russe, de sa défense des droits inaliénables des femmes et des personnes LGBT, silence assourdissant de la candidate.
Que dire à Rima Hassan?
Que les luttes d’émancipation des peuples face à un oppresseur impérialiste, quel qu’il soit, qui cherche à asseoir sa domination tant économique que politique, ne sont pas hiérarchisables.
Que ces luttes de libération font partie d’un tout géopolitique, d’une compréhension globale de la situation internationale.
Qu’en France, dans la mouvance qui émarge traditionnellement à gauche, un désaccord de fond persiste entre une « solidarité internationale sélective » et l’exigence d’une solidarité effective, agissante envers tous les peuples opprimés quelle que soit la puissance opprimante.
Et qu’il est fortement souhaitable de dessiner correctement à gauche les contours d’une solidarité de classe, sans faille, indispensable aux peuples subissant une oppression impérialiste, d’où qu’elle vienne.
Ghislaine Zaparty
Entendu le matin de son audition : « Netanyahu est pire que Poutine »…. Les amitiés de Rima Hassan et de LFI….
Anne Gorouben
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Rima Hassan a beaucoup de défauts certes, certainement ses silences sur la Syrie, l’Ukraine.
Mais, répétons le: les Etats « démocratiques » occidentaux ne soutiennent pas les régimes syriens ou russes.
Ce n’est pas le cas s’agissant de l’Israël. Nulle sanction, aide militaire massive.
C’est cela, cette choses simple, ajoutée à l’ancienneté popularisée de ce conflit, qui explique les mobilisations ici et en Occident.
A savoir, répétons le: nos États se rendent complices des massacres en cours, tandis que leur positionnement est plus « juste » s’agissant de l’Ukraine et la Syrie.
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Les Etats capitalistes « occidentaux » ont tout fait pour éviter la chute de Bachar el Assad et font à présent tout pour éviter une défaite de Poutine en Ukraine. La France est un client de l’uranium russe.
La question n’est pas d’expliquer pourquoi il y a mobilisation pour Gaza, mais pourquoi si peu de mobilisation pour la Syrie, le Soudan ou l’Ukraine – la Syrie depuis 2011, c’est plusieurs Nakba, dont le plus grand massacre de Palestiniens avant ce qui se passe à présent. Et pourquoi les mêmes forces politiques, bien représentées par Rima Hassan ou J.L. Mélenchon, ont milité de toute leurs forces contre toute mobilisation pour la Syrie ou l’Ukraine.
D’où cette troisième question : une mobilisation qui ne veut connaître que Gaza est-elle internationaliste ? Et correspond elle à ce qui serait efficace pour Gaza ?
Remarque : cette nuit, des manifestants à Tel-Aviv ont affronté la police avec les mots-d’ ordre suivants :
En y ajoutant « Dehors les colons de Cisjordanie », on a là les mots d’ordre efficaces pour les Palestiniens, ici et maintenant.
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Éviter la « chute » d’un fascisme et en soutenir un autre militairement, ce n’est pas la même chose.
Les médias occidentaux sont-ils ouvertement mobilisés en faveur du régime Russe ou Syrien ? Non.
Les mouvements en faveur du droit des Palestiniens puisent leurs racines dans les luttes anti-coloniales en Occident (liés notamment en ce qui concerne la France à la guerre d’Algérie), en rapport avec le colonialisme occidental et ses rejetons (colonialisme et apartheid israélien). Et il y a une histoire longue en référence à cela.
Pour le moment, il n’y a pas de culture anti-impérialiste tournée contre la Russie et la Syrie, c’est un fait, mais cela s’explique aussi par le peu de sympathie dont jouissent Poutine et Bachar El Assad dans la sphère dominante idéologique et politique occidentale. C’est factuel.
Et répétons le: l’Occident n’aide pas militairement la Syrie et la Russie. D’où cette mobilisation qui prend au mot la propagande « humaniste » en son « deux poids deux mesures ».
Je note par ailleurs, que sur ce site, il n’y a absolument aucune analyse du puissant moteur de l’antisémitisme que constitue le dévoiement de la lutte contre l’antisémitisme par association systématique des opposants à l’apartheid d’avec l’antisémitisme, ainsi que cet usage (je parle de cette prétendue lutte contre l’antisémitisme) comme l’un des vecteurs d’expression du racisme anti-musulman.
Pour un peu, dénoncer ces manipulations serait « antisémite » ?
Non, dénoncer ces instrumentalisations (au fond à caractère antisémites, parce qu’elles essentialisent – je veux dire ces accusations répétées contre les opposants à l’apartheid, y compris les opposants juifs !) les juifs en les associant à la politique israélienne, comme si le devenir juif n’était pas démocratique, pluriel). Dénoncer clairement cela, c’est participer à la lutte réelle, objective, contre l’antisémitisme.
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Il est vrai que sur ce site, il y a des analyses de l’antisémitisme, qui partent de sa réalité contemporaine, avant de traiter de son « instrumentalisation » et sans raconter que seule celle-ci serait à l’origine de ce qui en subsisterait.
Les « médias occidentaux » aimaient généralement bien Poutine avant le 24/02/24 et ont plus dénoncé les « djihadistes » en Syrie que Bachar el Assad.
Réduire l’existence d’Israël et de la population judéo-israélienne au statut de « rejeton du colonialisme occidental » est une erreur, d’origine idéologique. C’est d’abord un rejeton, de forme coloniale et oppressive, de l’antisémitisme, et pas seulement « occidental » loin s’en faut.
Cela dit, il y a effectivement deux poids deux mesures de la part de « l’Occident » entre Israël et l’Ukraine, au détriment de l’Ukraine.
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L’interrogation que je pose ici c’est de savoir pourquoi Rima Hasan en qualité de femme politique, candidate fi en situation éligible de surcroit, portant publiquement une parole politique forte et alors que toute latitude lui est donnée de développer sa conception de la solidarité internationale et des rapports de force qui se jouent sur la « scène » internationale entre puissances impérialistes, ne portent pas dans « ses dossiers » « l’opération militaire spéciale » russe en Ukraine? et plus largement une vision politique globale étendue aux ex pays frères de l’ ex camp soviétique, Géorgie, Belarus.
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JLM est (était ?) à côté de la plaque concernant la Syrie et la Russie, et c’est un problème de la part d’un dirigeant censé incarné la « gauche ». L’hebdo « Politis » a d’ailleurs maintes fois souligné ce problème. Sans doute, le fonctionnement « vertical » non démocratique de LFI est-il aussi pour quelque chose, soit une absence de débat sur la « ligne » internationale.
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Bon, moi je venais pour lire un truc sur l’extrême droitisation d’une partie de la gauche américaine et je tombe sur un truc qui dit en substance : il est interdit de ne pas parler de l’Ukraine. Ne pas parler de l’Ukraine = être poutiniste.
Mais c’est quoi ce procès. C’est quoi cette interdiction de parler uniquement de ce qui se passe uniquement en Palestine ???
Vous faites chier.
Bossez UN seul sujet bien et après, on en reparlera.
J’hallucine
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C’est vous qui parlez d’ « interdiction » et de « procès ». C’est vous qui prétendez que ceux qui parlent de l’Ukraine voudraient interdire que l’on parle de la Palestine. Ce faisant, vous parlez de vous et votre monde. Ici, on essaie d’être internationalistes.
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