Présentation
Nous publions cet échos de la manifestation du 29 février à Tel-Aviv, devenue rassemblement sous la contrainte des autorités, organisée par plusieurs mouvements opposés en Israël à l’occupation et à la guerre de Gaza, dont Standing Together qui est actuellement la principale organisation civile et politique regroupant ensemble des israéliens juifs et des arabes palestiniens.
Document
Jeudi 29 février, des centaines de citoyens israéliens, juifs et palestiniens, se sont rassemblés à Tel-Aviv pour exiger la fin de la guerre israélienne contre Gaza et un accord garantissant la libération des otages. La manifestation, co-organisée par une coalition de groupes anti-guerre et anti-occupation dirigée par Standing Together et Women Wage Peace, était initialement conçue comme une marche. Une interdiction tardive de la police israélienne a contraint les organisateurs à se tourner vers un rassemblement statique.
Parmi les intervenants figuraient des militants juifs israéliens et palestiniens. Ces manifestations s’inscrivent parmi les nombreuses manifestations antigouvernementales qui se sont multipliées ces dernières semaines. D’autres manifestations contre le gouvernement n’ont pas mis en avant une opposition explicite à la guerre, même si de nombreux slogans lancés par ceux qui réclament un accord sur la libération des otages reconnaissent la nécessité d’un cessez-le-feu. Les manifestants ont également exigé des élections immédiates.
Extrême droite
Les sondages d’opinion montrent que le bloc de Netanyahu perdrait lourdement aux élections nationales. Lors des récentes élections municipales, tenues le mardi 27 février, l’extrême droite religieuse a progressé, le conseil municipal de Jérusalem étant désormais contrôlé par un bloc d’extrême droite. Toutefois, ces élections ont également donné lieu à des résultats positifs.
Les partisans de Standing Together ont été élus aux conseils de Haïfa et de Tel Aviv. À Haïfa, Sally Abed, l’une des dirigeantes palestiniennes de Standing Together, a été élue au sein du bloc majoritaire de Haïfa, et à Tel Aviv, Itamar Avneri a été élu au sein du bloc de la Ville Pourpre.
Jeudi 29, quelques heures avant le rassemblement anti-guerre de Tel Aviv, des dizaines de militants d’extrême droite ont franchi un point de contrôle militaire israélien à la frontière de Gaza et ont commencé à construire des « colonies » de fortune avant d’être rassemblés par des soldats. Neuf ont été arrêtés. Si des Palestiniens, même non armés, s’étaient précipités vers un point de contrôle israélien, il est certain que la réponse aurait été meurtrière. Mais les colons ont réussi à pénétrer sur 500 mètres du territoire de Gaza avant d’être stoppés.
La politique officielle d’Israël est qu’il n’a pas l’intention de se réinstaller Gaza et veut finalement confier la gouvernance civile à une autorité palestinienne démilitarisée (mais pas à l’Autorité palestinienne actuellement existante, qu’il considère comme favorable au « terrorisme »). Mais les représentants politiques de facto des militants suffisamment engagés dans la cause du règlement pour prendre d’assaut un poste de contrôle militaire, comme Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich, sont des ministres de la coalition gouvernementale.
Certains gauchistes israéliens décrivent l’accession au pouvoir de telles forces comme « l’occupation occupant Israël ». Malgré les différences évidentes dans les conditions de vie vécues par la plupart des Israéliens et des Palestiniens, l’image a une certaine valeur explicative.
Jusqu’à ce qu’elle soit terminée, la logique de l’occupation, de l’expansion territoriale et de la suppression des droits des Palestiniens continuera également à empoisonner la société israélienne. Cela rend vitale notre solidarité avec les forces en Israël qui s’opposent à cette logique et qui luttent pour l’égalité entre Juifs et Palestiniens.
IR, 06-03-2024.
Source : https://www.workersliberty.org/story/2024-03-06/israelis-push-against-occupation-occupying-israel